A 9:53 dans Huawei, Internet

Digiworld Summit 2014 : en route vers les réseaux hybrides

20
NOV
2014
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Jusqu’à ce soir, Montpellier est « the place to be  » pour ressentir les futures tendances des réseaux télécoms et d’une manière plus générale de notre monde connecté. Pour sa 36ème édition, le Digiworld Summit réunit à l’initiative de l’IDATE les plus grands acteurs du numériques. Opérateurs, équipementiers, les plus grands noms sont là pour échanger et transmettre leurs expériences. Avec l’explosion des usages, un mot a eu tendance à souvent revenir : hybride.

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 Actuellement, Montpellier accueille la crème des acteurs du numérique. Deux jours durant lesquels des "keynotes" denses et passionnantes se succèdent et permettent de se faire une idée de ce qui nous attend dans le monde du numérique.

Dès la première plénière, Mickael Bäck d'Ericsson a donné le ton en donnant des chiffres ahurissants à l'échelle mondiale sur les réseaux. Par exemple au troisième trimestre 2014, le monde comptait 6,9 milliards d'abonnés mobiles. Avec un taux de pénétration de 145%, l'Europe fait figure de bon élève mais se situe derrière des pays comme le Japon et la Corée du Sud. Enfin, en 2020 (autant dire demain), le monde comptera 6,1 milliards d'abonnés mobiles avec un smartphone (une bonne nouvelle pour Samsung et Apple).

Si ces chiffres sont impressionnants, il faut les mettre en regard des usages qu'ils génèrent. Par exemple YouTube occupe à lui seul 40% à 60 % des usages vidéos et les réseaux sociaux représentent 15% des usages. La vidéo (le streaming) représente 55% des usages et cela ne devrait cesser de croître avec l'arrivée d'acteur comme Netflix. Toutefois, si la vidéo est cruciale, le premier critère que juge un consommateur lorsqu'il est connecté est la qualité de la navigation sur le web, en deuxième la qualité d'usage des réseaux sociaux et en troisième la qualité de la télévision.

Face à l'explosion des usages, l'augmentation des abonnés et la multiplication des périphériques, les réseaux mobiles ou du moins permettant la mobilité vont devoir faire preuve de créativité pour répondre à la demande des consommateurs. Alors que la 4G commence à prendre son envol en Europe, les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud voire la Chine se tournent déjà vers la 5G.

Si certains se penchent déjà sur cette technologie, d'autres pensent à apporter Internet aux deux milliards d'individus qui en sont exclus. Une question qui a permis de passer en revue les différents projets pour déployer de nouveaux réseaux comme un réseau composé de satellite en orbite basse, un réseau utilisant des ballons dirigeables, soit autant de projet qu'il faut prendre au sérieux.

Digiworld summit 2014

Cependant, bien que la  5G n'ait pas encore été normalisée, les choses devraient s'accélérer notamment avec une Corée du Sud qui organise les Jeux Olympiques en 2018 et qui entend bien se servir de cet événement pour montrer son savoir-faire en la matière.

Toutefois, en attendant la 5G, les réseaux devront faire face au tsunami de nos objets collectés (70 milliards en 2020) et les opérateurs vont devoir trouver des solutions et faire appel à plusieurs technologies. D'après les experts présents, les HetNets (réseaux hétérogènes) mêlant 4G, Wi-Fi et small cells ou petites cellules (3G-4G) permettront d'absorber la charge.

Désormais, avec la facilité des smartphones à basculer sur les réseaux Wi-Fi, ces derniers devraient connaître un essor considérable dans nos villes. En effet, 80% de la consommation vidéo se fait sur du Wi-Fi et seule cette technologie permettra de supporter cette consommation mais le Wi-Fi permettra de supporter d'autres usages notamment dans le cadre de la smart city. Aux Etats-Unis des opérateurs comme ComCast ont déjà compris les enjeux autour du Wi-Fi en développant des services Wi-Fi et déployant ses hotspots. L'association câble-Wi-Fi est un concurrent redoutable à la 4G.

Par ailleurs, les small cells, c'est à dire des petits relais comme celles que l'on devrait trouver sur les abribus, vont permettre de densifier les réseaux afin de réutiliser les ressources locales et d'atteindre des zones où les ondes se propagent difficilement.

L'Europe a-t-elle une chance de revenir dans la course ?

Actuellement, les Américains et les Coréens mènent la danse, mais pour Michel Combes, directeur général d'Alcatel-Lucent, l'Europe possède des atouts pour revenir dans la course. Face au manque d'investissements dans les infrastructures, l'équipementier plaide un New Deal numérique en Europe et quelques mesures simples comme simplifier le marché unique européen, actuellement très fragmenté, développer la formation ou encore débloquer l'innovation pour permettre à des acteurs européens d'émerger. Pour lui, il faut s'inspirer des Etats-Unis et de la Chine. Même si son appel est entendu, que peut faire l'Union européenne quand Huaweï investit 600 millions de dollars sur la 5G là où elle peut difficilement mettre 50 millions d'euros ?

Les réseaux n'ont pas fini de nous surprendre ; un temps concurrents,  ils vont devenir complémentaires. Quant à la 5G, c'est probablement une piste pour sortir de la crise économique.

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