Plainte de l'UFC-Que Choisir contre Free Mobile
L'UFC-Que Choisir estime que les pratiques commerciales de Free Mobile sont trompeuses et vient de déposer une plainte contre l'opérateur mobile. Selon une campagne de 2465 mesures réalisées par un expert indépendant, le taux de non qualité du réseau 3G de Free Mobile en itinérance, sur des usages audio, vidéo et sur le téléchargement d'applications, serait exceptionnellement élevé. L'association de consommateurs y voit un moyen pour Free Mobile de réduire sa facture pour l'utilisation du réseau d'Orange.
Le torchon brûle
entre Free et l'UFC-Que Choisir. Alors que Xavier Niel estimait, dans une interview accordée hier au Figaro, que
Free servait de punching-ball permettant à ses détracteurs d'exister médiatiquement, l'association de consommateurs vient d'annoncer qu'elle portait plainte contre l'opérateur mobile pour
pratiques commerciales trompeuses.
Suite aux nombreuses plaintes de consommateurs depuis l'entrée sur le marché de
Free Mobile et à la mise en garde de l'
ARCEP en novembre dernier, l'UFC-Que Choisir a diligenté
une campagne de 2465 mesures réalisées par un expert indépendant, en deux vagues, en Ile-de-France, à Lille et à Toulouse. Il s'agissait de «
mesurer les taux de non qualité (TNQ) sur des usages audio, vidéo et le téléchargement d’une application auprès des quatre opérateurs sur leur réseau en propre et, en plus pour Free Mobile, en itinérance ».
Or, le
taux de non qualité mesuré sur le réseau
3G de
Free Mobile en itinérance s'avère
excessivement plus élevé que sur les réseaux des opérateurs historiques ou même que sur le réseau propre de Free Mobile. Ainsi, à titre d'exemple, «
pour un débit supérieur à 2 000 kb/s, le taux de non qualité pour Free en itinérance est de 78% sur YouTube contre 10% en moyenne pour les opérateurs historiques (Bouygues Telecom, SFR, Orange) et de 88% pour Dailymotion contre 7% en moyenne pour les historiques. Sur son propre réseau Free Mobile est significativement moins performant que les historiques mais enregistre des résultats bien meilleurs, le TNQ est, par exemple, de 18% à la fois pour YouTube et Dailymotion, proche des autres opérateurs ».
A partir de ces résultats, l'UFC-Que Choisir a extrapolé deux hypothèses : soit
Orange, qui fournit le réseau en itinérance de
Free Mobile, fait de la discrimination à l'encontre des abonnés de son concurrent, soit
Free Mobile tente de décourager le transfert de données de ses abonnés en itinérance.
Dans le premier cas, l'association de consommateurs souligne que
Free se serait manifesté et aurait fait entendre ses droits, d'autant que le contrat signé avec
Orange interdit au premier opérateur mobile français de faire une distinction quelconque entre ses propres abonnés et ceux de
Free Mobile.
C'est pourquoi il apparaît à l'UFC-Que Choisir qu'il s'agit d'une manigance de
Free Mobile afin d'alléger
la facture de l'itinérance due à
Orange, qui pourrait s'élever à 1 milliard d'euros en 2012 et 2013. Pour le moment,
Free s'est contenté
de dénoncer l'approche méthodologique de l'étude de l'UFC.
C'est dommage : la démarche est louable, s'agissant de pointer du doigt un dysfonctionnement, mais elle expose des conclusions qui ne sont pas recevables, le postula de départ n'étant pas objectif et exhaustif. Je passe sous couvert la méthodologie qui n'a pas été rendue publique et qui ne permet pas de valider les mesures faites. Confier la tâche à un cabinet expert n'exclue pas les erreurs possibles
MaxLeMans - 18/01/2013 à 14h53
Luigi972 - 18/01/2013 à 15h38