A 13:46 dans Fibre optique

Fibre optique : et si les collectivités locales misaient sur les opérateurs d’infrastructures ?

22
AVR
2014
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fibre optiqueLe déploiement de la fibre optique ne pourra aboutir que si tous les acteurs sont concernés. Souvent méconnus des élus, les opérateurs d’infrastructures possèdent peut-être la solution pour que le plan fibre soit réalisé. Pascal Emond (photo ci-dessous), le directeur commercial et développement de Covage, nous a donné quelques pistes de réflexion.

Pascal Emond CovageTout le monde a conscience que le très haut débit est l’avenir et qu’il faut construire le réseau de demain pourtant le déploiement est laborieux malgré les efforts déployés. Ces dernières années les acteurs du secteurs se sont mobilisés pour faire avancer les choses : mise en place d’un cadre réglementaire, création de la Mission France Très haut débit pour piloter le déploiement de la fibre optique, création de la FIRIP (Fédération des Industriels des Réseaux d’Initiatives Publiques). Mais malgré cela le développement de la fibre optique reste complexe.

Si le grand public connait bien Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free, il ignore souvent que d’autres acteurs sont en mesure de poser de la fibre optique, de créer et de gérer des réseaux. D’ailleurs, la clé pour accélérer le déploiement de la fibre optique passe certainement par ces entreprises (opérateurs d’infrastructures, opérateurs indépendants comme Knet, WiBox, Comcable, Canal+, etc.).

Covage est un opérateur d’infrastructures, spécialisé dans la conception, la construction et l’exploitation technique de réseaux très haut débit. Il déploie des réseau THD en partenariat avec les collectivités locales pour les RIP, Réseaux d’Initiative Publique. Récemment, Covage a déployé un réseaux THD en Seine-et Marne sur trois communes (Vert-Saint-Denis, Cesson et Bailly-Romainvilliers).

CovageNous avons interrogé Pascal Emond, directeur commercial et développement de Covage sur l’avenir du très haut débit en France. Pour lui, le déploiement de la fibre optique ne pourra se faire qu’en mobilisant tous les acteurs. Il ne peut être supporté uniquement pas les quatre grands opérateurs. Le déploiement de la fibre optique est complexe et Orange, SFR, Free ou Bouygues Telecom ne peuvent se passer d’acteurs comme Covage.

Pour Pascal Emond, il est important que des opérateurs comme Covage existent, notamment car ils peuvent déployer de la fibre optique là où les opérateurs intégrés ne veulent aller. Le secteur se dirige vers un modèle nouveau où les spécialistes (opérateurs d’infrastructures) peuvent déployer un réseau qui sera exploitable par des opérateurs classiques (FAI). Par analogie avec le monde de l’automobile, s’il y a bien des constructeurs en situation de concurrence, tout le monde peut faire réparer et entretenir sa voiture chez des spécialistes multimarques. Covage se veut une sorte de « Midas » de la fibre optique.

Réseau Covage

Or, il est vrai que les élus qui dirigent les collectivités locales ignorent souvent que ce type d’acteurs existe et qu’ils gagneraient du temps et de l’argent à passer par ces opérateurs d’infrastructures plutôt que par Orange. Covage construit déploie et loue son réseau aux opérateurs. Derrière, les collectivités locales se remboursent en percevant les fruits de l’exploitation sous forme de redevances. En outre, elles bénéficient des retombées que peut apporter le Très Haut débit sur leur territoire. Pascal Emond se félicite qu’à Soisy- sur- Seine, le taux de pénétration ait atteint 30% six mois après la commercialisation des offres THD.

Face aux craintes des élus locaux de se retrouver avec un réseau existant sous utilisé faute de clients connectés au réseau, Covage assure qu’il est en mesure de mettre en place une couche de service standardisé et un marketing terrain efficace, intermédiaire entre le réseau et l’opérateur FAI client. C’est le cas de Nantes, Nîmes, Alès, Calais où les réseaux ont été repris par Covage. Enfin, face à l’écueil du manque d’interopérabilité entre les réseaux construits par les collectivités avec ceux des FAI nationaux, Covage attend un arbitrage de la mission très haut débit afin qu’elle tranche en faveur d’une convergence des protocoles pour les réseaux ouverts.

Un gros réseau est une source de convoitise

Enfin, Pascal Emond donne un conseil très important pour permettre aux élus de voir aboutir le projet de déploiement de la fibre optique sur leur territoire : la taille. « Ce qui va motiver les opérateurs, c’est la taille et le potentiel business », précise Pascal Emond. Pour attirer des opérateurs, il faut que les collectivités se regroupent.

Fibre optiqueConcernant la facture à payer pour les raccordements des futurs abonnés au FTTH, on estime le coût de déploiement d’une prise entre 400 € et 500 €. Une des pistes suggérées par M.r Emond est de faire des économies d’échelle en créant des centrales ou usines de raccordement rassemblant à l’échelle départementale les compétences et les moyens humains et techniques mutualisés.

Télévision HD, 4K, replay, multi-usages, cloud computing, etc. Aujourd’hui, la question des usages justifiant la fibre optique ne se pose plus. Les élus doivent désormais faire le choix de la connectivité et investir dans les réseaux du 21ème siècle.

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