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Jessica Jones, pari gagnant pour Netflix ?

14
DEC
2015
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Portée par un teasing détonant, Jessica Jones est apparue sur nos écrans le mois dernier. Le temps de se faire un avis sur la dernière fierté de Netflix et le retour en grâce de l’univers Marvel.

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Pour beaucoup, Jessica Jones est une parfaite inconnue. Si l’on vous demande de citer un super-héros signé Marvel, vous penserez certainement à Hulk, Iron Man ou Captain America. Du lourd, du puissant, du nerveux. En revanche, personne n’ira se bousculer pour prononcer le nom de cette héroïne discrète et réservée. Raison de plus pour s’intéresser à la série sur laquelle Netflix a beaucoup misé en cette fin d’année.

Personnage sombre et complexe, Jessica Jones est une héroïne tourmentée. Dotée d’une force surhumaine depuis l’accident qui a coûté la vie à ses parents, la jeune femme a vécu un drame d’un autre genre : sa rencontre avec Killgrave. Plus connu sous le nom de l’Homme pourpre, ce dernier utilise son pouvoir de persuasion pour contrôler les gens de manière sordide. Des capacités cérébrales qui en font l’un des pires supervillains de la famille Marvel. Un mentaliste insaisissable dont elle fut victime et qui refait soudainement surface.

Ritter-Tennant, duo gagnant

La série débute sur les premiers indices du retour de Killgrave. Mais les intentions de l’Homme pourpre sont encore floues pour l’héroïne au passé tragique. Entre deux verres de whisky, la New-Yorkaise traîne son spleen et joue les détectives privées pour arrondir ses fins de mois. Interprétée par la géniale Krysten Ritter, déjà remarquée dans Breaking Bad, Jessica Jones tente de reprendre sa vie en main. Du haut de son appartement miteux, la jeune femme alterne les nuits de picole et d’enquêtes lassantes. Jusqu’au come-back de son ennemi intime…

Personnage phare de la série, Jessica Jones n’aurait pas autant de caractère sans le fascinant Killgrave, interprété par David Tennant et son accent so british. Remarquable dans le rôle du sociopathe mystérieux, l’Écossais monte en puissance au fil des épisodes et donne un peu plus de relief à l’histoire. Mieux, il transforme complètement le rôle du méchant sans cœur en profitant d’un scénario sur mesure. À tel point que Jessica Jones n’est pas la seule à squatter le haut de l’affiche.

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Étroitement liés, les destins des deux meilleurs ennemis sont retracés avec brio. Treize épisodes durant, la série s’applique à reconstruire le passé de Jones et Killgrave par le biais de scènes éloquentes et de flashbacks bien ficelés. Avec une grande maîtrise, Netflix rassemble les pièces du puzzle en y imbriquant des personnages qui n’ont de secondaires que le nom. Entre l’avocate insensible, le voisin camé et le flic instable, chacun trouve sa place et joue un rôle majeur dans l’intrigue. Une variété qui participe à la réussite de cette première saison.

Un peu d’action, beaucoup d’angoisse

L’autre force de Jessica Jones réside dans son environnement sombre et son atmosphère pesante. Plus terre-à-terre, plus psychologique, la série nous emmène dans un Manhattan lugubre au travers de portraits aussi sinistres les uns que les autres. À l’image de Daredevil, à qui un clin d’œil est fait dans le dernier épisode, Jessica Jones est d’abord basée sur le parcours sinueux et la complexité mentale des différents personnages. Pour autant, la série ne perd pas de sa saveur et tranche avec le joyeux bordel courant chez les super-héros.

Sans doute parce qu’il s’agit du petit écran et non d’un blockbuster de ciné, le rythme est volontairement saccadé et les quelques scènes de combat restent légères. Bref, Netflix la joue tout en contrôle et dessine habilement ce New York différent. Plus anonyme, plus feutré. Une recette qui marche et qui permet aux personnages de se dévoiler peu à peu dans ce théâtre oppressant. Un cocktail au service de ce qui vous tiendra en haleine toute une saison : la passe d’armes entre une héroïne torturée et un rival impitoyable.

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