L'Europe est chargée d'encadrer la numérisation du patrimoine
Le rapport du Comité des sages sur la numérisation du patrimoine vient d'être remis à la Commission européenne. Devant l'ampleur du projet et son montant de 100 milliards d'euros, il préconise que la numérisation soit encadrée par l'Union européenne et réalisée à l'aide de partenariats public-privé.
Si la France est un des pays européen qui a prévu
le plus gros investissement (750 millions d'euros) pour la numérisation de son patrimoine (livres, films archives), l'enjeu de la
numérisation dépasse les frontières et ne peut se faire sans une coopération européenne.
C'est ce que laisse entendre le rapport rédigé par un Comité des sages remis à la Commission européenne. Ce comité, composé de Maurice Lévy, Pdg du groupe publicitaire Publicis, Elisabeth Niggeman, directrice de la bibliothèque nationale allemande et de Jacques De Decker écrivain belge, estime que le montant de la
numérisation du patrimoine européen s'élèvera à
100 milliards d'euros.
Pour relever un tel défi, ces trois personnes préconisent de mettre en place des partenariats public-privé encadrés par l'Union européenne. «
Ces accords doivent être transparents, non exclusifs et équitables pour tous les partenaires, et ils doivent permettre à tous un accès transfontalier au matériel sécurisé » a déclaré Maurice Lévy.
Conscient de
l'appétit sans fin de Google pour la numérisation des œuvres présentes sur le vieux continent, le Comité des sages s'est aussi exprimé sur une limitation à sept ans de l'utilisation des contenus numérisés. «
L'octroi au partenaire privé d'un droit d'utilisation préférentielle du matériel numérisé ne doit pas excéder 7 ans » a ajouté Maurice Lévy.
Cette mesure, soutenue par
Neelie Kroes, la commissaire chargée des nouvelle technologies, vise clairement le géant américain très actif dans la
numérisation et qui
a signé de nombreux accords avec des éditeurs et des bibliothèques.
Enfin, le rapport réaffirme
le rôle central de la bibliothèque en ligne européenne, Europeana.
Lancé en 2008, ce projet favorise la découverte, au sein d'
un site multilingue, de
14,6 millions d'objets numériques tels que des tableaux, des photos, des livres, des archives mais aussi de la musique et des vidéos. Cette bibliothèque numérique est appelée à devenir «
le dépositaire de notre héritage culturel [...]
la référence centrale pour l'héritage culturel de l'Europe en ligne. » a souligné Maurice Lévy.
Le rapport recommande qu'une copie de toute œuvre numérisée en Europe soit systématiquement transmise à Europeana. Son premier objectif est de
recenser d'ici 2016 toutes les œuvres tombées dans le domaine public.
Il n'y a aucun commentaire.