Panne Orange près de Cholet : un incendie coupe le fixe ET le mobile de 2 000 foyers, voici pourquoi

Un incendie dans un central téléphonique près de Cholet prive environ 2 000 foyers de réseaux fixe et mobile depuis le =4 juin 2026. Si la 4G/5G tombe en même temps que la fibre, c'est que ce central achemine aussi la liaison optique qui relie les antennes mobiles au réseau Orange.

Vue aérienne d'un central mobile Orange sur remorque et d'un groupe électrogène stationnés près d'un NRA incendié.

À retenir

  • Incendie au central téléphonique du May-sur-Èvre le 4 juin 2026, privant 2 000 foyers de réseaux fixe et mobile.
  • La panne affecte les abonnés fixes de tous les opérateurs raccordés à ce central.
  • Les liaisons fibre des antennes 4G/5G du secteur sont également HS
  • Un central de secours permet de rétablir le réseau provisoirement
  • Retour à la normale prévu dans la semaine

Parti des batteries d'alimentation, l'incendie a touché les équipements de ce nœud de raccordement, le local technique où convergent les lignes ADSL et fibre du secteur. Depuis, les techniciens sont à pied d'œuvre, avec un retour à la normale attendu dans la semaine. Voici pourquoi une seule panne a fait tomber deux réseaux à la fois.

Ce que l'on sait de la panne au May-sur-Èvre

L'incendie s'est déclaré le jeudi 4 juin 2026 vers 12 h 40 dans le central téléphonique d'Orange du May-sur-Èvre, à quelques kilomètres de Cholet, dans le Maine-et-Loire. La cause est désormais actée : un départ de feu accidentel, sans aucun caractère criminel, sur les batteries d'alimentation du site, censées prendre le relais en cas de coupure de courant. 

Bilan : près de 2 000 clients privés d'Internet, de téléphonie fixe, de télévision et, pour les abonnés Orange, de réseau mobile. La panne ne s'arrête pas au May-sur-Èvre : les communes voisines de Jallais et Beaupréau (Beaupréau-en-Mauges) sont aussi touchées. 

Sur le fixe, ce sont les abonnés de tous les opérateurs raccordés à ce central qui trinquent, pas seulement ceux d'Orange : un noeud de raccordement héberge également les équipements xDSL des opérateurs concurrents, via le dégroupage. Côté mobile, en revanche, c'est avant tout le réseau d'Orange qui est tombé.

Pour limiter la casse, Orange a déclenché un plan d'urgence

  • une dizaine d'agents dépêchés sur place et une cellule de crise
  • l'acheminement d'un central mobile de secours installé devant le site sinistré 
  • et l'optimisation des antennes alentour pour recouvrir la zone. 

Les antennes Orange indisponibles sont visibles sur notre carte des pannes Orange mise à jour quotidiennement. 

panne Orange mobile à may-sur-evre

Pourquoi un incendie au central coupe aussi la 4G et la 5G ?

C'est la question que beaucoup se posent : pourquoi le mobile tombe-t-il alors que les antennes 4G/5G, elles, n'ont pas brûlé ? La réponse tient à l'architecture du réseau. Un central téléphonique, ou nœud de raccordement (le NRA pour le cuivre, le NRO quand il héberge la fibre), est le bâtiment où convergent les lignes d'un secteur. On y trouve les équipements qui activent l'ADSL, et la fibre FTTH.

Mais ce même local sert aussi de point de collecte pour les antennes mobiles alentour. La liaison qui relie chaque antenne au cœur du réseau, le backhaul (le plus souvent une fibre de transport), transite fréquemment par ce central. Quand il brûle, cette liaison est coupée : l'antenne reste physiquement intacte et alimentée, mais elle est isolée du réseau. Elle devient muette et même avec quatre barres affichées un instant plus tôt, votre smartphone ne capte plus rien dès que le lien de collecte est tombé. 

Dans certains cas, la collecte optique est alors remplacée automatiquement par une collecte herztienne. Si un un faisceau hertzien (FH) est installé sur le pylône, il sert alors de "roue de secours" et redirige les signaux vers un autre site mobile à quelques kilomètres. Néanmoins, toutes les antennes ne sont pas équipées d'un telle solution de redondance.

Les dégâts collatéraux qu'on oublie souvent

Une panne de central ne prive pas seulement de streaming et d'appels. Quand le réseau d'un secteur tombe, ce sont aussi les terminaux de paiement par carte bancaire, certains distributeurs automatiques de billets, des systèmes de télésurveillance, voire des services administratifs locaux qui se retrouvent hors service. Lors d'une panne comparable en Vendée le 30 mai dernier, la défaillance d'un central à Saint-Gilles-Croix-de-Vie avait coupé plus de 30 000 clients et bloqué les paiements par carte sur toute une partie du littoral.

Autre point sensible : les appels d'urgence. En temps normal, le 112, le 15 ou le 18 passent par n'importe quel réseau mobile disponible, même sans abonnement actif sur place. Mais si toutes les antennes d'un secteur dépendent du même central et tombent en même temps, joindre les secours en mobile peut devenir impossible localement. C'est l'une des raisons pour lesquelles les opérateurs traitent ces incidents en priorité absolue. 

Dans le cas de May-sur-Evre, le réseau télécom n'est pas totalement indisponible puisqu'un central de substitution a été rapidement mis en service par les équipes techniques d'Orange. Les équipements provisoires installés dans une remorque et le générateur de secours ont pris le relais en attendant les réparations définitives. 

La Rédaction DegroupTest

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