Cybersécurité : la France veut interdire les routeurs chinois

19
JUIL
2012
Partager cette actu sur :

cyber defense hacker pirateAlibi pour prendre des mesures protectionnistes ou bien réelle mesure de sécurité ? Devant les cyberattaques répétées en provenance de Chine, des parlementaires sont unanimes pour interdire l’achat de routeurs chinois en France. Les équipementiers ZTE et Huawei sont les premiers visés.

Après les Etats-Unis, l’Australie, la France s’apprêterait à interdire la vente des routeurs ZTE et Huawei. Dans un rapport sur la cyberdéfense soutenu par les membres de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées au Sénat, une proposition est favorable à l’interdiction de certains matériels de télécommunications chinois : il faut « interdire en Europe le déploiement et l’utilisation de routeurs ou d’autres équipements de cœurs de réseau qui présentent un risque pour la sécurité nationale, en particulier ceux de certains équipements d’origine chinoise ». Deux firmes sont particulièrement visées : Huawei et ZTE.

Armée chinoisePour les parlementaires, il existe un risque réel que la Chine se serve de ces équipements pour espionner la France en écoutant nos communications. Le rapporteur de la commission rappelle que la plupart des cyberattaques proviennent de Chine et pour certains experts, elles ne peuvent être que le fruit d’un Etat en raison de leur sophistication et de leur ampleur. Il y a deux ans Google avait été victime d’une attaque sans précédent et au mois de mars 2011, ce sont les serveurs du Ministère des Finances qui a été introduits par des hackers.

Cependant, la mise en œuvre d’une telle mesure paraît difficile car elle pourrait s’apparenter à une forme de protectionnisme déguisé pour favoriser une entreprise en difficulté comme Alcatel-Lucent. De plus la France risquerait de se retrouver dans une procédure devant l’OMC. En outre, l’interdiction de ces produits chinois entrainerait également des mesures de représailles de la part de la Chine. Elle pourrait à son tour interdire les produits fabriqués par la filiale chinoise d’Alcatel-Lucent, Shangaï Bell.

Ce rapport met surtout en avant la question de la cybersécurité en demandant qu’elle devienne une priorité nationale. La cyberattaque contre les installations nucléaires iraniennes montre que la guerre de demain sera en partie virtuelle et elle ne sera pas qu’économique.

FacebookTwitter

FacebookTwitter

Articles en relation

comments powered by Disqus