Retour à trois opérateurs : l’AVICCA sonne l’alarme

17
FEV
2016
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Patrick Chaize, le Président de l’AVICCA, s’est exprimé au sujet du rapprochement entre Orange et Bouygues Telecom et du potentiel retour à trois opérateurs : il déplore que les collectivités ne soient pas conviées à la table des négociations.

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La fusion entre Bouygues Telecom et Orange devient de plus en plus concrète. Lundi, on apprenait que les négociations s'accéléraient et que les opérateurs concernés dévoileraient prochainement les modalités d'un éventuel rapprochement. D'après les dernières rumeurs, Free, Orange, et même SFR profiteraient de ce rachat : Free récupèrerait ainsi le réseau de boutiques de Bouygues Telecom et ses antennes, SFR pourrait récupérer les abonnés B&You, quant à Orange, il hériterait des 2 millions d'abonnés dits "haut-de-gamme".

Si le partage semble juste, le Président de l'Association des Villes et Collectivités pour les communications électroniques et l'audiovisuel regrette que les collectivités n'aient pas été conviées au débat : "si les négociations ont lieu entre les quatre grands opérateurs, il y a jusqu’ici un absent : l’ensemble des collectivités qui ont en charge d’apporter les réseaux très haut débit sur 85% du territoire français" déplore-t-il.

"Si les collectivités ne sont pas invitées à la table de négociation, elles sont pourtant directement concernées. Des dizaines de régions et départements, des milliers de communes et d’intercommunalités ont fait des choix budgétaires difficiles pour y arriver, des contrats sont signés, des travaux engagés. [...] Mais c’est un constat : les grands opérateurs ne jouent pas le jeu. Depuis un an, ni Bouygues ni Free ne sont venus co-investir ni même louer les réseaux publics FTTH ; quant à Orange et SFR, ils ne sont venus co-investir quasi-exclusivement que sur les réseaux publics qu’ils exploitent. Au mieux les opérateurs majeurs mettent en balance leur venue sur ces réseaux pour capter des marchés publics de construction et d’exploitation ; au pire, ils pourraient jouer l’attrition pour ceux qu’ils perdent, en retardant leur venue sur ces réseaux, espérant ainsi racheter à bas prix les sociétés qui gagnent ces marchés" regrette Patrick Chaize.

Ce dernier en fait ainsi appel au régulateur : "L’Etat – gouvernement, collectivités, ARCEP, Autorité de la Concurrence - ne peut laisser une consolidation se faire au détriment des 43% de la population qui vit et travaille sur les territoires non « rentables ».  Les opérateurs majeurs doivent co-investir ab initio, en proportion de leurs parts de marché, sur tous les réseaux d’initiative publique, dès lors qu’ils respectent les conditions techniques et tarifaires réglementaires".

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