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jeunes heureux avec leur smartphone téléphone happyDans les colonnes de Challenges, Nicolas Laederich, directeur juridique chez Orange, dénonce la condamnation prononcée par l’Autorité de la concurrence à l’encontre de l’opérateur et de SFR. Il estime en effet que les offres d’appels illimités on net ont permis de libérer la téléphonie mobile et qu’elles ont été favorables à Bouygues Telecom.

Suite à l’annonce de la condamnation par l’Autorité de la concurrence de SFR et Orange à verser une amende de 183 millions d’euros pour pratiques anticoncurrentielles, le premier opérateur mobile français a annoncé son intention de faire appel.

Dans une interview accordée à Challenges, Nicolas Laederich, le monsieur concurrence d’Orange, dénonce une décision absurde. En effet, selon lui, les offres d’appels illimitées on-net pratiquées entre 2005 et 2008 ne contrevenaient pas aux règles de la libre concurrence mais auraient au contraire permis de libérer la téléphonie mobile.

Face à Bouygues Telecom qui s’estime lésé par ces pratiques, Nicolas Laederich déclare qu’ « en concentrant les appels aux proches qu’on appelle le plus vers les trois numéros illimités, l’offre préserve les forfaits vers les appels des clients d’autres opérateurs, donc [que] Bouygues a bénéficié des appels vers son réseau […] Or grâce aux appels illimités vers trois numéros Orange, les clients conservaient 100% de leur forfait pour appeler des numéros SFR ou Bouygues ».

Jeunes MobileCette explication évacue cependant un peu rapidement la notion d’effet « club » reprochée par l’Autorité de la concurrence. Nicolas Laederich semble d’ailleurs balayer d’un revers de main cet argument : « pour leur abonnement personnel, les gens d’une même famille choisissent naturellement le même opérateur, avec ou sans offres “trois numéros illimités” ! Ce que vous appelez l’effet tribu serait avéré si on avait des offres illimitées sur les 25 millions de clients Orange ! Mais lorsqu’il s’agit de seulement de trois numéros, le recrutement de la tribu se fait naturellement, au sein de la famille, avec ou sans offre ».

Or, c’est bien cet effet « club » qui s’avère le plus préjudiciable à la concurrence, les abonnés étant amenés à choisir un opérateur en fonction de celui de leurs proches. Si le mouvement peut être considéré comme naturel, ou allant de soi, parmi les membres d’une même famille, de telles offres incitent amis et collègues de travail à faire de même. C’est d’ailleurs pour cela que France Télécom et Orange Caraïbes avaient été condamnés en 2009.

Homme en colère Mobile Au final, si l’argumentation de Nicolas Laederich peut s’avérer convaincante lorsqu’il évoque les bénéfices que Bouygues Telecom a pu tirer de la situation grâce à un versement avantageux des terminaisons d’appels, elle perd en efficacité lorsque ce dernier tente de minimiser l’impact de l’effet « club ». La tension entre opérateurs mobiles n’est donc pas prête de retomber.

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