Google Suggest condamné pour injure
La firme de Mountain View se voit à nouveau condamnée à cause de son moteur de recherche. La Cour d'appel de Paris a confirmé la condamnation de Google et de son ex directeur général, Eric Schmidt, pour injures publiques. Une entreprise lyonnaise avait porté plainte car Google Suggest, l'outil d'aide à la recherche de Google, associait son nom au mot escroc.
Google va aimer la France. Alors que la firme de Mountain View vient d'inaugurer en grande pompe
son siège européen à Paris, elle est une nouvelle fois condamnée par la justice française.
La Cour d'appel de Paris a confirmé la condamnation du géant américain et de son ex directeur général Eric Schmidt pour
injures publiques.
En janvier dernier, une entreprise lyonnaise avait porté plainte contre Google car à chaque fois que l'on tapait son nom dans le moteur de recherche, l'outil d'aide à la recherche Google Suggest, accolait à son nom le mot peu flatteur d'escroc. Contacté par la société lyonnaise, Google avait expliqué que cette fonctionnalité était automatique et qu'elle correspondait aux associations de mots les plus tapées dans son moteur de recherche.
Si Google Suggest fonctionne bien automatiquement,
Google a quand même le pouvoir d'intervenir manuellement. Au lancement de
Google Instant, une autre fonctionnalité d'aide à la recherche, Google affirmait qu'il pouvait bloquer ce service sur certaines recherches à caractère pornographique, raciste ou violent.
En outre, dans la bataille qui oppose les ayants-droit aux sites de téléchargement, Google avait
désactivé Google Instant sur les termes BitTorrent, MegaUpload et RapidShare, mais dans ce dernier cas,
il a remporté la bataille. Cette possibilité n'a pas échappé à la Cour d'Appel qui a déclaré «
Il doit en être inféré et compris qu'un tri préalable pouvait être effectué entre les requêtes enregistrées dans la base de données ».
La condamnation prévoit donc la suppression du mot « escroc » associé à l'entreprise lyonnaise et le versement de
50 000 euros de dommages et intérêts. Mais la justice va plus loin et exige que Google
publie cette décision sur la page d’accueil du site français sous peine de payer une pénalité de 5 000 euros par jour de retard.
Ce n'est pas la première fois que Google est pointé du doigt, En 2010, l'entreprise américaine avait déjà été condamnée à cause de Google Suggest pour
des propos diffamatoires. Le moteur de recherche associait au nom d'une personne des termes outrageants comme prison, viol ou sataniste. Mais plus gênant encore, Google Suggest encourage la discrimination en associant le nom d'un personne à sa religion.
Cette condamnation et surtout sa diffusion sur la page d'accueil de Google.fr pourrait ouvrir la boîte de Pandore. Entre les menaces de taxe et de condamnation, l'aventure de Google en France risque de ne pas durer.
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