A 14:10 dans Fibre optique, Orange

Le déploiement de la fibre optique ne passera pas par une extinction forcée du cuivre

23
FEV
2015
Partager cette actu sur :

Le 19 février dernier, Paul Champsaur, président de l’Autorité de la statistique publique, remettait à Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique et Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat au numérique, son rapport sur l’accompagnement de la transition du réseau téléphonique de cuivre vers les réseaux très haut débit en fibre optique. Commandé en 2013, ce rapport préconise un basculement progressif.

FacebookTwitter

Actuellement classée au 25ème rang mondial des pays possédant des clients équipés d'une connexion en fibre optique, la France veut atteindre un objectif de couverture de 50% de sa population couverte en très haut débit en 2017 et de 100% en 2022. Pour atteindre cet objectif, 10 milliards d'euros seront alloués. Malgré les moyens mis en œuvre, la transition vers le très haut débit est ralentie par des incertitudes liées au rythme des déploiements et par la réticence des abonnés à basculer d'une offre ADSL à une offre fibre. Pour faciliter et accélérer cette transition la mission Champsaur préconise des mesures fortes.

  • Développer les compétences en vue de de créer des emplois
  • Homogénéiser les techniques utilisées pour le déploiement de la fibre optique (on sait que Free est plus enclin à utiliser l'architecture PON alors qu'Orange et SFR privilégient l’architecture GPON)
  • Homogénéiser les offres de gros
  • Donner une meilleure visibilité sur les évolutions futures des tarifs réglementés, en particulier les tarifs d'accès au génie civil aux paires de cuivres d'Orange.
  • Communiquer auprès du grand public notamment en ce qui concerne les usages spécifiques au très haut débit.

Vers la création des "zones fibrées"

Pour la mission Champsaur, le point crucial du déploiement très haut débit réside dans la basculement du cuivre vers la fibre optique. Pour elle cette transition doit être soutenue par des mesures de politique publique. Toutefois, pour la mission, l’incitation à la migration ne pourra se faire que dans des zones ou cela est possible et souhaitable. "Pour ces zones, la mission recommande la création d’un statut spécifique « zone fibrée » permettant de reconnaitre que le réseau de nouvelle génération a atteint les prérequis pour devenir le réseau de référence." En obtenant ce statut la collectivité locale ou la commune bénéficierait de mesures incitatives à la migration.

Cette seconde étape prévoit  donc l'extinction du cuivre sur la décision d'Orange et dans un cadre réglementé. La mission stipule que les abonnés récalcitrants feront l'objet d'une "migration forcée" accompagnée de mesures d'accompagnement.

Pas de programmation de l'extinction du cuivre

Alors que certains réclament une extinction forcée du cuivre pour accélérer le déploiement de la fibre optique, la mission Champsaur a estimé qu'en l'état actuel des choses, cet instrument n'était pas adapté à la conduite de la transition vers le très haut débit. "Une telle extinction nécessiterait au préalable de migrer la totalité des applications supportées vers le tout IP, ce qui soulève des problématiques techniques et financières. En outre, une extinction programmée pourrait être coûteuse du fait de la nécessité d’indemniser ou d’accompagner les parties prenantes qui ne la souhaiteraient pas. Enfin, elle présenterait des risques en ce qui concerne le maintien de la dynamique concurrentielle actuellement observée dans le secteur." Ainsi, c'est donc Orange qui décidera d'éteindre son réseau cuivre.

L'exemple de Palaiseau a servi de leçon

En 2013, Orange a voulu faire un essai en éteignant le réseau cuivre de la ville de Palaiseau toutefois, il s'est heurté à ses concurrents , SFR, Bouygues Telecom et Free qui lui ont rappelé qu'ils disposaient d'un délai de 5 ans pour louer le réseau cuivre et qu'il ne pouvait les contraindre à basculer sur de la fibre.

Le cadre fixé par la mission Champsaur reste très souple et prévoit donc un calendrier de déploiement étalé dans le temps. En décidant de ne pas fixer un calendrier de l'extinction du cuivre, la mission permet à Orange et à l'Etat de profiter de la rente du cuivre. la location des lignes de cuivre rapporte chaque année environ 500 millions d'euros à Orange. Toutefois, pour le moment, l'opérateur historique est celui qui a le plus investi dans la fibre optique et pourrait bien remplacer la rente du cuivre par celle de la fibre optique en louant ses infrastructures.

 

FacebookTwitter

Articles en relation

comments powered by Disqus