1er forum national Très Haut Débit
Rédigé par Patrick E.
Discours du ministre
7 - Discours du ministre
François Loos, ministre délégué à l'industrie, est venu s'exprimé sur les enjeux du très haut
débit en France.
Voici la quasi intégralité de son discours:
Ce 1er Forum du très haut
débit est déjà un succès. J'ai pu apprécier la qualité des exposants et des intervenants présents aujourd'hui.
Cette initiative à Saint Etienne, au coeur du département de la Loire montre l'engagement du département pour les technologies de l'information et de la communication...
Le dynamisme du marché du haut débit est très favorable pour la France
Il y a aujourd'hui plus de 11,8 millions d'abonnés à l'Internet à haut
débit, le seuil des 10 millions d'abonnés ayant été franchi au premier semestre 2006 avec un an et demi d'avance sur l'objectif fixé en 2002, date à laquelle, il n'y avait que 600 000 abonnés au haut
débit.
On comptait 3,5 millions de lignes dégroupées au troisième trimestre 2006. La croissance du parc d'accès dégroupés concerne maintenant essentiellement le
dégroupage total, qui permet au client de ne plus payer d'abonnement téléphonique à
France Télécom. Avec plus d'un million et demi d'accès, le
dégroupage total représente aujourd'hui 45 % du parc de lignes dégroupées, contre 7 % début 2005.
Cette tendance de fond est en grande partie tirée par les «
box » qui, rappelons-le, ont été inventées en France et les offres «
multiple play » (accès Internet, téléphonie illimitée et TV sur
ADSL) proposées par les opérateurs...
Il nous faut dès maintenant préparer l'avenir : le très haut débit
En effet, pour accompagner la montée des débits nécessaires aux usages des entreprises et des foyers, consommateurs de vidéo, de multimédia ou de jeux en ligne, les opérateurs doivent investir dans de nouvelles infrastructures en déployant des réseaux en fibre optique.
Les annonces se sont récemment multipliées. On peut citer :
- l'opérateur historique qui a lancé en janvier 2006 une expérimentation de fibre à l'abonné sur 6 arrondissements de Paris et 6 communes des Hauts de Seine. Il a raccordé 500 clients et entre dans une phase de généralisation sur les 10 plus grandes agglomérations françaises en 2007 avec une cible fin 2008 de 200 000 abonnés sur une couverture de 1M de foyers ;
-
Free qui a annoncé, en septembre 2006, un investissement de 1Mds€ d'ici 2012 pour le raccordement de 600 000 abonnés puis a racheté l'opérateur parisien CiteFibre ;
-
Numéricâble-Noos qui vient de lancer une offre à 100Mbits auprès de 450 000 foyers déjà couverts par son réseau. L'objectif de l'opérateur est ainsi de couvrir 2,5M de foyer raccordables en fibre optique d'ici fin 2007 ;
-
Neuf Cégétel qui a racheté l'opérateur palois Médiafibre à Pau puis remporté la première délégation de service public pour développer un réseau résidentiel
FTTH (Fiber to the home) sur 13 communes de la région parisienne représentant 500 000 habitants.
...
- le déploiement du très haut
débit sur le territoire nécessite des investissements considérables, sans commune mesure avec le haut
débit actuel ; l'
Idate estime l'investissement nécessaire en France à 10 milliards d'euros pour couvrir les 40% de la population des zones urbaines et à près de 30 milliards d'euros pour couvrir également les 60% restants...
Le forum, composé des opérateurs, des équipementiers, des collectivités locales, de l'
ARCEP et des différentes administrations, se veut un lieu d'échanges de bonnes pratiques, une force de proposition aux pouvoirs publics et un observatoire des déploiements des réseaux très haut
débit.
Mon objectif est d'atteindre 4 millions d'abonnés raccordés au très haut débit en 2012.
Les principales actions en cours :
- Rendre possibles des offres de location des
fourreaux.
France Télécom propose déjà une telle offre de location en zones d'activités. Il convient que ce type d'offre soit étendue sur tout le territoire et généralisée aux autres propriétaires de
fourreaux. L'
ARCEP conduit une étude en ce sens. J'attache une très grande importance à ce type d'offres de locations, qui permettront de développer des réseaux fibre optique à moindre coût.
- Faciliter l'accès au génie civil existant (gaz, électricité, télécoms, réseaux d'assainissement)
Un accès au génie civil existant semble en effet l'approche la plus efficace en terme de diminution des barrières à l'entrée sur le très haut
débit (le génie civil représente l'essentiel du coût) et est cohérent avec le développement d'une concurrence sur les infrastructures. J'ai pu apprécier l'intérêt de solutions innovantes de câblage, en particulier dans les égouts non visitables, dont certaines vous ont été présentées lors du Forum. Je souhaite faciliter l'utilisation de ce type de solution en incitant les gestionnaires des réseaux d'eau à donner un accès pour la pose de fibre.
- Permettre une approche locale (différenciant les zones), lors de l'analyse des marchés relatifs au très haut
débit
Sans préjuger à ce stade de la nécessité de réguler les nouvelles infrastructures à très haut
débit, nous ne pouvons exclure une intervention en cas de défaillance du marché qui aboutirait à la reconstitution de monopoles. En revanche, la garantie d'une rémunération adéquate prenant en compte les risques consentis par les opérateurs est essentielle.
La concurrence ne sera vraisemblablement effective que sur les zones les plus denses. Une approche locale de l'analyse des marchés, tenant compte de la présence ou non d'infrastructures alternatives, pourrait donc être encouragée. Cette question est abordée au niveau communautaire afin d'adopter une approche cohérente en Europe.
- Mutualiser le câblage interne des immeubles entre opérateurs.
L'
ARCEP a été chargée de définir avec les opérateurs les modalités de partage des réseaux internes aux immeubles afin de minimiser les interventions des opérateurs dans ces derniers et sans créer de charges supplémentaires pour les gestionnaires.
L'ouverture du réseau de fibre optique du premier opérateur arrivé dans les immeubles à ses concurrents est indispensable si l'on souhaite éviter que de nouvelles barrières à la concurrence ne s'installent.
- Pré-câbler les logements neufs dans le cadre du label «
logement multimédia ».
Afin de préparer la demande des ménages en très haut
débit et de réduire structurellement les coûts de création de réseaux, j'ai souhaité sensibilisé les promoteurs immobiliers sur l'intérêt d'inclure dans leur projet des accès pour des réseaux très haut
débit, notamment grâce à l'instauration d'un label «
logement multimédia ». Compte tenu de la durée de vie d'un immeuble et du caractère inéluctable du très haut
débit, une obligation de pré-câblage des logements neufs, au-delà de la labellisation en cours d'élaboration, permettrait des économies substantielles sur le long terme. Des amendements au projet de loi «
TV du futur » ont été débattus sur le pré-câblage des immeubles neufs et pourraient être repris par la Commission mixte paritaire qui se réunit la semaine prochaine.
- Evaluer l'intérêt de réutiliser les câblages aériens électriques ou téléphoniques préexistants, faciliter la pose de
fourreaux lors des actions de voirie et encourager la réalisation de travaux de génie civil allégés.
Dans les zones où les lignes d'abonnés électriques ou téléphoniques sont encore aériennes (essentiellement les zones rurales), le câblage en aérien est susceptible de grandement réduire les coûts de déploiement de la fibre. D'autre part, les modalités de publicité des autorisations de voirie semblent pouvoir être améliorés afin de mieux répondre aux besoins des opérateurs en terme de génie civil.
Je viens ainsi de confier une mission au Conseil général des technologies de l'information et au Conseil général des ponts et chaussées une mission d'études sur ces sujets. Ces derniers devraient ainsi prochainement auditionner les acteurs concernés, opérateurs télécoms et distributeurs d'électricité notamment.
- promouvoir le très haut
débit pour les entreprises dans le cadre du label «
zones d'activité très haut débit ».
Ce label doit donner une visibilité satisfaisante en matière d'accessibilité au très haut
débit aux entreprises lors de leur décision d'implantation : il pourrait ainsi sanctionner le pré-équipement en fibre des zones d'activité. J'ai mandaté l'
ARCEP pour définir les critères d'éligibilité à un label «
zone d'activité très haut débit » en concertation avec mes services, le ministère de l'équipement, les représentants de collectivités locales et les opérateurs.
Alors que les aménageurs ont la charge de l'équipement des zones d'activité en infrastructures de génie civil (tranchées,
fourreaux), la création d'un tel label stimulerait la concurrence entre zones d'activité et la prise en compte du très haut
débit comme facteur différenciant, réduisant d'autant le besoin de financement public ou d'investissement des opérateurs télécoms. Le groupe de travail de l'
ARCEP en charge de l'élaboration de ce label devrait me remettre ses propositions pour la fin du mois.
- Soutenir l'action des collectivités territoriales en défendant un recours aux fonds structurels pour le financement des infrastructures très haut
débit
Cette proposition fait partie du Mémorandum français pour une Europe numérique que j'ai présenté à nos partenaires européens l'été dernier. Elle vise à multiplier le financement des expérimentations à grande échelle menées par les collectivités locales (comme celle lancée à Pau ou celle prévue par le Conseil Général des Hauts-de-Seine).
Telles sont les principales actions en cours en faveur du très haut
débit auxquelles je vous invite à vous associer activement. Elles permettront à la France, qui est dans le peloton de tête du haut
débit de prendre le virage du très haut
débit dans les meilleures conditions.
Le potentiel formidable des TIC, nous devons le mettre à profit pour notre économie et plus largement celle de l'Europe, dans le cadre de la stratégie de Lisbonne. C'est un gisement de croissance et une source de créations d'emplois que nous devons exploiter.
Je sais pouvoir compter sur l'action déterminée de l'ensemble des acteurs économiques dans les évolutions permanentes de votre secteur.
Vous pouvez compter sur mon entier soutien. Je vous remercie.
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discours intégral