A 10:30 dans Fibre optique

Un bilan du WiMAX sans grande illusion pour l’AVICCA

17
JUIN
2008
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Logo AviccaLoin de se faire des illusions sur les résultats du contrôle des engagements pris par les opérateurs titulaires d’une licence WiMAX en termes de couverture du territoire mené par l’ARCEP, l’Association des Villes et Collectivités pour les Communications électroniques et l’Audiovisuel préfère prendre les devants et publier sa propre contribution au bilan d’étape WiMAX.

Dans un bilan d’étape de 8 pages (l’intégralité du texte ici), l’AVICCA souligne les points sombres du développement du WiMAX et fait plusieurs propositions afin d’améliorer la situation actuelle et de préparer l’avenir.

En préambule, l’association rappelle que, en ce qui concerne la couverture des « zones qui ne sont pas atteintes par les technologies de masse actuelles dans des conditions de marché », aussi appelées zones blanches, le WiMAX a comme avantages d’être « une véritable technologie d’opérateurs », de bénéficier de « grands rayons d’action », de « perspectives de coûts d’équipements faibles avec une normalisation internationale », et de « capacités d’utilisation en collecte ».

Cependant, l’AVICCA ne dresse pas une peinture hagiographique du WiMAX et reconnaît que la technologie possède aussi certains inconvénients comme celui d’être sensible aux reliefs et à la végétation, d’être située, en France, « dans une bande de fréquence non optimale avec une bande passante réduite » et de ne pas être tout à fait mature.

Les causes du retard :

Dans un premier temps, l’AVICCA dresse la liste des raisons qui selon elle sont sources du retard pris dans le déploiement du WiMAX.

Antenne WiMAXTout d’abord, si les retards constatés en 2007 et début 2008 aussi bien sur la normalisation que sur la livraison des équipements jouent un rôle indéniable dans le ralentissement du développement du WiMAX, il ne peut s’agir de l’unique explication. A ces raisons vient s’ajouter le choix de la bande passante 3,5 GHz pour le déploiement en France. En effet, les Etats-Unis et l’Asie ont opté pour les bandes 2,3 à 2,5 GHz pour l’attribution du WiMAX. Outre le fait que ces bandes présentent de meilleures caractéristiques que celle choisie par la France, les efforts de normalisation des équipementiers et des fabricants de puces ont porté sur les fréquences américaines et asiatiques, ces territoires représentant un marché plus porteur que le marché français. Il faudra donc compter environ un an pour une mise au point adaptée à la bande 3,5.

De plus, la très forte concentration des FAI est selon l’AVICCA « un frein évident » au déploiement du WiMAX. Les zones blanches de l’ADSL ne représentent que 550 000 lignes, soient moins de 300 000 clients potentiels, quand la VoIP gagne 1 million d’abonnés par trimestre. On comprend alors qu’aucun des trois grands FAI n’ait signé d’accord de commercialisation. Ce marché n’intéresse que de petits FAI alternatifs, à la visibilité moindre mais qui ont l’habitude de travailler dans les zones blanches.

Schéma WiMAX NetworkEnfin, l’AVICCA se montre très critique quant à la procédure d’attribution des licences WiMAX. Selon l’association, le mode d’attribution trop rigide, qui donnait un poids équivalent à trois critères, à savoir « une attribution par région, avec un critère correspondant à l’objectif de couverture », « un autre sur l’ouverture de la concurrence » et un troisième sur le montant des licences, est la cause d’un résultat non optimal. Ainsi, le critère financier s’est parfois substitué aux exigences de couverture et de concurrence, des conseils régionaux impliqués dans l’aménagement numérique n’ont pas obtenu de licence, l’Ile de France et PACA, deux régions importantes, « n’ont aucun opérateur ayant comme objectif principal la couverture par une offre de gros neutre » et aucun opérateur de détail ne peut lancer seul une offre d’envergure nationale.


Pourquoi l’AVICCA a confiance dans le WiMAX :

Dans un second temps cependant, l’AVICCA développe les points positifs liés au WiMAX.

En effet, selon l’association, l’aspect international du développement du WiMAX, notamment « les prises de commande des opérateurs au niveau international et la nouvelle alliance aux Etats-Unis (Sprint/Clearwire avec les cablo-opérateurs et Google) », ouvre des perspectives intéressantes en termes de baisse des coûts et d’interopérabilité.

Antenne WiMAXDe plus, malgré la quasi absence d’investissement de la part des opérateurs privés (Free, Altitude, SHD, Bolloré, HDRR) sur leurs fonds propres pour assurer la couverture du territoire et respecter leurs engagements, les déploiements effectués ou en cours « sont le fait des collectivités et de leurs partenaires » généralement dans le cadre de « procédures spécifiques sur les zones blanches » ou de « projets plus globaux (collecte, desserte des zones d’activité et des services publics en très haut débit, extension du dégroupage …) ». Un véritable effort financier a donc été consenti par les collectivités, en dépit des délais de procédures souvent longs auxquels elles sont soumises, afin de répondre aux attentes toujours plus grandes « des citoyens, des services publics et des entreprises » alors même que les opérateurs semblent attendre « la décroissance des coûts pour se déployer ».

Pistes de réflexion pour l’avenir du WiMAX :

Pour finir, l’AVICCA renouvelle sa confiance et ses espoirs dans le WiMAX et soumet quelques pistes de réflexion, telles que le regroupement ou la cession de licences afin de permettre de faire émerger plus de cohérence pour les acteurs privés ou la nécessité d’élargir la bande utile disponible notamment en affectant un large dividende numérique aux communications électroniques (dont des « fréquences en or »).

WiMAX sur la villeDe plus, l’association propose de d’étudier l’utilisation d’autres bandes comme la 2,5 GHz, d’effectuer des arbitrages entre une utilisation du dividende numérique pour le haut débit fixe et pour le haut débit mobile, de préciser les conditions d’attribution et notamment les engagements de couverture.

Enfin, il paraît indispensable à l’AVICCA que l’ARCEP se dote d’un système de sanctions plus efficace que la sombre menace de retrait de la licence qui ne semble pas beaucoup effrayer les opérateurs.

On peut saluer l’effort de réflexion de l’AVICCA qui englobe tous les aspects de la délicate question du déploiement du WiMAX et qui n’hésite jamais à monter au créneau lorsqu’il s’agit d’apporter sa contribution à la résorption de la fracture numérique.

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