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Enfants danger internetPour Fleur Pellerin, ministre en charge de l’économie numérique, les incartades répétées des opérateurs Internet au principe de neutralité du net sont justifiées par les profits réalisés par les grandes compagnies américaines telles que Google ou Facebook. La garantie d’un accès égal à Internet pour tous est quant à elle repoussée à un séminaire intergouvernemental en février prochain.

Le coup d’éclat de Free contre Google semble avoir porté ses fruits. Le trublion du net a en effet installé par défaut au début du mois un bloqueur de publicité sur ses Freebox Server, empêchant les régies publicitaires de Google d’atteindre ses abonnés.

Si beaucoup se sont laissés séduire par cette histoire à la David et Goliath, certains ont tout de même sonné l’alarme du non-respect du principe de neutralité du net. Or, Free n’en est pas à son coup d’essai. Une enquête de l’ARCEP est actuellement en cours pour savoir si l’opérateur a volontairement réduit le débit de ses internautes lorsque ceux-ci tentaient de visionner une vidéo sur YouTube.

Néanmoins, Free n’est pas le seul à prendre quelques libertés avec la neutralité du net. Il y a quelques mois, c’est Orange qui était accusé de brider les connexions de ses abonnés à Megaupload.

Cable EthernetOn aurait pu penser que lors de la table ronde organisée en début de semaine autour de la neutralité du net, Fleur Pellerin, ministre en charge de l’économie numérique, aurait fait entendre son hostilité face à de tels comportements, qui mettent à mal le principe selon lequel les opérateurs doivent acheminer les contenus vers les abonnés sans aucune discrimination envers la nature de ces contenus.

Or la ministre semble plutôt s’être laissée séduire par la complainte des opérateurs hexagonaux qui assurent ne pas pouvoir maintenir l’efficacité de leurs infrastructures et réclament une participation financière des grands diffuseurs de contenus du net. Ainsi, la ministre a estimé que « Seuls les géants d’Internet parviennent à s’abstraire de toute facturation et à l’évidence, ce n’est pas juste ni justifié. […] Pour financer les réseaux, mieux vaut faire payer les géants du Net extra-européens que de laisser la facture aux seuls internautes français. […] La situation actuelle ne peut qu’inciter les opérateurs télécoms à mettre en place des techniques de gestion de trafic ou à instaurer cet Internet à deux vitesses que nous voulons éviter. ».

Le Capital Karl MarxAux yeux de Fleur Pellerin, la compétition économique semble donc justifier toutes les attitudes et tous les dérapages. La ministre semble d’ailleurs n’avoir que faire de la neutralité du net puisqu’elle s’en remet au Conseil national du numérique et aux ministères de la Justice et de l’Intérieur pour trancher cette question. Au final, c’est Free qui aurait eu tort de se priver.

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