Starzik, une plate-forme musicale indépendante
Dossier rédigé par Stéphane Caruana
Le positionnement de Starzik face à la loi Création et Internet
Selon Jérôme Giachino,
les DRM ont été un problème quasiment dès l'ouverture du site, avec de nombreuses plaintes de clients mécontents de ne pas pouvoir écouter librement les morceaux téléchargés sur leurs différents appareils, pour cause d'incompatibilité.
Starzik a donc fait de
la lutte contre le DRM son cheval de bataille. Ainsi, ils sont les premiers en juin 2006 à proposer
350 000 titres sans DRM et en multi-format. En effet, Jérôme Giachino a bien conscience que ce n'est qu'à ce prix – l'abandon définitif des DRM – que pourra se mener la lutte contre le téléchargement illégal. Les DRM sont «
une hérésie », nous confie-t-il, «
le système depuis le début encourage la fraude ».
Cette prise de position tranchée sur l'utilisation des DRM et sur l'interopérabilité des morceaux musicaux nous a amené à interroger Jérôme Giachino sur
la loi Création et Internet, très attendue des ayants droit et qui devrait être soumise au vote des parlementaires avant la fin de l'année.
Selon lui, la loi n'est pas mauvaise en soi mais peut sembler incomplète. En effet, Jérôme Giachino, opposé à l'affrontement entre majors et consommateurs, est un fervent partisan de l'explication, de l'information. Ainsi, il regrette que le gouvernement n'est pas mis en place
de campagne de communication, comme cela se fait pour la sécurité routière ou le pouvoir d'achat, afin d'expliquer la chaîne de production musicale au grand public.
Néanmoins, le patron de
Starzik ne veut pas faire de l'ensemble des internautes des «
pirates » et reconnaît que les majors, en voulant faire de la musique
un produit de consommation comme les autres et en dévalorisant l'aspect culturel, ont décrédibilisé le secteur. De plus,
en s'attachant désespérément au support CD - très rentable - et
en imposant les DRM, les maisons de disques ont contribué à décourager, au départ, toute personne souhaitant acquérir de la musique dématérialisée en toute légalité.
C'est à cause de ces abus d'hier, qu'
un volet informatif est capital aujourd'hui. Et Jérôme Giachino a bon espoir que, comme au Royaume-Uni où
Universal vient de mettre à disposition son catalogue sans DRM sur la plate-forme
7 Digital (
voir article), une fois
les premiers messages d'avertissement envoyés en France aux internautes coupables de téléchargement illégal, les majors respecteront
leur engagement de supprimer les DRM.
Cependant, il ne cache pas son regret de ne pas avoir, à titre de distributeur indépendant, été consulté au sujet de cette loi.