Une journée chez Numericable
Rédigé par Renaud K.
Le câble, comment ça marche ?
Le
câble est une technologie bien différente de l’
ADSL et encore obscure pour beaucoup d’entre vous. Nous allons donc essayer d’éclaircir un peut tout ça.
Les ressemblances avec l’ADSL :
Comme chez tous les opérateurs, nous allons trouver un schéma de maillage du réseau de l’opérateur (
backbone) assez classique. Nous décrirons donc dans ce chapitre, uniquement la partie du réseau qui nous intéresse le plus, à savoir celle située entre le Point de présence de l’opérateur (
POP) et l’abonné.
Raccordement dans les réseaux rénovés en fibre optique :
- Le début de la chaîne est identique jusqu'au NRO. Ensuite, tout change, ou presque. En fait, du NRO jusqu'à l'immeuble de l'abonné, la connexion se fait par fibre optique, sans passer par un CD. En plus de permettre des débits quasi-illimités, la connexion par fibre optique est directe, passive et insensible aux perturbations électromagnétiques, ce qui réduit considérablement les problèmes potentiels.
- En bas de l'immeuble, dans la cave généralement, la fibre optique arrive sur un convertisseur OP<->RF* qui va permettre de diffuser le signal sur le réseau câblé/antenne de l'immeuble. Le dernier bout de câble est donc relié directement à l'abonné sans autre ampli. La longueur maxi de ce dernier segment est d'environ 200 mètres.
Raccordement en fibre + coaxial, avant rénovation :
- Le point d'entrée/sortie de votre connexion câble avec le backbone est situé dans le hub, relié lui-même par fibre optique, au NRO (Noeud de Raccordement Optique).
- Chaque NRO dessert en moyenne 20 000 abonnés. C'est dans les NRO que les données sont traitées (multiplexage, démultiplexage, agrégation ...) de façon à être regroupées en un seul flux sur le backbone et divisées en plusieurs milliers de flux vers la boucle locale câblée.
- Aux NRO sont reliés les CD (Centre de Distribution), toujours par fibre optique. Les CD peuvent desservir environ 8 000 abonnés et servent de points relais entre la connexion fibre optique et la partie câblée.
- C'est à partir de là que tout se complique : tout le reste de la connexion se fait par câble coaxial. Suivant la longueur et la qualité du câble installé, il est nécessaire ou non d'installer des amplificateurs de façon à acheminer le signal jusqu'à l'abonné avec une puissance suffisante. C'est dans ce dernier maillon de la chaîne que les risques de dégradation du signal sont les plus importants. S'il n'y a pas assez d'amplis ou bien qu'un ampli ne fonctionne pas ou mal, l'abonné sera impacté. De plus les amplis sont des éléments actifs, qui nécessitent une alimentation électrique. En cas de défaillance de celle-ci toute la chaîne est rompue.
Les différences entre le câble coaxial la paire de cuivre France Télécom :
Le bout de fil n'est pas du tout le même ! Non, plus sérieusement, le
câble coaxial est nettement moins soumis aux perturbations que la paire de cuivre grace à son blindage et permet ainsi d'utiliser des bandes de fréquences bien plus élevées que la paire de cuivre. Voici une comparaison des bandes de fréquences utilisées :
On peut constater que le potentiel du
câble est sans commune mesure avec celui de la paire de cuivre. Et pour illustrer tout ça, voici un spectre de fréquences
Numéricâble pris sur le vif :
Les fréquences stables (
à gauche) sont des porteuses numériques et analogiques transportant les données du CMTS (
Internet) et du Digital Trunking (
Télévision). La pointe entre les deux blocs correspond aux porteuses numériques supplémentaires du CMTS permettant de transporter et de mettre à disposition des débits de 100 Mbps aux abonnés de
Numéricable qui le souhaitent. Le grand n'importe quoi à droite représente les porteuses correspondant à la vidéo analogique.
Là, le commun des mortels qui a suivi se pose la question suivante :
Bande de fréquences énorme = débit énorme ?
Oui ! Le
câble utilise une technologie de multi-diffusion appellée DVB
(Digital Video Broadcasting) qui envoie en permanence tous les flux vidéos à tous les abonnés, contrairement à la TV par
ADSL où le
DSLAM envoie un seul flux TV à l'abonné.
Sur Numéricâble, chaque abonné reçoit environ 480 Mbps de flux TV en permanence !
En plus, ça ne s'arrête pas là car le
câble multi-diffuse également les flux Internet descendants. En effet les données représentées sur le spectre ci-dessus desservent en réalité 1200 abonnés environ. Chaque modem récupère ensuite les données qui lui sont destinées.
En clair, le
câble coaxial permet des débits supérieurs à 1 Gbps ! Si à l'heure actuelle ces débits sont mutualisés, rien n'empêcherait techniquement
Numéricâble à l'avenir de les mono-diffuser, à condition de dédier un
câble par abonné dans l'immeuble, ou mieux : d'effectuer un raccordement des appartements en fibre optique, de façon à avoir du
FTTH.
Précision technique sur la VOD de Numéricâble (pour les plus curieux !) :
Numéricable a choisi de diffuser sa
VOD via DVB, et non sur
IP comme ça aurait été le plus simple. Le protocole DVB ayant fait longuement ses preuves,
Numéricable l'a préféré au streaming
IP, encore jeune, afin d'offrir une qualité de réception optimale à ses abonnés.
Retour dans le HUB (pour les plus curieux !) :
Comme vous pourrez le constater sur le schéma, la création du spectre DVB est effectuée au HUB par un équipement appelé CMTS. Rien de bien compliqué. On peut également voir que la fibre optique est utilisée uniquement pour ses caractéristiques parfaite de transport du signal mais pas pour sa capacité en
débit car ici, elle ne transporte que (NDLR : c'est déjà bien !) 1 Gbps environ.
Le CMTS et le Digital Trunking sont reliés au
backbone optique. Le CMTS alimente les convertisseurs RF / OP en voie descendante et en voie remontante, pour les données et la voix. Le Digital Trunking recrée les flux vidéos (transpondeurs DVB).
*
RF = Radio fréquences
OP = Optique