Le patron de Numevia nous répond
Il y a visiblement eu beaucoup d'incompréhension entre Numevia, entreprise spécialiste des solutions Wi-Fi dans les zones blanches de l'ADSL, et les collectivités territoriales qui dépendaient de ce FAI. C'est ce qu'il ressort d'un courrier que nous a adressé Sylvain Lacaze, patron de Numevia.
Nous évoquions dans nos colonnes le 4 août dernier
la cessation d'activité du FAI local Numevia, spécialiste des solutions
Wi-Fi dans les zones blanches de l'
ADSL.
Les relations entre le
fournisseur d'accès à Internet et certaines communes du Lot auxquelles il fournissait ses services s'étaient visiblement tendues depuis plusieurs semaines, ces dernières reprochant à
Numevia de ne pas effectuer correctement la maintenance du réseau, ce qui entraînait des pannes répétées.
Contacté par nos soins,
Sylvain Lacaze, patron de
Numevia qui séjournait dernièrement à l'étranger, nous a fait parvenir un courrier dans lequel il revient sur les difficultés rencontrées par son entreprise et les raisons de l'arrêt de son activité.
Face à la critique de dysfonctionnements à répétition, le chef d'entreprise défend les choix techniques de
Numevia. Selon lui, ses réseaux MESH sont «
d'excellente qualité, avec des architectures astucieuses » et «
couvrent des usagers très isolés grâce à des voisins en vue des relais radios ».
Les causes des pannes seraient plutôt à chercher du côté de
la mauvaise qualité du réseau électrique en zone rurale ou
du brouillage des fréquences dû à l'utilisation d'appareils domestiques grand public de dernière génération.
C'est d'ailleurs à cause des coûts d'intervention engendrés par la multiplication de ces problèmes techniques et sous-estimés par l'entreprise, que
Numevia aurait proposé à ces clients de signer
un contrat annuel de maintenance.
En outre, des travaux organisés par certaines municipalités auraient entraîné le «
démontage sauvage d'équipements », affectant lourdement le réseau
Wi-Fi du
FAI.
De plus,
Numevia a dû faire appel à
une hotline extérieure afin de répondre aux réclamations des clients, ce qui aurait considérablement allongé le temps de réaction de l'entreprise et aurait été perçu par certaines communes
comme un signe de délaissement.
Enfin, la dégradation du haut
débit d'un côté et le délitement d'une entreprise de l'autre semblent être la source de vives rancœurs entre
Numevia et certaines collectivités territoriales, notamment dans le Lot. Ainsi,
Sylvain Lacaze reproche à certains élus leur manque de compréhension des impératifs du monde de l'entreprise mais avoue dans le même temps avoir pêché par manque de communication, se montrant parfois trop technique avec ses interlocuteurs.
Au final, si la majorité des ressources techniques de
Numevia a d'ores et déjà été reprise par «
un groupe important dans le domaine de la couverture des zones blanches » de l'
ADSL, la continuité du service ne sera pas assurée dans la totalité des communes et un éventuel
FAI repreneur est toujours attendu.
Source : DegroupNews
Soit. Donc moi, patron, je peux équiper les zones blanches - rurales évidemment - sans me préoccuper EN AMONT des dysfonctionnements dûs aux infrastuctures électriques, puis me payer des vacances prolongées à l'étranger et blâmer depuis ma terrasse d'Ibiza les lignes pourries d'EDF et ces fichus paysans qui brouillent mes équipements avec leurs micro-ondes. Sans compter les trayeuses...
Soyons un peu sérieux : La régulation électrique des équipements d'infrastructure ainsi que leur antiparasitage sont du ressort du FAI, et surtout une évidence à prendre en compte lorsqu'on travaille en milieu rural où les décrochages et les inductions sont bien plus fréquentes de par la nature même des lignes et des BT.
De plus la topologie MESH si elle est d'une "architecture astucieuse" ne vaut QUE si la redondance des noeuds permet de "décrocher" un noeud en faute rapidement pour assurer le reroutage du trafic. Et assurer cela en milieu rural est parfois une gageure. Le défi consistait donc à jouer sur la topologie MESH _ET_ sur la fiabilité à toute épreuve des équipements pouvant faire "goulet d'étranglement" sur le réseau.
Le comble est cette histoire de "contrat de maintenance" sorti du chapeau, Numevia se disant que sa mauvaise évaluation des coûts de maintenance était à faire payer aux usagers.
On n'équipe pas une région rurale sur le papier. Il faut des enquêtes sur le terrain, des tests in situ pour chaque zone, chacune présentant des particularités. On ne protège pas de la même manière un équipement selon qu'il se situe près d'une scierie ou d'un gîte rural. On n'appose pas une topo MESH systématique sur des zones où les relais sont situés en file les uns par rapport aux autres. Bref, on ne bricole pas.
A mon sens Numevia s'est engagée à la légère, sous-évaluant gravement le chantier. Prise rapide d'argent ou attitude d'apprenti-sorcier, l'un n'est pas plus excusable que l'autre.
Bonnes vacances à monsieur Lacaze et souhaitons que le repreneur mette les moyens et avance moins au petit bonheur la chance.
Mysteron - 31/08/2010 à 23h37
Je suis opérateur en wifi maillé dans le Nord-Est Toulousain depuis 5 ans, et est en mesure de reprendre certains abonnés Numevia (ou autre) proches de mes réseaux, c'est à dire autour de Rabastens, Gaillac, Lavaur.
Entreprise privée, et fière de l'être, je ne demande absolument RIEN aux collectivités.
Cordialement
François Leleu
Attilog - 08/09/2010 à 13h00