Le Troll de la semaine : Pascal Nègre et le retournement de veste
Après avoir lutté contre la licence globale, justifié les verrous numériques et défendu Hadopi, Pascal Nègre change aujourd'hui de discours. Dans une interview accordée à Télérama, il encense les modèles développés par Deezer et Spotify avec le paiement d'un forfait mensuel et veut miser sur Internet pour développer son activité.
Cette semaine, les fidèles de Télérama ont pu découvrir une interview fleuve de Pascal Nègre, dirigeant d'Universal Music France. L'homme aux multiples vestes multicolores s'étend sur le renouveau du monde du disque après une crise sans pitié.
La riposte graduée serait-elle efficace au bout du compte ? Apparemment pas puisque le patron de la major du disque, qui a pourtant vaillamment défendu le texte de loi, n'évoque même pas la riposte graduée ou la création d'Hadopi durant cette
longue entrevue qui a englouti 15 pages de notre imprimante.
Il semble loin le temps où Pascal Nègre martelait que
les DRM ne gênaient que ceux qui avaient un Windows pirate. L'homme qui passait son temps à tirer la sonnette d'alarme face à des millions d'internautes qui téléchargeaient de la musique illégalement, causant la ruine de tout une économie, semble de nouveau souriant. Pascal Nègre a découvert Internet :
« Depuis quelques mois, les ventes de disques baissent quand même beaucoup moins, alors les gens retrouvent le sourire. Et puis, avec Internet, le travail est redevenu excitant. Il y a des choses à inventer, c’est très stimulant. »
Internet n'est donc plus le grand ennemi d'hier, ce repaire d'êtres sans foi ni loi encadré par des opérateurs qui font
« leur communication sur le téléchargement de musique » comme
« Wanadoo [qui] vend alors quelque chose qui ne lui appartient pas ! ». Non. Pascal Nègre ajoute cette phrase qui cible le nouvel ennemi du disque :
« On peut aussi créer des choses sans compter obligatoirement, comme avant, sur les médias classiques, qui sont souvent à la traîne. »
Le PDG d'Universal vient de pointer du doigt le renégat : les médias traditionnels comme la radio ou la télévision. Et il ne va pas s'arrêter là... Piochons juste deux phrases qui montrent comment le bonhomme change de camp et déclare que
« les médias de masse, en choisissant la sécurité de la nostalgie, mettent une pression de folie sur les artistes d'aujourd'hui ». Et Pascal Nègre, en ancien habitué des plateaux de la Star Academy, s'y connaît en usine qui recycle les anciens tubes pour jouer la carte nostalgique.
Il en rajoute même une couche en déclarant :
« Les années 90 ont été trop marquées par le marketing. Il y a des gens dans le métier qui ont vraiment abusé là-dessus, des gens qui t’expliquaient qu’il suffisait de prendre de la pub à la télé pour n’importe quel artiste pour qu’il ait du succès, ce qui est évidemment une ineptie. »
Pour Pascal Nègre, les radios ne remplissent plus leurs rôles :
« Il devient impossible aujourdh'ui pour un nouveau ou une nouvelle de passer à la radio. [...] Les patrons de radios sont obsédés par leur audience, parce que c'est la seule chose que regardent les annonceurs publicitaires. Et donc, de peur d'affecter leur sacro-saint chiffre d'audience, ils ne prennent aucun risque sur la musique. »
Bref, Universal Music et les médias traditionnels ne sont plus copains. Pascal Nègre a découvert Internet et explique :
« là où on passait pour les ringards il y a trois ou quatre ans, on commence à nous regarder autrement, comme les pionniers d’une nouvelle époque. »
Et ses ennemis d'hier sont ses alliés d'aujourd'hui. Celui qui crachait sur Deezer ou Spotify il y a quelques années brosse les deux sites dans le sens du poil depuis qu'ils ont mis en place des systèmes d'abonnement :
« Cette idée d’un accès payant à un vaste ensemble de contenus, avec la possibilité de partager ses playlists avec ses amis également abonnés, ou encore d’écouter sa musique sur plusieurs lecteurs, de l’ordinateur au téléphone portable, cette idée-là nous semble évidemment très pertinente et pleine de promesses. » N'était-ce pas le concept de la
licence globale qu'il a combattu de toutes ses forces aux côtés de notre chère Christine Albanel, celle qui est maintenant chez
Orange, maison-mère de Deezer ?
Bref, l'homme vient d'opérer un retournement de veste magistral. Bien moins surprenant toutefois, que les couleurs des vestes qu'il porte habituellement. Et même s'il semble la tourner du bon côté, espérons qu'il n'aille jamais jusqu'à retourner son pantalon...
dgfu6578 - 16/04/2011 à 09h50
là où on passait pour les ringards il y a trois ou quatre ans, on commence à nous regarder autrement, comme les pionniers dune nouvelle époque.
Ha non, non non, pas demain la veille que ça arrivera ça, tu es et tu resteras un gros ringard monsieur Negre, tu es grillé depuis bien longtemps et très peu de personne peuvent te blairer dans le monde d'internet
Muzikals - 17/04/2011 à 01h20
D'ailleurs à la place de Vivendi, je chercherai de toute urgence un autre directeur, car celui-la il sent le moisi...
dumbo - 18/04/2011 à 16h42