C'est le chantier invisible mais colossal des télécoms françaises pour cette année 2026 : l'extinction définitive du réseau 2G, avant celui de la 3G. Tout le monde ne parle que de la fin de l'ADSL. Et pourtant, l'urgence, c'est bel et bien la fermeture de la 2G qui vit ces des dernières heures.
Et pour cause : L’Arcep vient de publier la quatrième édition de son observatoire des cartes SIM 2G et 3G. Le constat du régulateur est limpide : le rythme de migration s'accélère, mais le temps presse. La baisse doit encore s'intensifier sous peine de voir des millions de terminaux et d'objets connectés purement et simplement inutilisables d'ici décembre.
Cartes 2G : une baisse significative mais insuffisante
Le premier trimestre 2026 a marqué un coup d'accélérateur net. Au total, 688000 cartes SIM exclusivement dépendantes de la 2G ou de la 3G ont cessé de fonctionné, contre seulement 394000 le trimestre précédent. La baisse est particulièrement marquée sur la 2G, qui représente 60 % de la baisse globale au premier trimestre.
C'est le secteur du Machine-to-Machine (MtoM), à savoir les objets connectés autres que les smartphones, qui mène la danse avec une chute de 21,5 % de son parc 2G en trois mois.
Le problème ? Il reste encore 4,5 millions de cartes SIM coincées sur ces vieilles technologies à la fin mars 2026, dont 2 millions qui dépendent exclusivement de la 2G. Cela représente 1,5 % du parc grand public voix/SMS, et encore 3 % du parc MtoM.
Dès lors, une conclusion s'impose : à ce rythme, vider complètement le parc d'ici la fin de l'année 2026 relève du tour de force.
Pourquoi la rentrée 2026 va être critique
L'extinction de la 2G et de la 3G, dont l'objectif est de libérer des fréquences pour améliorer la couverture mobile 4G/5G, n'est pas une perspective lointaine. Elle a même déjà commencé. Mais le calendrier n'est pas le même selon les opérateurs.
L'urgence absolue : le calendrier de la fin de la 2G
Chez Orange, la fin de la 2G a déjà commencé, avec une extinction dans sept départements du sud ouest il y a quelques jours. Quant à la fermeture définitive de son réseau 2G au niveau national, elle interviendra entre le 22 septembre et le 20 octobre 2026. Par ricochet, les abonnés Free Mobile qui utilisent la 2G sont aussi concernés, car l'opérateur loue les infrastructures 2G d'Orange, via un contrat d'itinérance.
Et chez SFR et Bouygues Telecom ? Les deux opérateurs laissent un sursis de quelques semaines à peine à leurs clients. Ils ont acté l'extinction de la 2G à la fin de l'année 2026.
Encore un peu de répit pour la fin de la 3G
Et une fois que la 2G appartiendra au passé, il faudra enchaîner avec l'extinction de la 3G. Les terminaux uniquement compatibles 3G perdront alors à leur tour toute connectivité. Mais les opérateurs offrent quand même un peu de répit aux abonnés concernés. Car la fin de la 3G est prévue :
- à partir de fin 2028 chez Orange
- fin 2028 chez SFR
- fin 2029 chez Bouygues Telecom
Quant à Free Mobile, il n'a pas encore annoncé de date de fin pour son réseau 3G. Mais l'effet domino des autres opérateurs va fatalement le contraindre à accélérer le mouvement.
Fin de la 2G/3G : quel impact sur les objets connectés M2M ?
Si le parc grand public, à savoir les fameux feature phones ou téléphones à clapet des seniors, fond progressivement, la véritable complexité structurelle de l'extinction de la 2G/3G concerne le MtoM (Machine-to-Machine).
Derrière ces cartes SIM 2G/3G actives en MtoM se cachent des infrastructures critiques : vieux ascenseurs connectés, systèmes d'alarme résidentiels ou industriels, boîtiers de téléassistance pour personnes vulnérables, ou encore systèmes de géolocalisation et autres boîtiers de secours embarqués dans des flottes automobiles.
Pour les opérateurs, l'enjeu est double : libérer ces fréquences ancestrales pour redistribuer le spectre au profit de la 4G et de la 5G, plus efficientes et moins énergivores, tout en évitant un black-out technique chez les clients professionnels pas assez prévoyants.
La deadline est désormais gravée dans le marbre : dans moins de six mois, la France débranchera définitivement la technologie 2G qui a démocratisé le mobile dans les années 90. Les retardataires sont prévenus, il ne reste plus que quelques semaines pour migrer.
Maxime Blondet
Responsable éditorial DegroupTest