Fibre optique : entre l’ARCEP et Orange, la guerre est déclarée

11
JAN
2017
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La fibre optique se déploie mais pas assez vite au goût de l’ARCEP et de Sébastien Soriano, son président, qui reproche également à Orange la reconstitution d’un monopole sur ce marché, appuyée par les critiques des concurrents. Dès lors une nouvelle régulation est envisagée, ce qui a rendu furieux l’état-major d’Orange.

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Fibre optique : entre l'ARCEP et Orange, la guerre est déclaréeFibre optique : entre l'ARCEP et Orange, la guerre est déclarée

La fibre optique avance, nous en faisons régulièment l'écho dans nos colonnes, toutefois l'ARCEP se pose des questions sur le déploiement dans les zones peu et moyennement denses ainsi que sur la concurrence entre les opérateurs. Ces interrogations visent particulièrement Orange qui a pris une importante avance dans l'installation de la fibre optique, en détenant les trois quarts du marché.

Éviter qu'Orange n'impose son rythme

Dans une interview chez nos confrères des Échos, Sébastien Soriano, président de l'ARCEP, indique : « Aujourd'hui, Orange est en avance car il a déployé la fibre plus vite dans les zones denses. Inversement, sur le reste du territoire, il n'a pas forcément intérêt à faire migrer ses abonnés ADSL vers la fibre. Au total, il y a un risque qu'Orange n'impose son rythme. Or on ne peut pas se permettre qu'un opérateur décide pour l'ensemble du marché ».

Il est vrai qu'Orange est particulièrement actif dans les zones denses qui sont toutes couvertes ainsi que sur le marché des zones moyennement denses où l'opérateur a gagné 80% du marché contre 20% pour SFR.

Les concurrents au centre du lobbying

SFR, Bouygues Telecom et Free l'accusent de profiter de son statut d'ancien monopole public, notamment dans l'accès aux fourreaux sous les routes et les trottoirs, là où le réseau cuivre est déjà présent. Les concurrents doivent, eux, passer par les égouts ou creuser leurs propres tranchées.

L'intense lobbying a finalement porté ses fruits puisque l'ARCEP propose de nouvelles mesures pour permettre aux concurrents de se faire une place sur ce marché en forte croissance. Ainsi, il propose notamment qu'Orange facilite l'accès aux immeubles dont il a déployé le réseau dans les zones très denses ainsi que la révision des contrats dans les zones moyennement denses.

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Orange voit rouge

Une interview qui a suscité l'ire des dirigeants d'Orange qui a boycotté un colloque organisé mardi dernier par le régulateur. Des cadres de l'opérateur historique ont précisé leurs arguments à nos confrères de La Tribune : « On est face à des injonctions contradictoires. D'un côté, l'Arcep affirme qu'il faut plus investir dans la fibre, et de l'autre, qu'il faut nous empêcher d'investir parce qu'on va trop vite ! Mais on ne va pas ralentir nos déploiements. On a pris l'engagement de couvrir 22 millions de foyers d'ici à 2022. Et on va le tenir ».

Accusant par ailleurs SFR, Bouygues Telecom et Free de ne pas assez investir et de bénéficier à moindre coût du réseau qu'il a déjà déployé.

Les concurrents applaudissent ces nouvelles mesures, notamment Maxime Lombardini, directeur général d'Iliad/Free : « Le régulateur fait son travail. Il tente de rééquilibrer le marché en prenant des mesures de bon sens. Des ajustements techniques indispensables ».

Le marché des entreprises va être régulé plus sévèrement

Le marché des entreprises est également visé par l'ARCEP où la concurrence est remplacé par un duopole déséquilibré où Orange et SFR trustent plus de 80% du marché, dont 60% pour le seul opérateur historique. L'apparition d'un troisième concurrent semble inévitable.

Reste à voir quelles seront les actions d'Orange pour contrecarrer la nouvelle régulation.

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