A 14:24 dans Fibre optique

Google et Facebook pour financer le déploiement de la fibre optique ?

30
MAR
2012
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Fibre optique FTTHUne nouvelle étude comparative réalisée par l’Idate confirme que la France prend du retard dans le déploiement du très haut débit notamment en raison de la qualité du réseau haut débit. Pour assurer les objectifs du gouvernement et accélérer les déploiement de la fibre, l’Idate propose plusieurs recommandations comme celle de taxer les fournisseurs de contenus comme Google ou Facebook.

Suite à une demande du Centre d’Analyse Stratégique, une institution d’expertise placée sous l’autorité du Premier ministre, l’Idate, (l’Institut de l’Audiovisuel et des télécoms en Europe) a réalisé une nouvelle étude sur le déploiement du très haut débit en France.

taux de pénétration FTTH dans le monde 2012

Le premier constat de ce rapport est que la France est très en retrait par rapport aux pays leaders (Corée du Sud, Japon) et très en retard par rapport aux Etats-Unis. A l’été 2011, la France comptait 556 000 abonnés très haut débit pour 5,78 millions de foyers raccordables. Si Orange, SFR et Free proposent des solutions en FTTH, 72 % des abonnés au THD le sont avec les infrastructures de Numericable. En juin 2011, la répartition était ainsi :

  • Abonnés très haut débit chez Numericable : 395 000 sur 4,5 millions de foyers raccordables
  • Abonnés THD Orange : 73 000 sur 819 403 foyers raccordables
  • Abonnés THD SFR : 51 000 sur 550 000 foyers raccordables
  • Abonnés THD Free : 28 000 sur 450 000 foyers raccordables

Répartition des abonnés très haut débit chez les opérateurs

Les premiers déploiements des réseaux très haut débit restent concentrés sur Paris et les grandes villes telles que Lyon, Marseille, Montpellier, Grenoble, Nantes, Bordeaux et Nice. Mais certaines collectivités locales se sont fortement impliquées dans le développement de la fibre optique. Aujourd’hui, le taux de couverture en très haut débit en France est de l’ordre de 21 % et le taux de pénétration est de 10%.

carte du déploiement FTTH 2011

Pour expliquer en partie ce retard, l’Idate fait le même constat que l’ARCEP. L’excellente qualité du réseau ADSL n’incite pas les consommateurs à basculer sur une offre très haut débit. Par ailleurs, la forte urbanisation du Japon et de la Corée du Sud est aussi un facteur qui favorise le développement du THD. L’Idate ajoute que le câble est aussi un redoutable concurrent pour la fibre optique.

Enfin, chaque pays a opté pour un modèle de financement qui a ses avantages et ses inconvénients. La France a fait le choix de faire jouer la concurrence par les infrastructures, un modèle qui présente les avantages de garantir une concurrence pérenne et une autonomie d’innovations par les acteurs privés. En contrepartie, ce modèle induit un déploiement très ciblé dans les zones à fort potentiel commercial et contribue à augmenter la fracture numérique. En outre, il nécessite la mise en place de l’ouverture du génie civil et la mutualisation du câblage à l’intérieur des immeubles.

L’Idate rappelle que l’objectif en France est d’avoir 100 % de la population couverte en très haut débit d’ici 2025 mais la première étape sera 70 % en 2020. L’Etat a déjà alloué une enveloppe de 2 milliards d’euros dont 900 millions pour les collectivités.

Cependant, l’Idate estime le montant de ce chantier à milliards d’euros dont 14 milliard à la charge des investisseurs privés et 8 milliards de fonds publics (venant des collectivités locales, de la dotation initiale de l’Etat de 900 millions d’euros, puis d’un engagement de 300 millions d’euros pas an et des fonds européens).

Les opérateurs privés ont annoncé que pour les cinq ans à venir leurs programmes conduiraient à équiper 3 500 communes représentant 57 % des foyers français.

France Telecom prévoit d’investir 2 milliards d’euros entre 2010 et 2015 pour couvrir toutes les grandes villes du pays d’ici 3 ans.

SFR envisage d’atteindre 5 millions de foyers raccordables fin 2012 et vise principalement les grandes villes. Mais l’opérateur s’est allié à France Telecom pour déployer son réseau dans les zones moins denses en plus de l’accord de co-investissement avec avec Bouygues Telecom.

Enfin, Free, concentre le déploiement du FTTH sur 15 grandes villes de France. L’opérateur s’était fixé comme objectif de couvrir Paris à 100 % fin 2011 et Montpellier fin 2012 et d’atteindre les 4 millions de foyers raccordables avec 100 000 abonnés FTTH fin 2011. Ces chiffres apparaissent aujourd’hui bien fantaisistes devant les résultats atteints. Free a prévu d’investir seulement 765 millions d’euros d’ici 2015.

Quant à Numericable, avec 4,5 millions de foyers raccordables en FTTB, l’opérateur semble plus préoccupé par le recrutement de nouveaux abonnés que par le déploiement de son réseau.

Données chiffrées sur le très haut débit fin 2010

Pour assurer le financement de ce chantier, l’Idate fait plusieurs recommandations comme celles de faire participer les grands acteurs de la chaîne de valeur de l’Internet. « Les fournisseurs de contenus et d’applications qui génèrent la croissance spectaculaire du trafic (+50% par an) et l’augmentation de la bande passante pourraient être amenés à contribuer à l’effort d’investissement des opérateurs d’accès. »

Entre les arguments des opérateurs, et ceux du Président de la République, tous les éléments sont en place pour créer la taxe Google. Néanmoins cette taxe sera probablement insuffisante pour financer le déploiement du très haut débit sur tout le territoire d’ici 13 ans .

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