La FIRIP au service des objets connectés

4
DEC
2015
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Le 3 décembre, la Firip,  Fédération des Industriels des Réseaux d’Initiative Publique, réélisait à sa tête Etienne Dugas et organisait un colloque à la Cité des objets connectés d’Angers. L’occasion de démontrer l’intérêt des réseaux en fibre optique comme support de l’Internet des objets (IoT, Internet of Things).

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Après trois ans d'existence, la FIRIP est un succès. Fondée par Etienne Dugas, cette nouvelle fédération interprofessionnelle regroupe de manière verticale toutes les filières des télécoms (opérateurs, équipementiers, opérateurs d'infrastructures, acteurs du BTP...) et se veut être l'interlocuteur industriel privilégié du gouvernement et de l'ARCEP pour tous les sujets concernant la construction des réseaux. Le 6 décembre 2012, 24 membres commençaient l'aventure, aujourd'hui, ils sont plus de 160 et parmi eux, on compte 10 opérateurs privés. C'est sur ce bilan qu'Etienne Dugas a été réélu à la tête de la FIRIP. Pour son troisième anniversaire, la FIRIP a organisé un colloque autour du thème "objets connectés, enjeux pour les territoires ? ". Pour cet évènement, la toute nouvelle Cité des Objets Connectés d'Angers inaugurée par François Hollande en juin dernier s'imposait comme une évidence.   firip-colloque-2015-etienne-dugas Durant cette journée, d'importants acteurs du déploiement de la fibre optique sont intervenus pour délivrer leur vision sur l'utilité du très haut débit. En effet, le plan France très haut débit est un chantier de 20 milliards d'euros dont 3,3 milliards sous forme de subvention. C'est le plus grand projet industriel lancé par le gouvernement actuel. Bien que l'utilité du très haut débit ne fait aucun doute, il faut encore convaincre bon nombre d'élus et de citoyens de l'intérêt de déployer des réseaux en fibre optique sur tout le territoire et pas uniquement dans les zone denses. Apporter du 100 Mb/s voire du 1 Gb/s en zone rurale est-ce bien utile ? N'y a t-il pas d'autres solutions alternatives et moins coûteuses ? Quel sera le retour sur investissement ? Ne risque-t-on pas de déployer des infrastructures onéreuses qui ne seront pas utilisées ? Autant de questions auxquelles les intervenants ont répondu. Le salut des RIP viendra des objets connectés 80 projets de RIP (Réseau d'initiative publique) sont en cours de déploiements où à l'étude sur tout l'Hexagone. Initialement prévus pour servir les citoyens en très haut débit, ces réseaux peinent à devenir rentable. Avec un taux de pénétration dans les foyers de 20% dans les meilleurs des cas, l'engouement tant espéré n'est pas encore au rendez-vous. Cependant les choses devraient très rapidement changer avec l'explosion des usages et une demande toujours plus forte. Enfin, l'arrivée de grands opérateurs nationaux sur ces réseaux permettrait d'accélérer la commercialisation des prises THD. Quels réseaux pour les 80 milliards d'objets connectés en 2020 L'idée centrale développée lors du colloque est que ces réseaux publics très haut débit ne serviront pas uniquement aux particuliers et aux entreprises. Ils serviront à transporter des milliards de données générées par les objets connectés. Les prévisions penchent pour 80 milliards d'objets connectés en 2020  ! Qu'entend-on par objets connectés ? On recense quatre types :

  1. les wearables, les plus connus du grand public (fitbit, montres ...) qui ne représentent que 1%
  2. le M2M ou Machine to Machine
  3. les Connected Informations Devices (capteurs)
  4. Les objets avec un identifiant numérique (Objects with electronic ID) (80%) (smartphones)
Pour faire communiquer tous ces objets il faudra bien des réseaux. Les contradicteurs diront que les réseaux ultra bas débit de Sigfox, qovisio ou les réseaux LoRa seront suffisants pour faire transiter toutes ces données. Pour les experts, il n'en est rien car tous ces réseaux convergeront tôt ou tard vers de la fibre optique et les RIP auront leur rôle à jouer notamment pour des usages très gourmands en data. Des objets connectés pour quels usages ? Pour Cyrille Le Floch, PDG de Qowisio la révolution des objets connectés ne viendra pas de ce qui existe déjà mais des nouveaux usages à l'image du Dash button d'Amazon, ce petit bouton qui nous permet de commander de la lessive dès que votre bidon est vide. Pour cet opérateur, 60 à 80% de ces objets utiliseront les réseaux bas débits. Ce domaine connait une forte accélération et 120 start-up françaises seront présentes au CES Las Vegas 2016. dash-button En ce qui concerne les RIP, ils serviront à rendre la ville intelligente par de nombreux usages comme de la vidéo surveillance, la gestion de l'éclairage public, des boîtes aux lettres intelligentes,  du ramassage des ordures, de la gestion du stationnement . Si l'investissement dans un RIP est important, son retour sur investissement passera par des économies dans le coût de fonctionnement d'une ville. Enfin pour Antoine Darodes, président de l'Agence du numérique, le domaine qui va justifier les réseaux d'initiative publique sera celui de la santé. Avec le vieillissement de la population, le maintien des personnes à domicile est un enjeu crucial dont la clé de voute est le réseau THD. Quel rôle pour les RIP ? Pour Christophe Genter, directeur adjoint du département transition numérique de la CDC (Caisse des dépôts et consignations), les RIP doivent jouer un rôle de réseau fédérateur des données collectées. Aujourd'hui les réseaux des opérateurs visent les particuliers et les ménages, ils n'ont aucune obligation de connecter les objets. Les RIP permettront soit de connecter les objets connectés qui ont besoin de gros débits (caméras de surveillance) soit de connecter des concentrateurs de données provenant des réseaux bas ultra-bas débit. D'ailleurs, la CDC est active depuis dix ans dans les RIP en investissant dans 30 réseaux territoriaux. "Nous sommes un investisseur qui se concentre sur des projets qui ont un intérêt général. Nous nous situons en amont des collectivités, nous nous plaçons comme co-investisseur sur les réseaux", précise Laurent Depommier-Coton, directeur du département transition numérique de la CDC. Outre, l'accès au très haut débit pour les particuliers et les entreprises, le support des objets connectés, les RIP seront aussi aux services de télécentres, des espaces de co-working pour les professionnels. Un thème cher à Antoine Darodes, pour qui l'accès aux outils numériques par les citoyens est un des piliers de son action. C'est dans un climat très optimiste sur l'avenir que la Firip a fêté ses trois ans. Plus que jamais, la révolution numérique ne pourra avoir lieu qu'avec des réseaux très haut débit. Acteur incontournable en France, la Firip songe désormais à se tourner vers l'export.      

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