Les opérateurs prennent la parole pour repenser la fiscalité numérique
C'est un signal d'alarme que tirent les quatre principaux opérateurs français. Les dirigeants de France Télécom-Orange, de SFR, d'Iliad et de Bouygues Telecom signent une tribune dans Le Monde pour « demander aux pouvoirs publics de repenser complètement la fiscalité du numérique ». Il faut dire qu'entre la taxe Cosip, la hausse de la TVA ou le financement de France Télévisions, les opérateurs n'ont pas été épargnés ces derniers temps.
« L'Etat doit repenser la fiscalité du numérique ». C'est sous ce titre que les quatre principaux opérateurs français signent un article commun pour dénoncer l'accumulation de taxes à laquelle ils font face et à la concentration de ces mesures sur les opérateurs réseaux de l'Hexagone.
France Télécom-
Orange,
SFR, Iliad et
Bouygues Telecom enterrent la hache de guerre le temps d'une tribune collective dans
Le Monde. Les opérateurs dressent un panorama rapide du secteur des télécoms français :
120 000 emplois qui produisent 2,3 % du PIB et des
investissements annuels de 6 milliards d'euros dans l'entretien et la modernisation des réseaux.
En effet, si l'activité d'opérateur télécoms est très rentable, elle nécessite également de nombreux investissements pour déployer des réseaux et maintenir leur efficacité et leur harmonie sur l'ensemble du territoire. Les opérateurs indiquent que
« cette situation mériterait , sinon le soutien, à tout le moins une neutralité bienveillante des pouvoirs publics. » Or, le secteur des télécoms ressemble plutôt à
une cagnotte juteuse pour l'Etat.
Ces entreprises en pleine croissance ont en effet été grandement sollicitées par les pouvoirs publics ces dernières années : taxe Cosip pour financer la création de programmes, impôt sur les entreprises de réseaux (IFER), taxe France Télévisions, annulation de la TVA réduite...
Sur
le retour de la TVA à taux plein dans les offres, les opérateurs rappellent le paradoxe de la situation :
« En 2008, on a demandé aux opérateurs de financer le cinéma (taxe alimentant le Cosip) et, en contrepartie, nous avons obtenu le bénéfice d'une TVA à taux réduit sur une partie du prix de nos offres... En 2011, une TVA à taux plein nous était imposée, mais sans que soit remise en cause notre contribution au Cosip. En clair, nous diffusons assez d'œuvres pour financer la création mais pas assez pour bénéficier de la TVA à taux réduit sur les produits culturels. »
Dans un cri commun, les opérateurs déplorent
« l'absence de cohérence d'une action publique qui ne cesse de multiplier les ponctions sur le secteur des télécommunications tout en exigeant, en parallèle, que nous investissions toujours plus, que nous accélérions le déploiement des nouveaux réseaux et que nous baissions nos tarifs ! »
Le retour de la taxe Google ?
En outre,
Jean-Bernard Levy (président du directoire de Vivendi, propriétaire de
SFR),
Xavier Niel (fondateur d'Iliad),
Stéphane Richard (PDG de
France Télécom-
Orange) et
Olivier Roussat (directeur général de
Bouygues Telecom) s'étonnent du fait que seuls les acteurs réseaux soient touchés par ces taxes :
« Le secteur des services en ligne et celui des équipements, où les entreprises étrangères occupent une place prépondérante, échappent quasiment à toute fiscalité et toute régulation. »
Voilà qui devrait relancer
le débat autour de la taxe Google, impôt de 1 % des achats de publicité sur Internet. Ce nouveau prélèvement, qui devait ramener 10 à 20 milliards d'euros la première année, a été enterré par les députés avant même son entrée en vigueur. En ces temps de disette où le gouvernement cherche à renflouer le déficit public, ce projet de taxe pourrait revenir sur le devant de la scène.
Cette taxe pourrait être englobée dans
une nouvelle fiscalité de l'économie numérique qui serait mieux répartie entre tous les acteurs du développement des nouvelles technologies :
« La seule solution structurellement viable est de travailler sérieusement à élargir cette assiette à l'ensemble de la chaîne de valeur du numérique et à tous les acteurs qui bénéficient de la croissance du secteur. »
L'appel des quatre sera-t-il entendu ? Avec les réformes fiscales qui se préparent en vue d'éviter une crise de la zone euro, le gouvernement profitera peut-être de l'occasion pour prélever un peu de monnaie chez les géants du web.
Le 17 novembre 2011 - 17 h 15, charles.p a écrit :
Il faut dire qu'entre la taxe Cosip, la hausse de la TVA ou le financement de France Télévisions, les opérateurs n'ont pas été épargnés ces derniers temps.
Pardon ?
Les premières taxes ont été compensée par l'augmentation du pourcentage de la partie TV à l'époque, qui n'était taxée qu'à 5,5% au lieu de 19,6%, et comme dans le même laps de temps, le prix TTC n'a pas baissé, c'est bien cette différence qui les a financées, donc ce sont les clients qui ont payé.
Enfin, la dernière modification, qui à tout passer à 19,6 à engendrer, elle, une augmentation du prix TTC, donc payée à nouveau par les clients.
Je veux bien qu'on revoit la fiscalité, mais avant tout pour la rendre plus transparente, et que si les clients paient des taxes dans leur factures, qu'ils puissent voire ce qu'il paient, et qu'on arrête d'entendre un FAI se plaindre qu'ils paient une taxe qu'il ne paie pas en réalité.
Ce n'est pas contre vous spécialement, mais qu'est-ce que c'est que ce journalisme, où on ne fait que reprendre les déclarations, sans faire de recherche pour donner un avis constructif sur ces mêmes déclarations.
Pfunk - 18/11/2011 à 15h19
En 2008, les abonnés n'avaient pas subi d'augmentation car les FAI n'avaient pas plus de taxes à payer (cosip et moins de tva qui s'équilibre)
En 2011, tva plus haute donc augmentation des abonnements.
Pourquoi dis-tu que les abonnés ont payé 2 fois ?
JL38 - 18/11/2011 à 17h21