Starzik, une plate-forme musicale indépendante
Dossier rédigé par Stéphane C.
Quel modèle économique pour l'avenir de l'industrie musicale ?
Chez
Starzik, l'avenir de l'industrie musicale est résolument
sans DRM. Cependant, Jérôme Giachino ne croit pas à la disparition des majors et des chefs de produit.
Il imagine plutôt de multiples modèles économiques qui co-existeraient. Il ne donne pas cher de la distribution traditionnelle actuelle qui vend de moins en moins de CD au profit d'équipement audio et vidéo.
Pour ce qui est du contenu, Giachino croit au développement de différents usages. Ainsi, il existerait un modèle d'achat de musique
« à la carte », tel que
Starzik le propose aujourd'hui, mais également des systèmes
par abonnement, qui pourraient convenir à certains gros consommateurs, mais auxquels le patron grenoblois ne croit pas trop. Enfin,
l'écoute gratuite sur des sites de streaming sera sans doute appelée à s'implanter davantage bien que ce système, qui s'apparente à une écoute radio, ne jouisse pas de l'aspect mobile devenu essentiel aujourd'hui pour les consommateurs de musique dématérialisée.
En ce qui concerne la possibilité pour
les artistes de court-circuiter la chaîne de production musicale traditionnelle grâce à Internet, Jérôme Giachino reste
sceptique. Selon lui, Internet a redonné
du poids aux artistes face aux producteurs, en leur permettant d'être visibles. C'est d'ailleurs ce qu'encourage
Starzik en proposant aux artistes de uploader leurs titres sur
« myStarzikShop » et de vendre ainsi leur musique sur l'ensemble des plate-formes musicales gérées par
Starzik. Néanmoins, il ne s'agit là que d'offrir
une visibilité à ces artistes qui pourra ensuite leur permettre
de se faire repérer par un producteur. Le modèle de vente directe aux consommateurs, sans passer par un intermédiaire, ne semble viable que pour
des artistes à la renommée bien établie, tels que
Radiohead ou
Nine Inch Nails, qui peuvent miser sur leur simple nom pour attirer les internautes.
Pour ce qui est de son secteur - la vente de morceaux ou d'albums « à la carte » - Giachino ne manque pas d'idées afin de séduire les usagers du P2P. Outre la nécessité primordiale
d'abandonner les DRM, le patron de
Starzik aimerait pouvoir adopter
une nouvelle échelle des tarifs, débarrassée de la tyrannique main-mise de
iTunes. En effet, au lieu de pratiquer un prix unique de
0,99 € pour chaque morceau, pourquoi ne pas proposer
les références amorties moins chères (aux alentours de
0,40 €/titre ou
de 4 à 5 €/album), comme cela se pratique déjà pour la vente de CD ?
Cette baisse des prix sur un large spectre de la production musicale permettrait alors de vendre
un peu plus chers les albums de jeunes artistes encore à la conquête d'un public et pour qui des investissements plus lourds sont nécessaires.