Très haut débit : les maires montent au créneau
La lenteur du déploiement des réseaux très haut débit en France inquiète les élus des villes et agglomérations. Réunis le 18 octobre à Marseille, ces derniers tirent la sonnette d'alarme et demandent à être reconnus comme des interlocuteurs à part entière par les pouvoirs publics sur ce dossier.
Avec
1,2 million de foyers connectés à la fibre optique, la France occupe
la 17ème place du classement européen du FTTH Council loin derrière les pays asiatiques. De plus, bien que les opérateurs se soient engagés au printemps 2011 à couvrir en
FTTH 3 600 communes d'ici 2015, l'Association des Maires de Grandes Villes de France (AMGVF) et l'Association des Communautés Urbaines de France (ACUF) rappellent qu'ils ne sont soumis à aucune obligation. En conséquence, l'attente de la fibre optique empêche la mise en place de mesures locales de montée en
débit sur le réseau
ADSL.
Enfin, l'AMGVF et l'ACUF rappellent que seul
Orange est vraiment mobilisé sur le déploiement du
FTTH et que
Free, un temps très motivé, se désengage de certains immeubles.
Conscients des enjeux que représente le chantier du très haut
débit, les maires et les élus veulent être entendus par les pouvoirs publics. Ils demandent donc à être reconnus par les pouvoirs publics comme
de véritables interlocuteurs et expriment leur premières revendications :
- Ils souhaitent connaître, quartier par quartier, les déploiements effectifs des opérateurs et disposer des modalités techniques et financières de raccordement des zones de faible densité (pavillons, immeubles de moins de 12 logements).
- Ils veulent être associés à l'élaboration et à la signature des schémas régionaux ou départementaux d'aménagement numérique.
- Ils demandent à ce que les agglomérations qui sont en charge de l'aménagement numérique soient reconnues comme des interlocuteurs à part entière par le gouvernement, l'ARCEP, le législateur et les opérateurs.
- Enfin, les maires demandent à bénéficier au même titre que les opérateurs des subventions publiques lorsqu'elle estiment nécessaires de « mettre en œuvre un réseau public sur la péréquation entre zones rentables et non rentables. »
Par ailleurs, ces demandes interviennent au moment où l'Union Européenne a décidé de consacrer
9,2 milliards pour le déploiement du très haut débit et a autorisé la France à débloquer 750 millions d'euros. Cependant, là aussi une autre association, l'AVICCA (l'Association des Villes et Collectivités pour les Communications électroniques et l'Audiovisuel) donne de la voix. Elle rappelle que, rien que pour la France, il faudrait une trentaine de milliards d'euros et qu'actuellement les collectivités n'ont pas de visibilité sur les instruments existants comme le FEDER (Fonds Européen de Développement Régional) au-delà de 2013.
En pleine tourmente avec la crise des dettes souveraines, le gouvernement entendra-t-il ces doléances ?
Source : DegroupNews
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