L’Association des Opérateurs Télécoms Alternatifs se fâche !

Par
20
JUIL
2017
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L’AOTA monte le ton ! Alors que le Gouvernement effectue depuis quelques semaines un tour de table de l’ensemble des acteurs industriels, collectivités et opérateurs télécoms, au sujet des déploiements des réseaux numériques, l’AOTA n’a pas pour le moment été conviée…

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AOTA

L’AOTA (Association des Opérateurs Télécoms Alternatifs) est toute nouvelle, créée le 22 mars 2017.

Elle regroupe déjà plus de 25 opérateurs commerciaux d'envergure régionale (OCER) ou multirégionnale (OCMR). L’Association représente plus de 100 millions d’euros de CA et 550 emplois.

Tout comme la FIRIP sur les Réseaux d’Initiative Publique et surtout Alternative Télécom, ce groupement associatif regroupe des entreprises surtout présentes sur les RIP. Plutôt des TPE/PME, opérateurs télécoms. Un peu oubliée dans certaines consultations récentes, l’AOTA semble particulièrement remontée suite à la publication de l’analyse de marché de la fibre publiée par l’Arcep…

Explications avec David Marciano, Président de l’AOTA (Association des Opérateurs Télécoms Alternatifs)

DegroupNews : Vous avez réagi de façon virulente sur la publication de l’analyse de marchés de l’Arcep. Pour quelles raisons ?

David Marciano : En effet, nous avons publié un communiqué de presse pour signifier notre déception. Nous sommes très remontés contre l’Arcep sur son analyse des marchés de la fibre optique en France. En particulier du fait que l’Arcep a une incompréhension globale sur l’activité et la situation des ‘petits opérateurs’.  Petits opérateurs, peut-être pour le CA ou les effectifs. Mais nous avons commencé à les renommer OCER (Opérateurs Commerciaux d'Envergure Régionale ou multiRégionale).

David Marciano, Président AOTA L’Arcep n’a pas compris que si nous demandions des offres en fibre activée, c’était parce que les conditions d’accès aux nœuds de raccordement d’Orange étaient aujourd’hui complètement délirantes. Par extension, il est très compliqué et coûteux pour des opérateurs régionaux d’aller s’héberger dans les infrastructures NRO d’Orange.

Et par extension d’activer les offres passives d’Orange. Ça, c’est vraiment la galère. Nous avons contacté l’Arcep sur le sujet, mais si nous ne sommes pas entendus, nous escaladerons qui de droit, pour aller saisir l’Autorité de la concurrence.

DegroupNews : Vous ne semblez pas non plus satisfait par la solution d’offres en marque blanche préconisée par L’Arcep dans ce même document ?

David Marciano : En effet, c’est encore une fois l’exemple même de la méconnaissance de l’Arcep du marché et du secteur d’acteurs comme nous. Si nous demandons une offre en collecte, c’est pour une notion tout simplement technique, d’adressage IP, de réseau privé… Notamment pour des sociétés multisites ou proposant des prestations à la carte.

L’Arcep est arqueboutée sur Kosc qui arrive, et nous avons même appris par voie de presse que Bouygues Telecom arrive aussi sur le marché de la vente en gros. L’Arcep s’improvise direction des achats (en schématisant) avec une méconnaissance totale des spécificités des petits opérateurs télécoms.

DegroupNews : Quelles sont vos relations avec l’Arcep ou avec le Secrétaire d’Etat au Numérique, Mounir Majhoubi ?

David Marciano : L’AOTA est jeune, mais de nombreux contacts, y compris au sein de l’Arcep, sont ravis d’avoir un interlocuteur unique qui représente ce marché des opérateurs régionaux. Nous avons certes quelques griefs contre l’Arcep, mais il faut reconnaître que l’Autorité nous a reçu. Notamment lors de la consultation récente sur l’analyse de marché fibre. Nous ne sommes pas satisfaits du résultat mais le processus a été respecté.

D'autre part, nous sommes complètement complémentaires à Alternative Télécom. Et totalement en phase sur le sujet d’une offre fibre entreprise activée. Position aussi défendue par la FIRIP.

De notre côté, nous avons une perception beaucoup plus opérationnelle pour aider et fédérer nos membres.

Enfin, par rapport à Mounir Majhoubi ou ses équipes, l’Agence du Numérique ou Le Ministère de la Cohésion des territoires, nous n’avons malheureusement pas à ce stade de contact précis. Nous regrettons clairement de ne pas avoir été convié aux réunions récentes.

Nous avons une crainte suite aux annonces récentes d’Emmanuel Macron que les solutions satellites ou la Boule Locale Radio (LTE fixe) ne viennent perturber le plan France THD. Des solutions-rustines, tout comme la montée en débit cuivre (MeD). D’exceptions pour cette dernière, il y a un risque que la MeD devienne pour certains territoires la norme…

DegroupNews : Quelles sont vos relations avec les OCEN ?

David Marciano : Les deux grands opérateurs (Orange et SFR) ont souhaité se rapprocher de l’AOTA et le dialogue existe. De façon plutôt spontanée par ailleurs. Les échanges sont à ce stade constructifs. Mais l’analyse de marché de l’Arcep et le discours récent de SFR sur son réseau fibre en propre, risquent de tout remettre en cause. Sur des sujets qui avançaient déjà à une vitesse d’escargot !

Nous ne voulons pas tordre le bras à Orange, mais souhaitons que l’Arcep impose un certain nombre d’obligations sur l’offre Bitstream (offre de gros fibre activée) des opérateurs. Nous ressentons chez Orange aussi une volonté de sortir à un moment donné une offre activée, mais la question est quand et sous quelles conditions. Avec la possibilité localement, de pouvoir aussi pour des opérateurs de brancher leurs matériels dans des NRO Orange.

DegroupNews : Et sur les RIP déployés par Orange, comment cela se passe-t-il pour les membres AOTA ?

David Marciano : Justement, autant nous souhaitons que le plan France THD perdure, autant nous ne comprenons pas que la Mission Très Haut Débit ait accepté certains dossiers. Par exemple, sur des RIP opérés par Orange, et dans une moindre mesure chez SFR, il est inadmissible que ces RIP ne proposent pas d'offres activées en fibre mutualisée (FTTH / FTTH Pro). Il est incroyable que l’argent publique, notamment en Bretagne ou en Auvergne (Orange), finance un RIP passif ! Sur THD Bretagne, en fibre résidentielle (FTTH / FTTH Pro), il n’y a qu’un seul opérateur, Orange, qui construit aussi le réseau.

Et là aussi, nous avons demandé une intervention de la part d’une Autorité supérieure.

DegroupNews : On parle surtout d’Orange sur la partie entreprise, mais qu’en est-il de SFR ?

David Marciano : Nous pensons aujourd’hui que SFR commence à avoir une influence significative sur le marché. Nous sommes en veille très active sur SFR. Car clairement aujourd’hui cet opérateur n'est pas non plus régulé (sauf sur le câble avec quelques obligations).

Nous avons alerté SFR, d’autant plus depuis les annonces de cet opérateur dans le Grand Est et désormais à l’échelle nationale. Ce n’est pas anodin. On ressent une volonté de tuer les RIP voire de planter le plan France THD. Alors qu’objectivement, ce dernier n’est pas si mauvais que certains peuvent le penser. Mine de rien il se déroule et fonctionne déjà bien dans certains territoires. Il faudrait plutôt s’inspirer de ses succès plutôt qu’autre chose !

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