L'Express du lundi : Charlie Hebdo, HbbTV et la fin de la pub
C'est la rentrée pour notre Express du lundi. Après plus de deux mois d'absence, la rubrique est de retour avec trois évènements qui ont attiré notre attention la semaine dernière : la mésentente entre Apple et Charlie Hebdo, l'apparition de la norme HbbTV et les discussions sans fin autour de la suppression totale de la publicité sur France Télévisions.
Apple n'aura pas l'appli Charlie Hebdo
Fidèle à sa réputation, le journal
Charlie Hebdo n'a pas succombé à la tentation high-tech ni aux sirènes d'
Apple. Démarchée par une entreprise pour développer
l'appli Charlie Hebdo, la rédaction a vite compris que certains contenus ne passeraient pas la censure imposée par la firme de Cupertino.
«
Une entreprise est venue nous démarcher pour développer notre application. Mais à la fin, le type nous a expliqué qu'on n'aurait pas le final cut sur la publication sur iPad. On les a donc envoyés bouler. », déclare
Charb, le directeur du journal.
En effet, après avoir fait
le ménage dans les applications sexy de l'iPhone,
Steve Jobs en a fait de même pour l'
iPad et il est fort probable que les dessins et les textes de
Charlie Hebdo ne soient pas dans l'esprit
Apple.
Cette histoire pourrait faire sourire, mais hélas, elle montre aussi le pouvoir d'une personne comme
Steve Jobs qui non seulement impose des façons de consommer de la musique, des films, des livres mais en plus impose les contenus. Petite lueur d'espoir, avec
l'arrivée prochaine des concurrents de l'iPad, on peut penser que parmi les fabricants il y en aura bien un, à commencer par le français
Archos, pour ne pas s'offusquer à la première blague grivoise de
Charlie Hebdo.
HbbTV : une nouvelle norme pour la télévision du futur ?
LG a présenté à l'IFA, grand salon dédié à l'électronique, un futur modèle de téléviseur connecté à la norme
HbbTV. Derrière ces lettres étranges se cache l'
Hybrid Broadcast Broadband TV, un standard défendu par plusieurs pays européens dont la France et l'Allemagne.
Le téléviseur en question pourrait être disponible au printemps 2011 et devrait permettre aux chaînes d'améliorer leurs services interactifs. En effet, la norme
HbbTV permet au spectateur de partager du contenu sur les réseaux sociaux directement depuis son téléviseur ou de voter en direct lors d'une émission grâce à sa télécommande.
Plusieurs chaînes soutiennent déjà cette norme comme
France Télévisions,
TF1 ou encore
Canal+. Le format
HbbTV sera ouvert, favorisant donc l'interopérabilité entre les différents fabricants de téléviseurs mais également entre les différents services mis en place par les chaînes. Il reste à savoir si cette norme soutenue par
LG arrivera à faire face à
Google TV qui équipera prochainement les téléviseurs
Sony. Rendez-vous dans plusieurs mois pour savoir qui sera le gagnant dans le monde des téléviseurs connectés.
La fin de la fin de la publicité sur France Télévisions ?
Malgré
le récent renouvellement de l'exécutif de
France Télévisions, la question de la fin de la publicité sur les chaînes du groupe est loin d'être réglée.
Bien que Bruxelles ait validé
une partie du plan de financement de l'audiovisuel public, la taxe portant sur les revenus des opérateurs de télécommunications pourrait être en contradiction avec le droit communautaire.
D'un autre côté, les chaînes de télévision privées, qui ont vu leurs recettes publicitaires diminuer au cours des derniers mois, pressent le gouvernement
d'achever le processus de suppression de la publicité en journée sur les antennes de France Télévisions.
Devant tant d'incertitudes, le gouvernement pourrait choisir
de retarder d'un ou deux ans l'arrêt total de la publicité sur le service public. «
Un moratoire fait partie des pistes abordée » confient des sources proches du dossier aux
Echos.
Enfin, ces hésitations conditionnent également
l'avenir de la régie publicitaire de France Télévisions, qui aurait dû être privatisée. Cela n'interviendra pas tant qu'il y aura de la publicité sur les chaînes publiques : «
il n'y a pas un média avec un chiffre d'affaires publicitaire de l'ordre de 300 millions d'euros qui ne contrôle pas sa régie » a déclaré
Rémy Pflimlin, le nouveau président du groupe audiovisuel. Affaire à suivre.
Source : DegroupNews
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