TF1 Vision : dans les coulisses d'une plateforme de VoD
Reportage rédigé par Charles P.
Des studios jusqu'à TF1 Vision : parcours des programmes
Il faut savoir que la VoD a complètement modifié le rapport entre éditeurs et ayants-droit. Les lignes de distribution traditionnelle (salles, support vidéo) n'ont pas cours pour la
vidéo à la demande. Par exemple, pour un film donné, il n'y a qu'un seul distributeur pour les salles de cinéma (EuropaCorp Distribution, Gaumont Distribution, Metropolitan Filmexport...) et un seul éditeur pour le support vidéo (Fox Pathé Europa, TF1 Vidéo, Studio Canal...). Dans ce schéma-là, Pascal Lechevallier parle
« d'un guichet pour un distributeur ».
Pour la VoD, les choses se compliquent puisque les studios sont confrontés à une multitude de distributeurs pour la même file d'exploitation.
De ce fait, les studios sont encore frileux devant cette nouvelle forme de distribution plus ouverte que celle en salles ou celle des supports physiques. Mais, le marché aidant, les majors du cinéma ouvrent peu à peu leur catalogue à l'exploitation VoD.
Les studios, par exemple Sony ou Universal, doivent d'abord négocier avec les ayants-droit avant de proposer les oeuvres à cette nouvelle forme de distribution. Une fois un accord trouvé, la plateforme de VoD entre en jeu.
Les négociations entre TF1 Vision et les studios se font généralement sur une partie du catalogue. Ainsi, Sony va pouvoir proposer à TF1 Vision une sélection de 50 à 100 films pour lesquels les ayants-droit ont donné leur accord. Il s'agit le plus souvent d'un assortiment comprenant aussi bien quelques nouveautés que des programmes plus anciens. Pour les séries, le système est différent puisqu'elles sont négociées par saison.
Une fois les programmes sélectionnés, TF1 Vision a accès à ce qu'on appelle un « fichier pivot » du programme. Celui-ci est encodé en MPEG2 à un
débit maximum et envoyé par
SmartJog.
SmartJog (appartenant au groupe TDF) est un réseau de serveurs fonctionnant de la même façon qu'un FTP sécurisé permettant l'acheminement de contenus à travers 65 pays. Cette solution est déjà utilisée par bon nombre d'entreprises françaises produisant du contenu numérique (France Télévisions, AB,
Canal+, Gaumont, Pathé...) et les studios américains commencent à s'y intéresser en délaissant leurs systèmes prioritaires.
Grâce à cette plateforme, TF1 Vision récupère donc les fichiers pivots mis à sa disposition et les achemine vers des laboratoires d'encodage.