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Très Haut Débit : des collectivités entre crainte et espoir

28
MAR
2013
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Espoir, craintes, désillusions, optimisme… Toutes ces émotions ont traversé la journée des Etats Généraux des RIP le 25 mars à Deauville. Cet événement fut l’occasion pour les collectivités de dresser un bilan des RIP et de poser quelques réflexions sur l’avenir à l’heure où le plan gouvernemental s’apprête à entrer en action.

Collectivités territoriales et opérateurs des RIP se sont réunis le 25 mars à l’occasion des Etats Généraux des RIP organisés à Deauville. Pour cette deuxième édition, l’événement prend place une nouvelle fois dans la ville normande. Philippe Augier, maire de la ville et président de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie, souligne l’importance symbolique pour Deauville d’organiser une nouvelle fois ces Etat Généraux des RIP. Coeur Côte Fleurie est en effet une pionnière dans les RIP avec un réseau d’initiative publique 100 % FTTH.

L’élu salue le caractère ambitieux de tels projets mais constate que les grands opérateurs ne sont pas venus en nombre sur les RIP. Les opérateurs nationaux font en effet parfois preuve de paresse avec les collectivités locales. Toutefois, Philippe Augier émet une idée qui pourrait inciter les opérateurs à plus de dynamisme : « Dès lors que le RIP couvre 100 % du territoire, on pourrait éteindre le cuivre. » Bien entendu, cela présuppose d’amener le service universel sur la fibre. Le maire de Deauville en profite pour glisser que Cœur Côte Fleurie pourrait faire partie d’une expérimentation de transition du cuivre vers la fibre.

Où en sommes-nous avec le très haut débit ?

Si la question de l’extinction du cuivre préoccupe bon nombre de collectivités et d’opérateurs, elle n’est pas la seule source d’incertitudes dans le dossier du très haut débit. Joël Mau, directeur de mission à l’Institut Mines-Télécom et représentant le collectif RFC, démarre la première table ronde intitulée « Le Très haut débit au service d’une vision à long terme de croissance ». Il insiste sur le changement total qui est en train de se produire avec « l’Internatisation » du monde : « Il ne fait plus de doute que nous vivons une révolution sociétale due au numérique. Nous vivons l’Internetisation de la société qui modifie profondément le vivre ensemble. » Face à cet enjeu, Joël Mau rappelle qu’il faut agir vite car tout retard « handicaperait notre développement, nos emplois, nos entreprises soit notre avenir. »

Pour le collectif RFC, la fibre est le seul support permettant d’accompagner cette révolution. Joel Mau va jusqu’à traduire l’acronyme FTTH en « Fibre pour tous les Territoires, pour Tous et pour l’Humain d’abord ». Pourtant, cette idée optimiste se voit nuancée par la position de la France face à ce chantier. Pour Joël Mau, nous sommes « au milieu du gué ». L’expression et le schéma qui l’accompagne fait bien entendu bondir les élus :

Présentation du collectif RFC aux Etats Généraux des RIP

Yves Rome, élu de l’Oise et président de l’AVICCA, affiche un complet désaccord avec cette position : « Nous ne sommes pas au milieu du gué mais en train d’escalader une montée difficile ». Le sénateur va s’attarder sur des points très pratiques (rééquilibrage des acteurs de la filière numérique, fiscalité, neutralité du net…) en réclamant une action législative forte pour surmonter les obstacles.

Montée escarpée vers le très haut débit

Les enjeux sont de taille pour les collectivités. Comme le rappelle Philippe Augier : « Le très haut débit va avoir un rôle important dans la diversification de l’économie. » Il cite d’exemple de Deauville où, grâce au télétravail, les résidents secondaires viennent plus souvent séjourner. Les accès numériques THD facilitent également l’organisation de congrès ou de séminaires. Mais le tourisme va également évoluer grâce à l’omniprésence des smartphones dans les mains des touristes.

EscaladePlutôt qu’au milieu du gué, les collectivités semblent en pleine ascension du mont Très Haut Débit dont le sommet est encore caché par la brume et dont le chemin se dessine au fur et à mesure des pas. Si on se doute que le trajet sera escarpé, la Mission Très Haut Débit, dirigée par Antoine Darodes, devra baliser au mieux le sentier pour rassurer les collectivités.

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