FTTH : Bruxelles se place du côté des opérateurs alternatifs
Après l'Autorité de la concurrence, c'est Bruxelles qui a pris connaissance du projet de décision de l'ARCEP concernant le déploiement du FTTH dans les zones peu denses. La Commission européenne invite le régulateur à revoir les modalités de mutualisation et à maintenir une régulation asymétrique pesant sur l'opérateur puissant du marché.
Voilà plusieurs mois déjà que l'
ARCEP s'intéresse à
la mutualisation dans les zones peu denses dans le cadre du déploiement de réseaux de fibre optique jusqu'à l'abonné.
Du côté des opérateurs, les avis divergent. Alors que
France Télécom souhaite
un point de mutualisation de l'ordre de 300 logements, les opérateurs alternatifs optent plutôt pour
des points de mutualisation en amont de 1 000 voire 2 000 logements.
L'Autorité de la concurrence a elle aussi attiré l'attention de l'
ARCEP sur ce point, la mettant en garde contre
les risques de distorsion de la concurrence qui pourraient voir le jour
si la taille des points de mutualisation est trop petite.
C'est à présent Bruxelles qui se penche sur la question en publiant des observations portant sur le projet de décision de l'
ARCEP relatif au déploiement des réseaux de fibre optique sur l'ensemble du territoire à l'exception des zones très denses.
La Commission européenne s'est montrée particulièrement attentive au traitement réservé aux opérateurs alternatifs puisqu'elle invite l'
ARCEP à ne pas favoriser de trop petits points de mutualisation, ce qui aurait pour résultat d'augmenter les coûts du déploiement : «
La Commission demande à l'Arcep de déterminer, lors de la mise en oeuvre de l'obligation d'accès, si la taille des points de concentration proposés est suffisante pour garantir un co-investissement dans les zones moins denses et, si ce n'est pas le cas, de modifier la taille minimum ».
En outre,
le service de collecte (mise à la disposition de fibre noire jusqu'au réseau principal) dont devait s'acquitter l'opérateur d'immeuble en compensation de la petite taille des points de mutualisation n'est pas un outil de régulation adapté selon Bruxelles, parce qu'il s'applique indifféremment aux opérateurs puissants et aux plus faibles.
En effet, les instances européennes ont tendance à encourager l'
ARCEP à maintenir une régulation asymétrique sur le secteur, à savoir une régulation qui touche uniquement l'opérateur en position dominante.
Au final, les diverses observations de Bruxelles vont toutes dans le même sens : elles privilégient
la protection des opérateurs alternatifs et renforcent
la régulation autour de l'opérateur historique. Si
Free et
SFR peuvent se réjouir, il y a fort à parier que la position de la Commission européenne a été froidement accueillie chez
France Télécom.
billfouine - 06/12/2010 à 17h41
Je pense aussi que les points de mutualisation doivent être assez gros. Je n'ai pas les compétences pour juger tout ça, mais en regardant les dégroupages des petits répartiteurs, je me dit qu'il faut de gros points de mutualisation.
bingou - 07/12/2010 à 11h05
billfouine - 07/12/2010 à 13h48
En fait c'est un problème d'économie d'échelle : Avoir de gros PM c'est plus rentable pour les très très gros opérateurs. Mais comme le ticket d'entré est plus cher, ça bloque les petits.
Pour moi c'est un problème, parce que *actuellement* les gros ont largement dis qu'ils ne voudraient JAMAIS investir dans les zones peu dense : Du coup on se retrouve bloqué, a ne rien avoir a la fois parce que la taille minimale est trop grande pour une TPE ou un assos, mais trop petite pour qu'un gros FAI s'y intéresse économiquement.
obcd - 15/12/2010 à 19h27