A 15:51 dans Fibre optique

Fibre optique : le statut de « zone fibrée » est sur la bonne voie

18
MAR
2016
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A l’occasion des Etats Généraux des RIP (Réseaux d’Initiative Publique), la FIRIP, la Fédération des Industriels des Réseaux d’Initiative Publique, a  lancé un appel pour la création du statut de « zone fibrée » qui permettrait d’accélérer l’abandon du réseau cuivre. Trois territoires s’engagent à mener l’expérimentation.

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Les prises fibre optique des RIP peinent à séduire

Si Orange semble parvenir à commercialiser facilement ses prises en fibre optique (l'opérateur historique possède 1 million de clients FTTH sur un parc de 4 millions de prises), les réseaux d'initiative publique peinent à commercialiser les leurs. De nombreux territoires ont massivement investi dans leur propre réseau en fibre optique mais ils éprouvent de grandes difficultés à convaincre leurs habitants de basculer sur une connexion en très haut débit. D'après certaines estimations, le taux de pénétration en fibre optique sur les RIP serait de 20%. Ce phénomène s'explique par plusieurs raisons :

  • Tout d'abord et c'est probablement le facteur le plus important, l'absence d'un opérateur national pénalise grandement ces réseaux. Les consommateurs semblent être réticents à souscrire à une offre proposée par un petit opérateur tel que Wibox, Videofutur, Coriolis, K-Net etc. Pourtant leurs offres et leur qualité de service n'ont pas grand chose à envier aux grand opérateurs nationaux comme nous nous efforçons de le montrer régulièrement sur DegroupNews.
  • L'autre raison vient de la connexion en fibre optique elle-même qui, pour encore quelques temps, ne suscite pas un grand intérêt de la part des consommateurs notamment lorsque ces derniers possèdent une connexion ADSL de qualité. En effet, l'expérience montre qu'un consommateur préfère un abonnement ADSL chez Orange, Free, Bouygues Telecom ou SFR à 10 Mb/s plutôt qu'une connexion en 100 Mb/s voire 200 Mb/s chez Wibox ou videofutur. En revanche, quand les habitants sont des zones blanches ou grises, c'est-à-dire sans Internet ou avec une très mauvaise connexion, la question de l'opérateur ne se pose plus. Cette situation confirme qu'il serait plus judicieux de déployer la fibre optique en priorité dans les zones blanches car la rentabilité de l'investissement est assuré. D'après nos sources, dans les zones avec une très mauvaise connexion Internet, le taux de pénétration des opérateurs locaux atteint les 40%.

Sur ce dernier point, les mentalités devraient rapidement changer car les usages exigeant du très haut débit et donc une connexion en fibre optique se multiplient. La généralisation de la télévision en Ultra HD ou 4K et la multiplication des écrans au sein des foyers imposent une connexion en fibre optique. Netflix, Orange avec OCS, Canal+ et SFR avec Zive devraient fortement augmenter leurs contenus en Ultra HD. Par exemple, huit matchs de l'Euro 2016 seront diffusés en Ultra HD. Pour profiter de cette nouvelle norme de diffusion, la fibre optique s'impose et l'ADSL devient complètement obsolète. Enfin, rappelons que la fibre optique offre un débit montant équivalent au débit descendant soit au minimum 100 Mb/s là où celui de l'ADSL n'excède pas 1 Mb/s. Or l'envoi d'images et de vidéos de plus en plus lourdes nécessite aussi un débit élevé.

Aujourd'hui, les réseaux d'initiative publique doivent donc trouver une solution pour commercialiser et rentabiliser leurs investissements. Si le modèle des RIP ne fait aucun doute sur sa pertinence et son utilité dans la durée, il doit faire face à la réalité économique et n'échappe pas à la notion de rentabilité. Le statut de zone fibrée pourrait être la planche de salut de ces réseaux.

Le statut "zone fibrée" pour abandonner le cuivre définitivement

Début 2015, Paul Champsaur, ex-président de l'ARCEP, remettait un rapport à Axelle Lemaire  préconisant l'extinction du cuivre selon une procédure bien précise. Se basant sur les travaux du haut fonctionnaire, la FIRIP propose d'expérimenter la mise en place du statut "zone fibrée".

Sans attendre le décret qui viendra entériner la loi d'août 2015 « pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques » (loi Macron) visant à créer le statut « zone fibrée », la FIRIP par la voix de sa Vice-Présidente en charge du dossier, Agnès Huet, entend « accompagner l'élaboration du cahier des charges de ce statut par la mise en place dès maintenant d'opérations pilotes qui permettront d'identifier en temps réel les éléments facilitateurs et de soulever les difficultés éventuelles rencontrées ». L'ensemble des informations recueillies sur le terrain sera consigné et aboutira à la publication d'un livre blanc à disposition de tous les acteurs concernés. Le délai dépendra du nombre d'opérations menées.

Ce teste sera mené sur les communes ou groupement faisant l'objet d'un déploiement en fibre optique jusqu'à l'abonné (FTTH) dans le cadre d'un réseau d'initiative publique et répondant aux 8 critères non normatifs du rapport Champsaur. Ils doivent notamment atteindre le seuil minimal de 10.000 lignes raccordables en fibre, avec une complétude maximale de la couverture, les autres critères relevant davantage du caractère ouvert du réseau (offres de gros, engagements de qualité de service, ingénierie réseau, interopérabilité du système d'information, etc.).

Trois territoires sont prêt à jouer le jeu

Déjà trois territoires se disent prêts à mener le test jusqu'au bout à commencer par la Communauté de Communes de Coeur Fleurie qui possède déjà 33 500 prises en fibre optique raccordables, le syndicat des communes du Pays de Bitche en Moselle et certaines communes de Seine et Marne dont Chevry-Cossigny feront également partie des premières opérations-pilotes.

Vers une augmentation du cuivre

En attendant, les premiers résultats de ces expérimentations, la FIRIP invite une nouvelle fois, par la voix de son dirigeant Etienne Dugas, à étudier le principe de la hausse des tarifs du cuivre pour amener à une rapide migration des opérateurs vers la fibre optique. Toutefois, face à l'inquiétude du rapprochement entre Orange et Bouygues Telecom, la FIRIP "appelle de tous ses vœux la venue rapide des grands opérateurs sur les réseaux d'initiative publique". Et si l'autre voie consistait à créer un opérateur commercial dédié au RIP capable de rivaliser avec les grand opérateurs nationaux ?

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