Cyberdéfense : La France renforce les pouvoirs de l'ANSSI
Depuis le 13 février, l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) a vu ses pouvoirs renforcés par le gouvernement. Devenue Autorité nationale de défense des systèmes d'information, elle possède l'autonomie nécessaire pour réagir immédiatement.
En plus de faire partie du club privé des puissances nucléaires, la France veut aussi tenir son rang de cyber-puissance. Après les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et
l'Allemagne qui ont rendu publiques leur stratégies de cyberdéfense,
la France a décidé de renforcer les pouvoirs de l'ANSSI, l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information.
Cinquième corps d'armée de la France, cette institution a été créée le 7 juillet 2009. Elle est chargée de proposer les règles à appliquer pour la protection des systèmes d'information de l'Etat et de vérifier leur application. Elle assure aussi un service de veille, de détection, d'alerte et de réaction aux attaques informatiques. Située aux Invalides à Paris, cette cyber-armée a vu ses pouvoirs renforcés depuis dimanche, suite à la parution d'
un décret lui conférant la fonction d'Autorité nationale de défense des systèmes d'information.
Avec cette décision l'ANSSI a gagné en
autonomie et en
réactivité en cas de cyber-attaque. «
En cas d'attaque majeure, il y a nécessité d'une réaction immédiate et il ne faut pas de processus compliqué de concertation interministérielle [...]
L'ANSSI aura alors la main, donnera les instructions et décidera s'il faut arrêter tel système pour contenir les attaques, limiter les conséquences et organiser la réponse.» a expliqué Francis Delon, Secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN).
La montée en puissance de cette cyber-armée est la conséquence directe des derniers faits de cyber-guerres qui ont eu lieu l'an dernier. Entre
les attaques à répétition subit par Google et
le virus Stuxnet qui aurait détruit près de 10 % du parc de centrifugeuses du programme nucléaire iranien, la France anticipe ce que sera la guerre de demain et adapte sa stratégie. En 2000, l'Etat a identifié 12 secteurs vitaux à protéger en priorité comme les transports, l'eau, l'énergie, les télécoms ou la chaîne alimentaire.
«
Qu'il s'agisse des systèmes d'aiguillages des trains, de la production des yaourts, ou du pilotage des équipements médicaux dans les hôpitaux, les systèmes sont de plus en plus informatisés. » a précisé Francis Delon. En effet, la guerre de demain risque de ne plus se faire à coup de bombes et de missiles mais simplement en prenant le contrôle à distance d'infrastructures, comme faire déborder un barrage.
En plus de pouvoir agir immédiatement, l'ANSSI aura aussi
le pouvoir d'intervenir directement auprès des opérateurs de télécommunications en leur demandant de bloquer du trafic émanant de machines hostiles. Les services de l'ANSSI pourront «
demander aux opérateurs (privés) de bloquer du trafic en provenance de machines qui relaient des attaques, isoler le système informatique d'une administration ou interdire les clés USB. » a précisié Patrick Pailloux, le directeur de l'ANSSI.
Toutefois, jusqu'à présent, il semblerait que la France ait plutôt été épargnée par des attaques informatiques de grande ampleur puisqu'elle n'a jamais eu à déclencher
Piranet le plan d'urgence élaboré par l'ANSSI pour les contrer.
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