Interview : Alcatel-Lucent nous en dit plus sur le G.fast

23
OCT
2015
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A l’occasion du Broadband world forum qui se tient à Londres en ce moment, un responsable d’Alcatel-Lucent nous a parlé plus en détail du G.fast. L’occasion de connaître encore mieux la technologie vedette de ce salon.

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DegroupNews a rencontré Eric Festraets, Directeur réseau et stratégie business chez Alcatel-Lucent qui nous présente la technologie G.fast.

Pouvez-vous nous présenter le G.fast qui est l’attraction du Broadband World Forum ?

Le G.fast est une technologie qui permet de réutiliser le cuivre pour les 100 et 200 derniers mètres et qui offre une bande passante jusqu’à 1 Gb/s, ce qui aide les opérateurs qui vont dans le FTTH pour résoudre le problème des 100 derniers mètres, là où il y a le twisted pair, là où il y a la ligne téléphonique ou bien dans l’immeuble, ou bien dans la rue.

Le standard de G.fast a été défini et il va jusqu’à 250m de distance et à 250m, on n'arrive pas à 1 Gb/s mais à 450-500 Mb/s. Maintenant on utilise G.fast dans l’immeuble donc on est dans les 100-200 derniers mètres. Il y a aujourd’hui d’autre opérateurs qui veulent élargir le standard et utiliser le G.fast sur des distances de 400-500 m en prenant en compte le fait que la bande passante ne sera pas aussi élevée évidemment. Ce ne sera que des 200 à 300 Mb/s.

Et XG.fast, quelle différence ?

Le XG.fast va au-delà de G.fast puisque l’on parle de record que l’on a battu dans notre lab de 10 Gb/s sur un ligne, mais il ne s’agit que d‘une ligne de 30m sur deux lignes ensemble. On a fait ces tests chez nous et nous sommes les premiers à les faire dans notre lab.

Quelles sont les contraintes du G.fast ?

G.fast travaille à des fréquences de 106 MHz ou bien 212 MHz, ça veut dire que l’on prend tout le spectre de 0 MHZ à 106  MHz ou de 0 MHz à 212 MHZ et il y a d’autres technologies qui utilisent d’autres fréquences et il faut garder la coexistence avec ces autres technologies, ADSL, VDSL, V+dans le même bundle et à certains moments, il faut faire du masking et du notching de certaines fréquences, mais en principe, le G.fast utilise des fréquences plus élevées donc à ce moment-là, il n’y a pas de problèmes.

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Que se passe-t-il si le câble de cuivre est en mauvais état ou vieillissant ?

On a des outils pour vérifier si une certaine bande passante est atteignable sur le cuivre parce que l’on a des technologies comme le vectoring qui font le cancelling du crosstock entre les différentes paires mais cela ne résout pas tous les problèmes de coupure de câble ou vraiment de qualité très basse. Pour cela on utilise le vector analyzer pour vérifier si une certaine bande passante peut passer sur le cuivre oui ou non. Et on fait toujours ça avant de mettre le profil sur la ligne.

Quelle est la stratégie chez BT et les autres opérateurs comme Orange ?

BT et Orange regardent cette technologie d’une manière différente. BT a la stratégie de raccourcir la ligne de cuivre, ils vont sur Fiber To The Curb, comme ça ils viennent à 400-500m de l’utilisateur. Ils utilisent le G.fast pour une plus grande granularité, ils parlent de 48 à 96 utilisateurs tandis que chez Orange, ils sont vraiment "addicts" au FTTH et l’utilisent pour les derniers 100m."

Est-ce qu’il faut un équipement particulier pour le G.fast ?

Il faut un nouveau firmware dans le modem, donc certains modem sont capables d’être modifiés et certains ne le sont pas. Cela dépend de la stratégie, si l’on a une stratégie de deux boîtes, une residential Gateway et une terminaison de réseau séparée ou intégrée. En principe il faut un nouveau CP pour terminer le G.fast parce que l’on travaille à 10 MHz alors que le VDSL est à 17 MHz, mais il y a un certain nombre de modems qui sont adaptables au niveau firmware et software pour supporter cette technologie.

Quels sont les bénéfices du G.fast en termes de coûts ?

Le G.fast proprement dit est la technologie où le déploiement est plus cher que le VDSL et la différence avec le FTTH complet, ce n’est pas le coût de la technologie, mais le coût du déploiement car il faut mettre la fibre jusqu’à l’appartement et cela a certain coût et c’est la majeure partie du coût. Le G.fast représente un coût additionnel mais qui rend le « time to market » plus intéressant car il y a moins à faire, il y a moins de choses à déployer dans le bâtiment avant que l’on puisse raccorder les clients.

Est-ce que vos concurrents travaillent sur le G.fast ?

Il y a d’autres équipementiers qui travaillent sur le G.fast, mais nous sommes les premiers. Huaweï travaille aussi dessus, mais il n’est pas aussi évolué que nous. Nous avons fait les essais en premier et nous sommes les premiers à avoir fait un déploiement commercial à Taïwan où Chunghwa Telecom déploie le G.fast avec nous. Nous sommes les pionniers sur ce marché.

Propos recueillis par Fabien Moutier

Ecoutez  le podcast ici :

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