A 14:42 dans Musique

« Il faut que le piratage devienne coûteux et compliqué »

26
OCT
2007
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Denis Olivennes à la Fnac
A quelques jours de la remise de ses conclusions au Ministère de la Culture, Denis Olivennes s’est exprimé sur les premières analyses de sa mission.

Le 5 septembre dernier, les Ministres de l’Economie et de la Culture ont confié à Denis Olivennes, PDG de la Fnac, la délicate mission de réfléchir à des solutions pour lutter contre le téléchargement illégal d’oeuvres protégées. Après deux mois de réflexions sur les différentes pistes à suivre, il a livré hier quelques indices sur les moyens à mettre en place.

La bonne nouvelle est la suppression des DRM qui sont « un vrai frein à la consommation ». En effet, le système des DRM transforme l’achat d’une oeuvre en un simple droit d’utilisation aux règles restrictives (incomptabilité sur plusieurs supports, limitations techniques…) . Espérons que tous les acteurs du milieu culturel suivent cette perspective.

Dans le domaine du cinéma, Denis Olivennes pense qu’il faudrait « raccourcir très sérieusement le moment où les films sont disponibles sur Internet. Le délai actuel, de sept mois et demi après la sortie en salles, ouvre une fenêtre bien longue pour le piratage. » Voilà donc une autre piste prometteuse qui viserait à libérer l’offre en fonction de la demande.

Denis Olivennes à la FnacSur le plan de la répression, le schéma de la graduation des sanctions se profile de plus en plus : « Il reste ce qu’on appelle la riposte graduée : un avertissement, puis deux, puis une sanction. Elle commence à donner de bons résultats outre-Atlantique : 70 % des internautes qui reçoivent un avertissement cessent de télécharger illégalement. » Mais la piste des radars s’efface pour des raisons de liberté individuelle : « La technique des radars, avec des points de contrôle automatisés, comme sur la route, pose de gros problèmes d’atteinte aux libertés individuelles dans la détection les infractions. Techniquement possible mais politiquement délicat. »

Le PDG de la Fnac résume très bien sa position : « Il faut que le piratage devienne coûteux et si possible compliqué. Et la consommation légale plus simple et moins chère. » Mais il espère que le document qu’il rendra à la Ministre de la Culture ne sera pas un rapport « mais bien un accord de l’ensemble des parties : ayants droit, pouvoirs publics et fournisseurs d’accès à Internet. »

stop-signA tout cela on ne peut que répondre : Radiohead ! Plus loin que la réflexion de Denis Olivennes, le groupe de rock britannique a poussé jusqu’à l’expérimentation suivante : proposer son album directement en ligne, dont le prix sera fixé par l’internaute au moment de l’achat (le site est ici). Résultat : 60 % des téléchargements depuis le site du groupe auraient donné lieu à un paiement de 6 euros en moyenne.

Radiohead aurait empoché 10 millions de dollars en quelques jours. Un joli pactole qu’il n’a à partager ni avec EMI, l’ancienne maison de disque du groupe, ni avec Virgin… ni même avec la Fnac !

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