A 14:38 dans Bouygues Telecom, Free

Free Mobile : Olivier Roussat répond à Xavier Niel

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JUIL
2012
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Logo Bouygues TelecomIl y a quelques jours, Xavier Niel s’est offert une tribune dans Les Echos pour revenir sur la question de la place de Free Mobile, et plus largement d’Iliad, dans le monde des télécoms. Sans surprise, Olivier Roussat, directeur général de Bouygues Telecom, saisit sa plume pour lui répondre.

Entre Free et Bouygues Telecom, l’ambiance est tendue. Entre les déclarations à base de coucou, de romanichel et autres noms d’oiseaux, les deux opérateurs ne se sont jamais montrés tendres l’un envers l’autre.

La tribune de Xavier Niel dans Les Echos suscite logiquement une riposte de la part de la filiale du groupe Bouygues. Olivier Roussat, directeur général de Bouygues Telecom, prend en charge cette mission. Le fondateur de Free titrait « Free Mobile : mythes et réalités », Olivier Roussat lui renvoie la balle en signant un papier intitulé « Free et le mobile : retour aux réalités ».

Bbox Sensation : Olivier Roussat

Dès le départ, le dirigeant sort les crocs : « Les pompiers pyromanes crient plus fort que tout le monde, comme le montre le point de vue publié dans ces colonnes par Xavier Niel. Je sais bien que les Français ont un faible pour les Robin des bois, encore faut-il que ceux-ci ne mettent pas le feu à la forêt. »

Selon Olivier Roussat, l’entrée de Free Mobile fait courir des risques pour tous les acteurs du secteur. Alors qu’on pouvait s’attendre à une charge contre le nouvel entrant, le dirigeant de Bouygues Telecom déroule un argumentaire qui responsabilise davantage l’Etat et le régulateur.

Trois erreurs majeures dans le dossier

Il insiste tout d’abord sur une « erreur de diagnostic ». Pour Olivier Roussat, l’arrivée d’un quatrième opérateur n’était pas nécessaire pour faire baisser les tarifs : « Les tarifs des forfaits mobiles en France avaient commencé à le faire fortement bien avant l’arrivée de Free sur le marché, avec la diminution des prix de gros des communications, fixés par le régulateur. »

Ensuite, le dirigeant estime qu’il y a également eu une erreur d’exécution : « Les modalités réglementaires offertes au quatrième opérateur l’avantagent excessivement au détriment d’une concurrence équitable. » Olivier Roussat avait déjà mis en cause le déséquilibre provoqué par l’accord d’itinérance noué avec Orange et l’asymétrie de la TAM demandée par Free Mobile lors des auditions par la commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale.

Il remet donc sur le tapis la question du coucou en y ajoutant une autre espèce animale : « l’Etat et le régulateur ont ainsi créé une étrange espèce, à mi-chemin du coucou et du bernard-l’ermite : un couple où celui qui entre sur le marché sans aucun produit innovant se fait héberger pour le plus grand profit de l’ex-monopole, mais au détriment des autres opérateurs et de tout le secteur. »

Les comparaisons évoluent mais le fond du discours reste le même. Les conditions d’entrée sont tellement favorables au nouvel opérateur qu’il peut facilement déséquilibrer le marché.

Conférence Free Mobile

La troisième erreur évoquée par Olivier Roussat est d’ordre économique et financier : « Parce que, en fragilisant le secteur par une introduction mal maîtrisée du quatrième opérateur, on n’appauvrit pas seulement les entreprises concernées mais aussi les finances publiques, qui vont nécessairement perdre des milliards de recettes fiscales au moment même où elles en ont le plus besoin. » Il cite par exemple la perte de valeur de France Télécom, dont l’Etat est actionnaire, qui pèse sur l’argent public.

Au lieu de taper sur Free et sur son dirigeant, Olivier Roussat pointe du doigt les responsables qui ont permis à Free Mobile de déstabiliser le marché. L’ARCEP a déjà répondu à des critiques similaires, Jean-Ludovic Silicani s’était notamment exprimé sur le sujet à l’occasion du Forum des Télécoms et du Net. Eric Besson, ancien ministre chargé de l’économie numérique, prendra-t-il sa plume pour justifier les choix du gouvernement dans ce dossier ? Toutefois, une énième tribune ne changera pas la donne actuelle : les opérateurs devront faire avec.

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