A 14:32 dans Internet, Téléphonie

Le Troll de la semaine : l’UFC-Que Choisir et le sens des mots

20
NOV
2009
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Maître CapelloCette semaine, notre troll joue les linguistes. L’UFC-Que Choisir s’indigne, à juste titre, des dérives langagières du marketing et enfourche son blanc destrier pour faire cesser l’emploi erroné des termes « illimité » et « Internet ». Un combat perdu d’avance ?

Durant la semaine, la révélation de factures rocambolesques issues de l’usage de clés 3G+ d’Orange Mobile a mis en lumière le manque de clarté entourant les offres d’Internet mobile.

Malgré les efforts de l’opérateur pour minimiser l’incident, tout le monde – ou presque – a donné son avis sur la question, jusqu’au président de l’ARCEP, Jean-Ludovic Silicani, qui s’est montré extrêmement ferme à l’encontre de ces dérapages tarifaires.

logo ufc que choisirDans ce contexte, il n’est pas étonnant de voir l’UFC-Que Choisir, en tant qu’association de défense des consommateurs, se saisir du sujet. De manière tout à fait compréhensible, celle-ci crie évidemment au scandale devant de telles dérives mais pousse également la réflexion un peu plus loin.

Pour l’association, il ne suffit pas d’encadrer les offres proposées aux utilisateurs, il convient aussi de changer les termes utilisés. Ainsi, l’UFC-Que Choisir semble découvrir que la publicité n’est pas le reflet de la réalité et demande à ce que les mots « illimité » et « Internet » ne soient plus employés pour désigner des forfaits clé 3G.

En ce qui concerne l’emploi d’ « illimité », les opérateurs répondront certainement que si les volumes sont soumis à un plafond, les offres sont effectivement illimitées dans le temps. C’est sans aucun doute un raccourci de langage qui prête à confusion, mais ce n’est pas un mensonge à proprement parler.

De plus, les consommateurs sont de moins en moins dupes de l’emploi de cet adjectif qui s’est généralisé en téléphonie mobile et qui se révèle à chaque fois assorti d’une clause de fair-use qui limite invariablement l’utilisation du service présenté comme illimité.

Troll

Quant à l’emploi du terme « Internet », l’UFC-Que Choisir se frotte là à des difficultés bien plus grandes. L’association déplore que le nom du réseau « Internet » soit utilisé pour désigner les usages qui peuvent être faits de ce réseau (web, mails, newsgroups …). Les usages en 3G étant particulièrement restreints, l’UFC-Que Choisir souhaite qu’un mot différent soit employé.

Or, on se heurte là à un problème culturel qui dépasse le cadre du marketing. Lorsque l’usage d’un terme s’est imposé dans la société, il est impossible de décréter la fin de son utilisation. Jacques Toubon l’a appris à ses dépens, personne n’ayant naturellement recours à « courriel » plutôt qu’à « e-mail » pour désigner un courrier électronique.

En outre, cette utilisation du contenant (Internet) pour désigner les contenus (web, mails, newsgroups …) est une des formes d’une figure de style bien ancrée dans la langue française : la métonymie. On désigne ici le tout pour la partie. C’est équivalent aux expressions « boire un verre » ou « posséder un Picasso ».

Carcasse boucherie boeuf
On ne boit pas réellement le verre et on n’accroche pas la dépouille d’un des membres de la famille Picasso à son mur, pas plus qu’on ne surfe sur la toile. L’UFC-Que Choisir est-elle armée pour livrer cette bataille contre la langue française ?

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