Loppsi 2 : le filtrage du net prend forme
Les députés ont finalement entériné le blocage de certains sites Internet sans recours à un juge, suivant en cela l'avis des sénateurs et ouvrant la voie au filtrage du net. Pourtant, il y a quelques mois, cette question divisait jusque dans les rangs de la majorité.
La fronde de
Lionel Tardy, député UMP de Haute-Savoie, et d'une poignée d'élus, qui avaient réussi à faire passer
deux amendements en janvier dernier imposant le recours obligatoire à un juge avant de bloquer un site Internet, aura été de courte durée.
Dès le mois de septembre,
le Sénat était revenu sur ces dispositions, alors même que les
FAI avaient fait connaître
leur opposition à toute obligation de bloquer certaines sites Internet.
Finalement, les parlementaires ont entériné la possibilité pour l'Office de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication (OCLCTIC)
d'établir une liste noire des sites jugés illégaux (principalement
à caractère pédopornographique) et
de demander leur blocage aux FAI sans recourir à la justice.
Selon
Jérémie Zimmermann, de la
Quadrature du Net : «
La décision est à 100 % entre les mains de l'exécutif. Et il n'y aura aucun moyen de contrôler d'éventuelles dérives en aval ». En effet, la liste des sites considérés comme illégaux ne sera pas rendue publique.
En l'absence de tout contrôle extérieur, il sera alors très facile de mettre sur pied
un véritable filtrage du net et de faire interdire tout site indésirable sous couvert de lutte contre la pédopornographie. Fait très étonnant cependant,
lors d'un déjeuner qui réunissaient plusieurs acteurs de l'Internet français à l'Elysée,
Nicolas Sarkozy aurait assuré
qu'il n'était pas au courant de cette disposition et que
cet amendement pourrait être modifié si nécessaire.
Doit-on en déduire que le Président de la République a perdu tout contrôle sur sa majorité ?
- Soit leur filtrage fonctionne au niveau DNS. Ca ne va toucher que les gens qui utilisent les DNS de leur FAI : Aisé a contourner , il suffit de ne pas utiliser le DNS du FAI, ou mieux, faire tourner un serveur DNS en local.
- Soit leur filtrage fonctionne au niveau IP.
Dans les 2 cas, la liste devra être fournie aux FAI, sinon, comment pourront-ils filtrer ?
Et dans ce cas, il existe suffisamment de FAI en france (en comptant les petits et les locaux) pour que la liste fuite, et soit connue (surtout que la diffusion devra être automatisée, si c'est la réactivité qui leur est importante)
Ou bien, ça ne touchera que les 5 gros FAI de France, comme ça ils touche 95% de la population & ça suffit au gouvernement. (LEs 5% restant seront ceux qui sont suffisamment compétents pour contourner les filtrage, + ceux qui ne sont pas dans les 5 grands FAI)
obcd - 19/12/2010 à 17h08