Partager cette actu sur :

Logo de la FIRIPLa FIRIP a émis des propositions dans le carde de la préparation de la feuille de route. La Fédération des Industriels des Réseaux d’Initiative Publique se montre satisfaite des premières pistes dévoilées mais souhaite que le plan soit plus précis concernant les modalités de déploiement, les zones AMII ou l’extinction du cuivre.

Les premiers avis concernant le projet de feuille de route de la Mission Très Haut Débit apparaissent. Celui émis par la FIRIP, fédération formée il y a moins de deux mois, relève plusieurs points d’importance et comprend des propositions intéressantes.

La Fédération des Industriels des Réseaux d’Initative Publique a pour but de faire entendre la voix des nombreux acteurs qui interviennent sur les RIP. Après lecture du projet de feuille de route, Etienne Dugas, président de la fédération, saisit sa plume pour émettre plusieurs propositions.

Des questions encore sans réponse

Selon la fédération, le plan de déploiement « doit être neutre technologiquement et n’exclure aucune solution technique, même transitoire, par rapport à l’objectif-cible de la fibre optique pour tous ». On pense bien sûr à la montée en débit sur cuivre, aux technologies hertziennes ou satellitaires mais la FIRIP pense également au câble, qui a été un peu oublié dans le projet de feuille de route au profit du FTTH. Pour la fédération, il faut « faire une place à part entière aux réseaux câblés qui, d’ores et déjà, concernent plus de 9 millions de foyers en France. »

Concernant le déploiement du FTTH, Etienne Dugas estime que, pour atteindre l’objectif fixé il faut un calendrier opérationnel clair. Or, le projet dévoilé manque encore de précisions sur « les modes opératoires, intermédiaires et définitifs, pour atteindre le FTTH. » En outre, la FIRIP souhaite une meilleure répartition des rôles entre acteurs publics et privés dans le déploiement et l’exploitation des réseaux.

Fibre optiqueLa fédération émet ainsi deux propositions : la reconnaissance de la capacité et de la légitimité des collectivités locales à intervenir dans le cadre de projets intégrés et l’obligation pour les opérateur nationaux et FAI d’utiliser les RIP dans les zones où ils ne prévoient pas de déploiement effectif. Ces deux propositions permettraient de sécuriser la position des réseaux d’initiative publique.

Pour ce qui est des étapes transitoires, comme la montée en débit sur cuivre, la FIRIP estime qu’il faut en revoir les conditions techniques, financières et réglementaires. Pour la fédération, le coût de cette montée en débit ne peut pas être supporté par les collectivités territoriales : « Il n’est pas envisageable de les faire participer à deux reprises aux financements de réseaux : une première fois dans la mise en place de NRA-MED et une seconde fois dans la réalisation de réseaux FTTH. » Etienne Dugas insiste également sur le fait que les investissements des collectivités sur la montée en débit sur cuivre sont réalisés à fonds perdus et émet l’idée de « publiciser » le dernier segment de la boucle locale cuivre. L’opérateur historique devrait apprécier cette proposition.

Donner de l’élan à la fibre et préparer l’extinction du cuivre

Si la fédération voit ce projet de feuille de route d’un bon œil, elle estime qu’il faut encore progresser pour la rendre opérationnelle. Plusieurs propositions vont ainsi dans ce sens :

  • utiliser la fibre optique dans la collecte et le raccordement de sites techniques dans le cadre de réseaux de capteurs : eau, assainissement, transports, gestion des risques naturels…
  • Impliquer des acteurs privés (en plus des collectivités et opérateurs) au sein d’un comité de suivi et d’élaboration permanent du déploiement du THD
  • Mieux définir les engagements d’investissement des opérateurs dans les zones AMII : délai ramené à 3 ans, pénalités de retard…
  • Donner l’autorité nécessaire à la structure en charge de la mise en œuvre de la feuille de route pour une action efficace auprès de l’ensemble des acteurs
  • Relancer le fonctionnement du « Comité des Réseaux d’Initiative Publique » dans le cadre de l’attribution des subventions au titre du FSN

travaux fibre optiqueIl est également important pour la fédération que les référentiels techniques, juridiques et financiers existants servent de point d’appui. Sur le plan technique, la FIRIP propose que le Comité d’Experts de l’ARCEP travaille en collaboration avec le collectif RFC (Référentiels Fibre Communs) et les groupes de travail Objectif Fibre et Interop’fibre. Ceci permettrait de répondre aux attentes des acteurs en matière de « normalisation et de standardisation de règles d’ingénierie et de mode d’accès aux réseaux FTTH. »

Pour ce qui est du volet financier, la FIRIP revient sur la nécessité d’établir une échéance précise pour l’extinction du cuivre. Ce basculement du cuivre vers le FTTH permettrait de sécuriser les investissements des différents acteurs. En outre, la fédération estime que le vote d’une loi de programmation budgétaire relative au très haut débit serait un signal fort de l’implication du gouvernement.

En résumé, la FIRIP se montre satisfaite par les pistes choisies par la Mission Très Haut Débit : « L’ambition et la cohérence de ce projet sont à souligner. » Pour les acteurs de la fédération, les bonnes bases sont posées mais il reste encore plusieurs modalités à préciser rapidement aussi bien sur les calendriers, les modes de financement que sur la répartition des rôles entre public et privé. Gageons que la Mission dirigée par Antoine Darodes entende ces appels et réponde à ces interrogations lors de l’établissement final de la feuille de route.

FacebookTwitterGoogle+

FacebookTwitterGoogle+

Articles en relation