Le Troll de la semaine : la TMP et ses enterrements successifs
Il aura fallu des mois d'entêtement, de commissions diverses, de rapports et de négociations avant de s'apercevoir de l'évidence : le projet de TMP (Télévision Mobile Personnelle) est un naufrage. Il aurait pu être un simple accident industriel si certains n'avaient pas insisté jusqu'à l'épuisement.
La
TMP semble enfin enterrée pour de bon. Cette technologie, qui avait déjà fait
l'objet d'un troll il y a plus de deux ans, a vécu une période longue période d'agonie. Quelques mois déjà après le début du projet, on sentait que l'affaire était mal goupillée : des projets de chaînes peu innovants, des services limités, des terminaux absents...
Pour rappel, la
TMP (Télévision Mobile Personnelle) était
un projet de télévision sur terminaux mobiles censé être lancé pour les Jeux Olympiques de Pékin en 2008. Seulement, l'idée s'est rapidement transformée en fardeau et son démarrage fut sans cesse reporté. Le
CSA a tenté le tout pour le tout en faisant passer des auditions aux candidats à
l'attribution d'un canal TMP sur une technologie encore inexistante.
L'avenir de la
TMP a commencé à être réellement inquiétant quand l'ensemble des acteurs s'est disputé
sur le mode de financement. Supplément dans un forfait mobile ? Taxe sur l'achat d'un récepteur ? Entre les opérateurs, les groupes de télévision, TDF et le SIMAVELEC (syndicat des constructeurs de matériel électronique), le climat n'était pas à l'entente cordiale.
Mais le
CSA n'a pas découragé et a lancé une consultation publique sur
le développement de services interactifs TMP. Quinze acteurs du secteurs ont répondu présents pour mettre en place des innovations comme des jeux, des paris, de la publicité ou encore des systèmes de vote par SMS. Bref, un catalogue de services inédits, innovants, au potentiel créatif inouï ! Pour résumer, la Télévision Mobile Personnelle est une technologie inexistante (pas de récepteurs sur le marché, pas de zones de test) dont
le partage des coût est inconnu pour des services que nous avons déjà ailleurs.
Mais le
CSA n'a pas découragé et a tenté de réunir l'ensemble des acteurs autour d'un consensus. Pendant ce temps, François Fillon a lancé une mission chargée de définir un modèle économique pour la
TMP sans trop y croire. Des voix se sont également élevées contre l'installation d'antenne-relais
TMP en l'absence d'étude sanitaire sur l'exposition à ces ondes.
Mais le
CSA n'a pas découragé même lorsque NKM, fraîchement arrivée à l'Economie numérique, a suivi TDF sur le terrain d'une
TMP allégée, moins coûteuse et, surtout, pouvant enfin exister. Mais rien n'y a fait : sur les 13 projets sélectionnés pour émettre sur la
TMP, seuls deux ont retourné leur convention signée.
Mais le
CSA n'a pas découragé et, devant le manque d'ambition des 11 candidats qui n'ont pas renvoyé leur convention, il a menacé de choisir de nouvelles chaînes s'il ne recevait pas les conventions signées avant une date fatidique. Le
CSA a finalement délivré aux chaînes, en avril 2009,
les autorisation d'émettre sur la TMP... qui n'existe toujours pas. TDF et
Virgin Mobile ont tenté de se mettre d'accord pour créer un réseau de diffusion. Mais, au dernier moment,
TDF a remis en cause le choix du DVB-H comme norme de diffusion.
Il y a quelques jours, TDF a officiellement annoncé l'abandon du projet
TMP, le groupe préférant se concentrer sur un concept appelé B2M, pour Broadcast Mobile Multimedia.
A l'étude depuis 2007, la
TMP n'a toujours pas de chaînes, pas de modèle économique, pas de terminaux mais, surtout, n'a plus de diffuseur. Cela découragera-t-il enfin les membres toujours souriants du
CSA ?
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