Le rapport Olivennes : un danger pour la culture ?
Rédigé par Charles P.
Bénis soient les téléchargeurs
Avec l'arrivée de la mondialisation, tout un chacun s'est pris à rêver d'un monde où toutes les cultures s'échangent sans frontière et sans limite. Alors bien sûr, télécharger illégalement est répréhensible mais quand vous cherchez un disque qui n'est plus édité en France car le catalogue des majors n'est pas actualisé comme il le devrait, que faire ? Que faire quand vous voulez regarder une série en version originale sous-titrée alors que la télévision ne la diffuse qu'en version française ? L'illégalité est, pour l'instant, le seul recours après l'import à prix d'or.
D'ailleurs en parlant de séries,
TF1 et
M6 se seraient-elles intéressées à
Heroes ou
Prison Break si celles-ci n'avaient pas bénéficié d'un gigantesque
buzz grâce au téléchargement ? Ces chaînes devraient remercier les P2P d'avoir fait circuler ces séries jusqu'à leurs écrans et ainsi leur apporter de juteuses recettes publicitaires... Sans compter
les 500 000 ventes du single du générique français, ni le téléchargement des sonneries et autres contenus mobiles qui ont dû remplir beaucoup de porte-monnaies. Donc si l'industrie du disque est en crise, il faut peut-être étudier les critères de qualités des catalogues avant de se ruer sur les téléchargeurs.
Car c'est là que tout se joue. Grâce à ce système planétaire d'échange, chaque personne influe sur la demande, créant un nouveau mode économique dont elle est le centre. En ce sens,
l'idée d'une licence globale permettait de garder le consommateur et ses envies au centre du système. Mais l'avenir se dessine autrement... L'industrie culturelle n'a aucune envie de remettre en question son mode de fonctionnement. Quand un produit lambda ne se vend pas, on dit qu'il n'a pas rencontré son public, mais dès qu'un disque ne se vend pas, le téléchargement est pris pour cible. Il n'est pas question de faire l'apologie du téléchargement illégal, mais le recours systématique à cet argument douteux évite à ces grands groupes de procéder à des réformes dont ils auraient besoin : retrouver des directeurs artistiques dignes de ce nom, trouver un successeur au CD audio (support qui fête ses 25 ans cette année), améliorer les catalogues...
Les téléchargeurs servent donc en même temps de dénicheurs pour les médias et de cibles pour l'industrie culturelle, voilà qui est plutôt paradoxal...