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Over the Top - le bras de ferL’une des nouvelles fonctionnalités de la Freebox devrait faire naître un vaste débat sur la publicité en ligne et sur le rôle des fournisseurs d’accès à Internet dans le contenu qu’ils véhiculent. Free a en effet doté son Freebox Server d’un bloqueur de publicités activé par défaut. Le bras de fer entre Free et Google sème la panique !

L’affaire fait grand bruit : Free a doté sa Freebox d’un service de blocage de publicités. Ce bloqueur empêche l’affichage des publicités sur les sites Internet par défaut alors qu’il est seulement en version bêta. En outre, aucune configuration n’est possible. Les Freenautes se retrouvent donc avec un AdBlock directement implémenté dans la box sans qu’ils aient demandé quoi que ce soit. De son côté, Free reste muet sur ses intentions. La toile panique !

Les sites d’information affolés !

L’arrivée de ce service a provoqué une levée de boucliers de nombreux sites d’informations dont le business modèle est basé sur l’affichage publicitaire. Pourtant, toutes les régies ne sont pas visées. Il semble que Google soit la cible privilégiée de cette initiative puisque les régies DoubleClick, AdMob et AdWords sont massivement filtrées. Le service de statistiques Google Analytics était également touché par le bloqueur mais il semble que Free ait changé quelques paramètres de filtrage cette nuit et Analytics est à nouveau accessible.

Cette initiative pose plusieurs problèmes du côté des internautes. Le fait que le blocage se fasse par défaut est le premier élément gênant. Nombreux sont les abonnés qui ne vont pas forcément savoir d’où vient cette action sur l’affichage publicitaire et encore moins fouiner dans l’interface d’administration pour chercher à désactiver le blocage.

Ordinateur Femme canapéIl faut donc s’attendre à ce qu’une bonne partie du parc de Freenautes disposant d’un Freebox Server reste avec le bloqueur activé par défaut. Dès lors, de nombreux sites pourraient voir les revenus liés aux régies publicitaires de Google se réduire de façon notable. Sans crier au drame, cela pourrait mettre en danger plusieurs sites d’informations dont les recettes publicitaires sont la principale ressource.

La question de l’influence d’un fournisseur d’accès à Internet sur le business modèle du secteur de la publicité en ligne est donc posée. Fleur Pellerin n’a pas tardé à réagir en déclarant qu’elle souhaitait que le blocage des pubs soit désactivé par défaut. La ministre déléguée à l’Economie numérique a ajouté qu’une réunion aurait lieu lundi entre les dirigeants de Free et les éditeurs de sites pour avancer sur ce dossier. Il faut espérer que Google soit présent à la table puisqu’il semble être directement visé par cette mesure.

Le Freenaute au centre de la guerre entre Free et Google ?

La méthode utilisée par Free est discutable et les raisons de ce filtrage sont encore obscures. Ce service de blocage, qui agit principalement sur les services de Google, apparaît en pleine période de tension entre le FAI et le géant américain.

Nos confrères de PC INpact ont d’ailleurs remarqué que la Freebox bloquait les publicités sur YouTube mais pas sur Dailymotion ou d’autres services vidéos. Google serait donc directement visée par Free.

Tout porterait à croire que ce blocage soit utilisé comme un moyen de faire pression sur le géant de la recherche. Quel serait le but de la manœuvre ? Se montrer plus offensif pour avancer sur le dossier YouTube ? Peu probable, l’enjeu d’une telle initiative doit être plus grand.


Free est certainement en train de faire une démonstration de force face à Google. Depuis plusieurs mois, les opérateurs s’opposent aux acteurs dits Over The Top, dont Google fait partie, qui profitent de la puissance des réseaux pour mettre en place des services très rentables. Les opérateurs souhaitent que ces acteurs participent au financement des réseaux mais la discussion est difficile.
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Ce blocage serait donc une opération coup de poing destinée à montrer l’impact que peut avoir le FAI sur les revenus dégagés par Google. La perte de recette pour les sites concernés serait un dommage collatéral de ce duel.

Si tel est le cas, il aurait été bon pour Free de communiquer sur ses intentions aussi bien auprès de ses abonnés que vers les acteurs français du net afin de consolider cet élan au lieu de s’attirer les foudres de la communauté et des sites visés.

Un peu de pratique pour ceux qui veulent passer outre le filtrage

Pour ceux qui veulent rester hors de la lutte entre Free et Google, il suffit de désactiver via la console d’administration. Il s’agit en fait d’un filtrage basé sur le DNS (Domain Name System). Pour faire court, chaque nom de domaine est associé à une adresse IP. Un serveur DNS permet de traduire le nom domaine, au hasard www.degroupnews.com, en adresse IP, soit 46.105.114.216, pour que votre navigateur puisse aller sur le site.

planète terre golbalisation internet le monde globeCertains opérateurs prennent quelques libertés avec cette traduction. Ainsi, nous avions eu le cas d’Alice qui redirigeait vers des pages de liens quand on tapait un nom de domaine qui n’existait pas au lieu d’afficher un message d’erreur. Orange s’était aussi illustré en 2009 en modifiant le circuit d’acheminement des vidéos Youtube en partie grâce à ses serveurs DNS.

Pour éviter que votre fournisseur d’accès influence sur la façon dont vous surfez, vous pouvez utiliser d’autres serveurs DNS que ceux de votre FAI. Il suffit d’aller dans l’interface d’administration de votre box et de modifier les champs nécessaires à savoir « DNS Primaire » et « DNS Secondaire ». Par défaut, la box utilise les serveurs du FAI, mais vous pouvez opter pour ceux de Google ou de FDN, entre autres.

En modifiant les paramètres DNS du Freebox Server, le bloqueur de publicités n’arrive plus à identifier ce qui est de la pub provenant des régies Google ou non. Du coup, votre navigation Internet est à nouveau totalement transparente. Il reste maintenant à savoir si ce coup d’éclat de Free est temporaire ou si cette fonctionnalité est là pour durer.

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