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réseau network M2MLe monde industriel est à la veille d’une révolution. Le Machine To Machine et l’Internet des Objets devraient complètement changer notre mode de vie. Imaginez un monde où tous les objets communiqueraient entre eux. Pour que cette réalité digne d’un roman de science-fiction émerge, il fallait un réseau. SIGFOX, une jeune entreprise toulousaine a réalisé ce prodige. Ludovic Le Moan, son PDG, nous a accueilli dans ses nouveaux locaux de la TIC Valley à Toulouse.

La cuve de fuel est bientôt vide. Pas de souci, elle envoie un message à votre fournisseur pour l’avertir. La machine à café du bureau n’a plus de café. Elle peut envoyer un message à l’entreprise qui la gère. Suivre un patient à distance sans qu’il s’en rende compte, des capteurs peuvent transmettre les informations au médecin. Tous ces scénarios ne relèvent pas de l’imagination mais seront notre réalité de demain.

SigfoxLe Machine To Machine (M2M) et l’Internet des Objets (IoT, Internet of Things) sont probablement la nouvelle grande révolution depuis l’arrivée d’Internet. Le M2M englobe les technologies qui permettent à des objets de communiquer par des réseaux filaires ou cellulaires. Cette technologie comprend aussi parfois les liaisons homme-machine. En théorie, tout objet doté d’un microprocesseur pourrait être connecté.

En 2007, on estimait que 750 millions d’appareils susceptibles d’être un jour connectés à destination des logements, des transports et del’industrie ont été produits. Ces chiffres comprennent 300 millions d’applications domestiques (systèmes d’alarme par exemple), 200 millions pour la mesure de l’énergie, 100 millions pour le chauffage et la climatisation et 75 millions pour les véhicules, 50 millions pour des équipements divers et 25 millions pour des terminaux de communication. La mesure de l’énergie (smart metering), les véhicules, les terminaux mobiles et la santé seront les principaux vecteurs pour le marché M2M pour les 5 prochaines années. AT&T et l’entreprise Exmovere ont signé un partenariat pour mettre au point un pyjama de bébé capable d’envoyer des données sur la santé du nourrisson à partir de capteurs.
Dans un futur proche des milliards d’objets pourront communiquer entre eux, être contrôlés à distance ou bien envoyer des informations en temps réel. On estime qu’il existe dans le monde 150 milliards d’objets à connecter.

Machine To MachineSi au départ le M2M s’adresse aux professionnels, 9 applications sur 10 en Europe concernent les consommateurs. Parmi celles-ci, on trouve des solutions de smart metering (relevé des compteurs d’eau, d’électricité), des solutions de suivi de véhicules et des systèmes d’alarmes en Suède, en Finlande, en Italie et aux Pays-Bas. Malgré ces chiffres, les plus grands opérateurs ont montré peu d’intérêt pour le M2M. Vodafone, Telefónica et Deutsche Telekom n’ont réfléchi à aucune stratégie pour s’implanter dans ce domaine.

Quel réseau pour le Machine to Machine

antenne
Qui dit communications dit réseaux. Aujourd’hui, les applications M2M utilisent principalement les réseaux existants 2G, 3G/3G+ mais surtout ceux en 2G en raison de leur couverture, de leur prix et de leur disponibilité. En ce qui concerne Orange, en juin 2012, il a abandonné la norme CSD ( Circuit Switched Data) qui permettait de transmettre des données à faible débit (9,6 Kbit/s) pour les application M2M afin de privilégier les réseaux Edge en mode circuit disposant d’un débit de 14,4 Kbit/s.

Or, avec les réseaux actuels (filaires, GSM) le coût pour faire communiquer les machines reste encore trop élevé pour espérer une démocratisation du M2M. Par conséquent, il reste cantonné à nombre restreint d’applications. SIGFOX un un solution avec deux ans d’avance

SIGFOX
Aujourd’hui, SIGFOX, une entreprise française, dispose d’un réseau dédié au Machine to Machine capable de faire communiquer n’importe quel objet pour un coût très faible. Située dans la TIC Valley de Toulouse, SIGFOX nous a ouvert les portes de ses nouveau locaux. A cette occasion, Ludovic Le Moan, son PDG, nous a présenté sa start-up et nous a livré quelques confidences.

SIGFOX a été créée en 2009 et compte aujourd’hui 25 collaborateurs. Pour permettre aux appareils de communiquer et de recevoir des instructions à distance, SIGFOX a déployé sur toute la France un réseau d’antennes dédié aux communications bas débit. Un des grands atouts de ce réseau est qu’il utilise une bande de fréquences ouverte, peu réglementée et surtout gratuite. En effet, contrairement aux opérateurs de téléphonie qui ont du débourser des centaines de millions d’euros pour acquérir les licences 2G, 3G et 4G, le réseau de SIGFOX ne nécessite aucune autorisation.

Bureau de Sigfox

La jeune start-up va déployer environ 1 000 antennes pour couvrir l’ensemble du territoire pour un coût d’un million d’euros. La technologie utilisée par SIGFOX est très robuste et très fiable. Des tests ont permis de faire communiquer un objet situé à Poitiers à partir d’une antenne située à une distance de 600 km. En outre, les communications passeraient même dans le métro.

Station de base Sigfox

Le faible coût du réseau est aussi en partie dû à ses faibles besoins en énergie. L’émission d’un signal consomme l’énergie d’une simple télécommande à infrarouge soit, 1 000 fois moins qu’un signal GSM. C’est aussi une bonne nouvelle pour les personnes électrosensibles qui verraient d’un mauvaise œil l’apparition de ces nouvelles ondes.
Toutefois, cette technologie a des limites. En effet, avec le très bas débit pas question de téléphoner. Le poids de l’information sera compris entre 10 et 15 octets . « Le SMS est notre maximum » illustre Ludovic Le Moan qui rappelle que le réseau SIGFOX aurait pu venir au secours de celui d’Orange lors de la panne du mois de juillet dernier. D’ailleurs, Ludovic Le Moan nous a confié que SIGFOX était en pourparlers avec Intel pour intégrer sa technologie dans les téléphones mobiles. On imagine qu’en cas de panne géante sur un réseau GSM, le réseau de SIGFOX puisse prendre le relais pour permettre d’envoyer des SMS.

Ludovic Le Moan, PDG de SIGFOX

Mais pour l’heure, SIGFOX vise clairement le Machine To Machine. Grâce à un modem compris entre 5 € et 15 € et un abonnement variant de 1€ à 9 € selon le parc de machines à faire communiquer. Avec sa technologie, SIGFOX permet jusqu’à dix communications par jour en émission et en réception pour le modem de base mais peut monter jusqu’à 10 000 échanges avec d’autres modems. Dès la rentrée, Clear Channel utilisera cette technologie pour prendre le contrôle de ses panneaux d’affichage. La solution de SIGFOX conviendrait aussi à Météo France qui pourrait mailler tout le territoire avec ses capteurs pour un coût acceptable.

Prototype modem SIGFOX

Selon le PDG de la jeune entreprise toulousaine, elle dispose de deux ans d’avance dans ce domaine et pour se protéger elle a déjà déposé une vingtaine de brevets. En outre, confiant dans sa technologie, Ludovic Le Moan assure que SIGFOX possède la capacité de faire face à une montée en volume rapide.

Actuellement, SIGFOX génère déjà deux millions d’euros de chiffre d’affaires et base son business modèle sur un service. « Nous fournissons des tuyaux » rappelle Ludovic Le Moan expliquant au passage que SIGFOX ne récolte pas de données.

Pour devenir réalité, le Machine To Machine avait besoin d’un réseau fiable et peu coûteux. SIGFOX l’a créé. Le porte clé GPS, la machine à café, les compteurs d’eau et d’électricité communicants devraient rapidement faire leur apparition. L’Europe est la zone la plus en avance en matière de Machine To Machine et Toulouse pourrait bien en être la capitale.

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