OpenOffice claque la porte d'Oracle
Désormais réunie au sein de la Document Foundation, la communauté de développeurs travaillant autour du projet OpenOffice a rompu abruptement avec Oracle. Présentée comme une évolution naturelle après 10 ans d'existence, cette émancipation a un arrière-goût de revanche.
Dans
un long communiqué publié en ligne, les membres de la communauté
OpenOffice annoncent la création de la
Document Foundation qui réunira désormais les contributeurs au projet d'une suite bureautique provisoirement baptisée
LibreOffice et disponible au téléchargement en version bêta.
En effet, jusqu'à présent rattaché à
Sun Microsystems, le projet OpenOffice était passé dans le giron d'
Oracle en janvier dernier, lorsque ce dernier a racheté l'entreprise à l'origine de
Java.
Cependant, ces derniers temps, les relations entre Oracle et le logiciel libre se sont quelque peu crispées. A la fin du mois d'août,
l'OpenSolaris Governing Board, se sentant lâché par l'entreprise de Lawrence Ellison, a décidé de se dissoudre. En effet, plusieurs évènements semblaient indiquer qu'Oracle donnait
la priorité à la version propriétaire de Solaris au détriment de la version libre et open source.
Il est donc bien difficile de ne pas faire le lien avec la rupture orchestrée aujourd'hui par la communauté OpenOffice. Néanmoins,
Charles Schulz, un des animateurs de la branche française de la communauté a assuré au
Monde : «
Nous n'avons rien contre Oracle. Mais un sponsor privé ne peut pas prendre d'engagement sur la durée. Après dix ans d'existence, notre communauté a mûri et elle a aujourd'hui besoin d'avoir une identité bien à elle ».
Par ailleurs, la Document Foundation, d'ores et déjà épaulée par la
Free Software Foundation, par
Google, par
Canonical (Ubuntu) ou encore par
Novell, a invité Oracle à prendre part à l'aventure en devenant
un soutien parmi d'autres de la communauté.
En arrière-plan, la toute jeune fondation souhaiterait également que
la firme américaine lui fasse don de l'appellation OpenOffice.org, une marque bien identifiée par le grand public et les professionnels qui utilisent la suite bureautique libre, efficace alternative au pack
Office de
Microsoft.
Mis devant le fait accompli, Oracle n'a pas encore indiqué quelle attitude il adoptera à l'égard de cette communauté fraîchement émancipée.
ou encore le divorce oracle/virtualbox
alain57 - 29/09/2010 à 22h19