A 11:27 dans Internet, Médias

Aurélie Filippetti revient à la charge contre l’Hadopi

17
SEP
2012
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Aurélie Filippetti
Sur le sujet de l’Hadopi, Aurélie Filippetti ne lâche rien. Suite à la première condamnation d’un internaute pour téléchargement illégal, la ministre de la Culture a une nouvelle fois lancé une pique contre la Haute autorité en raillant ses moyens et son manque de résultats.

Après deux ans d’existence, l’Hadopi a enfin fait condamner un internaute coupable de télécharger des contenus illégalement. Montant de l’amende : 150 € pour non sécurisation de sa ligne Internet. Suite à ce résultat, Aurélie Filippetti ne s’est pas privée de railler encore une fois l’Hadopi. : « Hadopi coûte 11 millions d’euros par an, plusieurs dizaines de personnes y travaillent. Ce que je constate, c’est que la décicion qui a été prise hier à Belfort, c’est 150 euros de condamnation, et qu’il y a à peine 30 dossiers transmis au juge », a souligné la ministre de la Culture.

hadopiDepuis son arrivée rue de Valois, Aurélie Filippetti n’a eu de cesse de critiquer le dispositif de riposte graduée, notamment des moyens mis en œuvre et de ses piètres résultats. Même s’il n’est pas question de mettre un terme à la Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des droits sur Internet, ce nouveau missile annonce une probable réduction de son budget.

Par ailleurs, Aurélie Filippetti ne s’est pas contentée de critiquer l’Hadopi, elle s’est aussi exprimée sur les possibles raisons qui poussent les internautes à télécharger. « La solution, c’est l’offre légale, par abonnement, avec un choix large, des catalogues variés. Or, là dessus, Hadopi n’a pas fait son travail, n’a pas rempli sa mission, c’est-à-dire contribuer au développement de l’offre légale », a déclaré la ministre.

Avec de tels propos, les réactions ne se sont pas fait attendre. La SACEM, l’organisme chargé de récolter les droits d’auteur a répliqué en expliquant que l’offre légale sur Internet comptait 14 millions de morceaux en écoute légale, par téléchargement ou en écoute gratuite. Quant à l’Hadopi, Marie-Françoise Marais, sa présidente, s’est fendue d’un communiqué où elle décline sa responsabilité sur la qualité de l’offre légale : « En matière d’encouragement à l’offre légale, ces outils sont particulièrement rigides et limités. La haute autorité n’en porte aucunement la responsabilité et ne peut en être rendue comptable. » Il y a dix jours, Mireille Imbert-Quaretta, présidente de la Commission de Protection des Droits, vantait les résultats de l’Hadopi en expliquant que plus d’un million de mails d’avertissement avaient été envoyés et 95 % des personnes averties n’étaient pas retournés sur les réseaux Peer To Peer.

Logo iTunes 2010Pour l’instant, même si les déclarations de la ministre vont dans le sens de moins de répression, que signifie développer une offre légale ? Permettra-t-elle plus de concurrence pour faire baisser les prix des morceaux de musique et des films? Nous dirigeons-nous vers la licence globale comme le souhaitait Martine Aubry. La mission Lescure devrait apporter des réponses d’ici six mois.

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