La CNIL passée au crible par la Cour des comptes
Le Monde révèle qu'un rapport provisoire de la Cour des comptes épingle la gestion de la CNIL. Alex Türk défend toutefois vigoureusement ses équipes et le bilan de la Commission nationale informatique et libertés, également mis en cause par l'enquête des deux magistrats.
Le 13 janvier dernier, l'Assemblée Nationale a adopté un amendement interdisant qu'un parlementaire préside la
CNIL, écartant de fait
Alex Türk, sénateur du Nord proche de la majorité, qui semble de plus en plus isolé sur l'échiquier politique.
En effet,
Le Monde a révélé les conclusions provisoires d'une enquête de la Cour des comptes qui accable le président de la
CNIL. Il lui est notamment reproché de s'être attribué, en plus de son indemnité de
3 200 €/mois «
des indemnités forfaitaires par séance ainsi que des vacations qui ont représenté un montant moyen de 1800 euros par mois » pour des prestations dont la réalité est contestée.
Alex Türk (photo ci-contre), qui a brièvement été auditionné le 20 janvier dernier, a remboursé
51 000 € de trop-perçu mais refuse que ses collaborateurs présents et passés soient contraints de rendre les indemnités forfaitaires qu'ils ont également reçues.
Celui-ci se dit d'ailleurs sidéré par l'attitude de la Cour des comptes : «
Ce qu'on vient me dire c'est 'vous êtes sous-payé, tout le monde le sait, mais vous n'avez pas choisi le bon fondement juridique pour cette augmentation' […]
Je ne l'ai pas volé cet argent, ce n'est pas un emploi fictif, tout le monde dit que j'ai bossé comme un damné depuis 7 ans »
En outre, les magistrats de la Cour des comptes déploreraient que la CNIL soit «
dépourvue d'un cap clair », qu'elle soit incapable d'offrir «
une présentation rigoureuse et objective de ses missions » et qu'elle «
peine à produire un discours intelligible ».
Bien que
les contradictions dont a parfois fait preuve Alex Türk aient fait l'objet d'un article dans nos colonnes, les conclusions provisoires de deux magistrats de la Cour des comptes paraissent bien sévères. La CNIL a en effet toujours pris
la défense des intérêts des internautes.
Cependant,
Türk paie peut-être là les positions de la Commission nationale informatique et libertés
contre l'Hadopi.
Il fallait bien qu'un jour qqun se charge de les flinguer et de les mettre à la botte de sa majesté Nicolas Ier. Et ce rapport de la cour des comptes, tombe à point nommé (quel hasard !) pour ce faire.
Le jour où on se réveillera un beau matin avec un internet aussi surveillé qu'en Chine, où les vrais criminels et autres mafieux utiliseront des clefs de chiffrement en dehors des capacités de décodage du gouvernement et où les téléchargeurs de MP3 recevront des amendes par mail (à payer avant de contexter bien sûr, comme pour les excès de vitesse) sans qu'un juge n'ait eu son mot à dire, il ne faudra pas venir dire que personne ne s'est battu pour que cela n'arrive pas.
La CNIL se bat encore mais dans quelques mois, ce ne sera plus le cas. Merci Sarko.
sonyc91 - 26/01/2011 à 13h49