Numericable : «  On va aller vers plus de choix ! »

25
MAR
2010
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Logo NumericableA l’occasion du point presse organisé pour le lancement du très haut débit dans le Rhône, nous avons pu nous entretenir avec Pierre Danon, PDG de Numericable. Si la majorité de la rencontre a été consacrée à cet évènement, le dirigeant a dévoilé quelques indices sur les objectifs du câblo-opérateur.

Comme nous vous l’annoncions, Numericable a lancé ses services très haut débit auprès de 240 000 foyers du Rhône grâce à la modernisation du réseau EPARI (Etablissement Public pour les Autoroutes Rhodaniennes de l’Information).

Pour rappel, 279 communes seront desservies grâce à une boucle de fibre optique de 280 kilomètres de long et à l’implantation de 7 têtes de réseau. Ce réseau du Rhône est interconnecté avec le backbone de Numericable, ce qui permet aux foyers concernés d’accéder à l’ensemble des services proposés par le câblo-opérateur. Sur les 3 000 logements du département situés en zone blanche (avec le satellite comme seule alternative), 2 500 seront raccordés. Seuls 500 foyers rhodaniens, trop isolés, ne pourront bénéficier de cette avancée du réseau.

Calendrier de déploiement Numericable dans le RhôneCliquez sur l’image pour l’agrandir

Le 24 mars, Pierre Danon était présent dans le Rhône à l’occasion de la présentation au SRDC (Syndicat Rhodanien du Développement du Câble) de ses prévisions concernant le très haut débit dans le département. Nous avons pu le rencontrer ensuite à l’occasion d’un point presse organisé dans l’une des charmantes salles de conférences du Sofitel de Lyon.

Une grande partie de cet évènement concernait bien sûr la modernisation du réseau câblé du Rhône. Après 15 ans d’existence, celui-ci a retrouvé une nouvelle jeunesse. Le PDG nous informe que le réseau est d’une grande qualité à la base et qu’il fut facile de le faire évoluer. Sans dévoiler le coût exact de l’opération, Pierre Danon nous affirme que l’investissement se situe entre 10 et 20 millions d’euros. Nous sommes donc loin des 400 millions d’euros du projet des Hauts-de-Seine.

fibre optiqueOn se doute que c’est l’un des arguments qui ont poussé le câblo-opérateur à intervenir seul sur un département entier. Les autres initiatives de Numericable concernaient surtout des villes précises (Sarreguemines, Epinal, Liévin) ou étaient menées avec d’autres acteurs (consortium Sequalum pour la DSP THD 92).

Pierre Danon nous explique : « Nous sommes assez sensibles à ce qu’on appelle la fracture numérique. Il faut faire attention à ce que l’extension du très haut débit, chose très importante pour les utilisateurs que ce soit des entreprises ou des particuliers, ne se fasse pas au détriment des zones moins denses. »

La population du département du Rhône est divisée en deux parties, une moitié dans l’agglomération lyonnaise et une autre dans des communes souvent rurales : « Cela peut-être de la zone dite moins dense, comme Villefranche, ou de la zone peu dense, comme Lachassagne. »

RéseauSi le but est d’amener le très haut débit dans près de 240 000 foyers rhodaniens, le déploiement de la fibre optique dans le département devrait également profiter à plusieurs abonnés ADSL. En effet, Numericable a coopéré avec France Télécom en raccordant cette boucle de fibre optique à plusieurs sous-répartiteurs de l’opérateur.

Dans certaines zones, de nombreux foyers ne bénéficiaient pas d’une connexion performante (faible débit, absence du service télévision…) pour cause de répartiteur trop éloigné. Afin d’améliorer la qualité du signal, la fibre arrive directement au SR et réduit donc la longueur de la ligne de cuivre (permettant de réduire l’affaiblissement). Nous nous renseignerons auprès de France Télécom pour en savoir plus à ce sujet.


Quelles sont les perspectives de Numericable pour ce nouveau territoire ?

« On a l’ambition d’une vraie relance commerciale », nous explique Pierre Danon. « Quand on arrive dans des zones d’ombres, on peut prendre 50 % de parts de marché. Quand on est dans des zones déjà fortement établies avec un bon niveau de service de la part d’Orange ou de Free, c’est déjà plus difficile. »

Boutique NumericableLa difficulté du câblo-opérateur la zone EPARI est clairement la couverture commerciale. Numericable n’a que neuf points de vente dans le département et devra donc renforcer sa présence. Pour Pierre Danon, l’objectif, aussi bien au niveau départemental qu’au niveau national, est d’améliorer le ratio d’abonnés par rapport au nombre de logements éligibles. Si le câblo-opérateur dit avoir amené le très haut débit à la porte de 4,2 millions de foyers, seuls 220 000 ont rejoint les rangs de Numericable.

Vient justement la question de l’offre proposée par le câblo-opérateur. Nous avons demandé au dirigeant si, par exemple, le fossé qui sépare l’offre Prima et l’offre Premium (tout de même 20 € par mois) n’était pas un obstacle. Le PDG semble conscient de ce problème : « Les gens veulent pouvoir moduler leur offre. On va aller vers plus de choix. » Lors du renouvellement des offres qui devrait intervenir au mois de mai, nous devrions assister à une petite révolution au sein du catalogue de Numericable.

Pierre DanonD’après ce que nous avons pu déduire des propos de Pierre Danon (photo ci-contre), le système d’offres actuel devrait disparaître pour laisser la place à plus de souplesse : « Ca m’étonnerait que [l’écart de prix entre Prima et Premium] survive. L’écart est trop important, on le voit dans le feedback des clients. […] La modularité se jouera là. » Nous attendons donc le câblo-opérateur au tournant pour le renouvellement de ses offres !

Et du côté des professionnels ?

Après avoir abordé le côté grand public, nous avons également pu demander à Pierre Danon où en était l’offre Completude Max, lancée par Completel il y a quelques mois à destination des TPE et PME. Le PDG nous répond d’un ton assuré : « Ca cartonne Max ! On va fêter notre 100ème client, ce qui en matière de PME est important. Nous ne sommes pas sur la même échelle que celle des autres marchés. » L’offre Completude Max sera d’ailleurs disponible pour les PME des 19 ZAE (Zone d’Activité Economique) couvertes par EPARI.

Pierre Danon conclura ce point presse par un avis sur le fonctionnement de ce type de projets : « Ce que je revendique, c’est un schéma directeur régional ou départemental avec des initiatives au niveau des agglomérations. […] Il ne faut pas que ça fasse des taupinières mais il faut également éviter le  Gosplan à la soviétique. J’aime le schéma directeur régional/départemental avec des initiatives qui s’inscrivent dans ce cadre. » Voilà qui ressemble à un appel vers d’autres collectivités locales…

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