Neutralité du net : les USA changent les règles
Le premier coup de canif dans la neutralité du net vient des Etats-Unis. Bien que la FCC reste attachée au principe de l'égalité de traitement des contenus, elle autorise les opérateurs à facturer leurs services aux consommateurs en fonction de l'usage.
C'est une décision qui fera date et qui risque d'être suivie d'effet partout dans le monde. La Federal Communications Commission (FCC), l'organisme de régulation des télécoms américain, a présenté les dernières mesures pour préserver l'innovation sur l'Internet ouvert, la concurrence et la liberté d'expression. Bien que le principe de l'interdiction du filtrage des contenus légaux soit respecté,
la nouvelle réglementation autorise la facturation variable selon l'usage des consommateurs.
Selon Julius Genachowski, le président de la FCC, ces nouvelles règles
protègent l'innovation et
garantissent une égalité de traitement sur les réseaux à large bande aux nouveaux acteurs du net : «
Ces règles visent à garantir aux opérateurs qui n'existent pas encore et aux entrepreneurs qui n'ont pas encore commencé à travailler dans leurs dortoirs ou dans leurs garages que les valeurs de base de l'Internet seront protégées ».
La fin de l'Internet fixe illimité ?
Si la FCC refuse aux opérateurs de télécommunications fixes comme Comcast ou Qwest de bloquer des sites et des applications, elle leur reconnait le droit de réguler leurs réseaux pour éviter les risques de saturation. Pour cela, ils auront le droit de
facturer les éditeurs de contenus très gourmands en ressources comme YouTube d'une part mais aussi les abonnés, gros consommateurs de téléchargements et de contenus en streaming qui nécessitent une large bande passante. En d'autres termes, on peut imaginer que dans le futur,
les internautes consommeront Internet comme ils consomment de l'eau et en payant la quantité de données.
Une réglementation étendue à l'Internet mobile
En raison des contraintes spécifiques à l'Internet mobile,
les opérateurs de téléphonie mobile comme Verizon se voient eux aussi interdire de bloquer l'accès à des sites web mais peuvent
refuser des applications et certains services trop gourmands en capacité excepté si ces derniers sont en compétition avec des services voix et vidéo (Skype ne serait pas concerné).
Lutter ou se résigner ?
Face à ce qu'ils qualifient de «
priorisation du trafic » et devant les «
lacunes gigantesques », 80 sociétés ont adressé une lettre de protestation à la FCC pour dénoncer cette «
prétendue neutralité ». Toutefois, certains voient dans ce nouveau régime la possibilité pour les nouveaux services de vidéo en streaming de pouvoir lutter avec les
FAI et d'autres semblent manquer de recul pour pouvoir s'y opposer comme Michael Copps l'un des deux membres démocrates de la FCC qui n'a pas trouvé de raison valable pour voter contre.
Finalement, alors que
la neutralité du net fait débat en France et en
Europe, les Etats-Unis semblent avoir ouvert la voie, reste à savoir si les européens suivront ce chemin.
danlover - 23/12/2010 à 14h54
Et nos joyeux gouvernants européens se sont fait également happer par ce système qui transforme doucement mais sûrement la société
humaine en jungle sans merci! C'est à se demander si la saga de la planète des singes ne serait pas prémonitoire!?!
dgfu6578 - 26/12/2010 à 19h11
Le 26 décembre 2010 - 19 h 11, dgfu6578 a écrit :
Chez les Yankees, la notion de liberté est relative... A l'argent dont on dispose... Et comme le commerce fait de l'argent, tout est bon!
Pas tout à fait vrai et même tout à fait FAUX, demande au richissime madoff et au pdg d'enron ce qu'ils en pensent, là-bas un milliardaire/millionnaire peut se retrouver en prison en France c'est tout simplement impensable. La bettancourt, fraudeuse fiscale reconnue a été entendue à son domicile à l'issue de ses vacances espagnoles
En fait le fric permet aux justiciables américains très riches de se payer les meilleurs avocats euh comme en France
steven - 27/12/2010 à 19h24