A 16:19 dans Institutions

Baromètre du numérique : les Français friands de smartphones… et de réseau mobile

29
NOV
2017
Partager cette actu sur :

Le dernier Baromètre du Numérique confirme l’ascension fulgurante du smartphone, couplée à une évolution des usages et des modes de connexion à Internet.

FacebookTwitterGoogle+

L'édition 2017 du Baromètre du Numérique confirme sans surprise la montée en puissance du smartphone dans les usages numériques des Français. La tendance est désormais bien installée, et l’étude du Credoc commandée par l’Arcep, l’Agence du Numérique et le Conseil général de l’économie permet surtout de cerner son ampleur : 73% de nos concitoyens sont à présent équipés d’un smartphone (94% d’un mobile), contre 65% il y a seulement un an. Et 71% utilisent leur smartphone pour se connecter (+11 points en un an), contre 85% (=) pour l'ordinateur.

les Français toujours plus équipés en smartphones en 2017

Une « progression fulgurante » qui s’accompagne logiquement d’un « essor des pratiques digitales en mobilité » : 64% des sondés utilisent aujourd’hui leur smartphone pour aller sur Internet, un bond de 9 point par rapport à 2016. Moins répandus, les autres usages n’en connaissent pas moins un bond similaire, allant de +7 points pour le téléchargement d’applications à +11 points pour l’utilisation de messageries instantanées. Un essor à nuancer toutefois : à l'exception des jeux et des réseaux sociaux, les sondés disent encore préférer l'ordinateur pour la plupart des usages, en particulier les achats en ligne (64%).

Usages numériques : smartphone ou ordinateur ?

Substitution de la messagerie ?

Le baromètre souligne ainsi l’attrait croissant des services de messagerie comme Whatsapp, Facebook Messenger et autres Snapchat, utilisés par 44% des Français interrogés (et 56% si l’on inclut les usages depuis un ordinateur). De préférence pour envoyer des messages texte, plutôt que pour téléphoner grâce aux fonctionnalités d’appel embarquées sur la plupart de ces services. Une popularité qui ne disqualifie pas pour autant l’utilisation des services classiques, même chez les plus jeunes, friands d’échange par messagerie. Ainsi, qu’il s’agisse de communiquer par écrit ou par voix en mobilité, les utilisateurs, quel que soit leur âge, restent pour l’heure majoritairement attachés aux services de téléphonie classiques.

Ce qui n’empêche pas les auteurs de l’étude de s’interroger sur un éventuel « mouvement de substitution à l’œuvre ». A l’origine de cette réflexion, deux constats : un tiers de la population recourt quotidiennement aux services de messagerie instantanée, tandis qu’un Français sur dix les utilise plus souvent que les appels et SMS pour communiquer.

Fixe : Internet des villes, Internet des champs

Au-delà des usages, le Baromètre examine aussi le mode de connexion à Internet des Français. Côté fixe, le taux d’équipement stagne, avec 85% des foyers équipés, dont 80% en ADSL, 13% en fibre optique et 5% en câble ou hybride fibre/câble. Le tout dépendant évidemment du lieu de résidence : l’étude fait apparaître la fracture numérique que l’on dénonce en zone rurale, dont le taux de foyers raccordés en ADSL n’a pas bougé depuis 2014 (96%). Parallèlement, la dépendance au cuivre reculait plus ou moins sensiblement sur les zones de plus de 20 000 habitants en l’espace de trois ans, se matérialisant même par un recul de 30 points de moins en région parisienne.

COnnexion en fibre ou ADSL, ville vs zone rurale

Le réseau mobile même à la maison

Autre observation intéressante : la diversification accrue des modes de connexion à Internet à domicile, qui voit les connexions via le réseau mobile (tous équipements confondus) progresser de 9 points en un an, à 51%. Quand, en parallèle, les connexions via le réseau fixe plafonnent à 78% depuis les ordinateurs et ne gagnent que 4 points depuis les appareils nomades en wi-fi. Explication probable : pour une partie de leurs usages sur smartphone, les utilisateurs se tournent de plus en plus vers le réseau mobile plutôt que vers leur propre connexion en wi-fi, encore largement tributaire de l’ADSL, afin de bénéficier de meilleurs débits. Et ce d’autant plus volontiers que les opérateurs multiplient les forfaits dotés de généreuses enveloppes data à vil prix.

Baromètre numérique : accès à Internet

On notera par ailleurs que 66% des Français peuvent aujourd’hui compter sur un accès à une connexion fixe ET à Internet en mobilité, contre seulement 57% il y a un an. Des évolutions significatives que l’on pourrait être tenté de mettre en lien avec une 4G de plus en plus disponible, consécutive au coup de collier mis par les opérateurs sur les déploiements ces deux dernières années. Avec toutes les précautions qui s’imposent, sur un panel somme toute restreint (2 209 personnes) au regard de la diversité des situations sur l’ensemble du territoire. D’autant que ce recours plus intensif au réseau mobile pour se connecter à Internet peut tout aussi bien être corrélé à la pénétration accrue du smartphone, pour le coup indubitablement quantifiée par l’étude.

On n’en saura de toute façon pas plus sur les facteurs induisant ces évolutions, notamment la qualité de service des réseaux mobiles. La question avait fait l’objet d’un examen approfondi dans la précédente étude, mais a laissé place dans le millésime 2017 du baromètre à d’autres problématiques. En particulier celle de l’acculturation au numérique, également suivie de près par les pouvoirs publics.

FacebookTwitterGoogle+

Articles en relation

comments powered by Disqus