Mégalis Bretagne et DSP en affermage avec Orange : comment ça fonctionne ?

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11
DEC
2017
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Mégalis Bretagne, en charge du déploiement du réseau FttH en zones peu denses dans l’Ouest, est maître d’œuvre d’un réseau FttH qui sera lui exploité, commercialisé et exploité par un opérateur privé, Orange.

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SM Mégalis BretagneAlors que ce sont les opérateurs privés qui se chargent de déployer la fibre optique sur les grandes agglomérations bretonnes, pour les réseaux d'initiative publique, comme avec Mégalis Bretagne, ce sont souvent des syndicats mixtes qui s'en occupent.

Ainsi en Région Bretagne, sur les 4 départements, Mégalis est le maître d'ouvrage du déploiement de la fibre optique en zone d'initiative publique. Il s'occupera de 90% du territoire, soit également 60% de la population. En tout, le projet représente plus de 1,2 millions de prises à déployer en trois phases, entre 2014 et 2030.

Sur les 10% restants des terres bretonnes (et 40% de la population), en zones très et moyennement denses, ce sont les opérateurs privés qui construisent leurs réseaux. Essentiellement Orange, et SFR, de plus en plus actif. Bouygues Et Free, viennent se greffer avec leurs offres sur les réseaux FttH d'Orange, comme c'est déjà le cas par exemple sur Brest, Rennes, Quimper...

L'ensemble de ces acteurs participent au projet Bretagne Très Haut Débit. Ce dernier a pour ambition d’apporter le Très Haut Débit (THD) à travers la fibre optique à 100 % des foyers bretons à l’horizon 2030. Et même bien avant dans la mesure du possible sur bon nombre des communes. Un projet qui constitue un coût total estimé à 2 milliards d’euros.

Pour le moment, sur les chiffres de fin juin 2017, on était en Bretagne à peine à 42% de foyers et locaux éligibiles au THD et même :

  • 32,3% dans les Côtes d'Armor (22)
  • 43% dans le Fninistère (29)
  • 51,5% en Ille-et-Vilaine (35)
  • 36,8% dans le Morbihan (56)
Carte déploiement fttH en Bretagne

Mégalis Bretagne maître d'ouvrage pour la fibre optique en zone d'initiative publique

Afin de pallier à l’absence d’initiative privée en zones moins denses, les collectivités bretonnes déploient leur propre réseau de fibre optique, afin de participer au projet Bretagne Très Haut Débit. Sa maitrise d’ouvrage a été confiée au Syndicat mixte Mégalis Bretagne qui s'occupe de passer les appels d'offres afin de le construire.

Il s'agit donc d'un réseau public sous forme d'une Délégation de Service Public dite d'affermage ! Mégalis Bretagne garde donc le contrôle de la construction des infrastructures télécoms, afin de garantir la qualité et l'homogénéité du réseau.

Le Syndicat Mixte s'assure ainsi que tous les logements et locaux seront raccordables, avec la fibre qui arrivera pour les cas les plus extrêmes à 150 m maximum. Au contraire d'une DSP concessive, notamment en zone AMII, avec parfois de l'écrémage selon la rentabilité des communes… et des logements isolés qui sont laissés pour compte.

Au fur et à mesure, les déploiements sont effectués selon une concertation avec les collectivités par Mégalis Bretagne. Ceci afin de respecter la parité de déploiement entre des zones rurales et plus denses, sur des zones d'activités ou prioritaires.

THD Bretagne, en charge de l'exploitation

Mégalis Bretagne livre les éléments opérationnels du réseau au délégataire de service. Celui-ci, THD Bretagne (filiale d'Orange), les exploite, les entretient et le commercialise auprès des Fournisseurs d’Accès Internet (FAI). Selon les mêmes tarifs d'ailleurs qu'en zone dense, lorsqu'un SFR par exemple utilise le réseau FttH déployé par Orange à Lorient.

Les FAI s'occuperont du raccordement final de leurs abonnés, fin de leur apporter les services d'accès à internet, de téléphonie fixe et de TV afférents.

Thomas Renault, Directeur du projet Bretagne Très Haut Débit chez Mégalis Bretagne, précise :

" Nous sommes sur un réseau passif, contrairement à d'autres RIP, opérés notamment par des opérateurs comme Covage, Altitude… Ce sont donc aux opérateurs d'apporter leurs matériels dans les NRO afin de gérer leurs abonnés. En effet, notre réseau de collecte n'était pas suffisant. Cela nous aurait coûté plusieurs centaines de millions d'euros de plus. Nous avons préféré une solution qui nous assurait d'avoir la présence d'offres fibre d'un opérateur d'envergure national (NDLR : Orange bien entendu), avec la quasi-certitude derrière qu'au moins deux autres suivraient rapidement. La solidité du plan d'affaire, les niveaux de redevance d'affermage, la qualité d’exploitation du réseau sont d'autres critères qui ont été importants pour le choix de ce modèle. "

Les FAI sur la fibre bretonne

Déploiement de la fibre en Bretagne : le bilan

Mégalis Bretagne reconnaît avoir pris du retard. Notamment du faire de nombreux freins opérationnels (moyens humains et/ou matériels insuffisants, refus d'autorisations pour l'accès à du génie civil existant...

Qunat à réduire le projet initial de 15 ans (2030) à 10 ans comme demandé par le Gouvernement, cela pose évidemment de gros problèmes. D'ordres financiers tout d'abord, mais également de capacité à trouver le personnel qualifié et le matériel nécessaire. Cela comprend la fibre optique elle-même. Avec un coût unitaire par prise budgetté à 2000 euros, dont 445€ à la charge des commuines, le tarif n'est pas donné. Les responsables de Mégalis Bretagne ont bon espoir de réduire ces coûts. Mais également de trouver des solutions pour accélérer les déploiements.

Selon les déclaration de Thomas Renault, mis à part en zone AMII avec des déclarations d'intention de déploiement de SFR déposées à l'Arcep, Mégalis n'a pas de signe de projet SFR sur la zone d'initiative publique bretonne.

Actuellement, sur la zone d'initiative publique géré par Mégalis/THD Bretagne on serait à :

  • 55 000 prises raccordables et environ 15 000 abonnés, sur une phase 1 qui comptait en théorie à fin 2017, 70 000 prises FttH
  • 170 000 prises à déployer d'ici fin 2018 (ce qui correspond à la fin de la phase 1)
  • 400 000 prises en phase 2, entre 2019 et 2023, avec les études et la finalisation d'ici la fin d'année.
  • 628 000 prises entre 2024 et 2030... sauf accélération du prohet Bretagne THD

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