La taxe audiovisuelle des fournisseurs d’accès Internet augmentera de 30%

14
SEP
2015
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Les opérateurs sont furieux. Plutôt que d’augmenter massivement la redevance audiovisuelle, le gouvernement est allé chercher des recettes chez les opérateurs en leur augmentant leur taxe spécifique de 30%.

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A la recherche de nouvelles recettes pour financer l'audiovisuel public, le gouvernement possédait plusieurs pistes : augmenter de 4 à 5 euros la redevance audiovisuelle, élargir son application aux terminaux mobiles, remettre la publicité sur les chaînes publiques après 20h, ou augmenter la taxe payée par les fournisseur d'accès Internet pour financer la télévision et les radios publiques.

Ce week-end dans le Journal du Dimanche, la ministre de la Culture Fleur Pellerin, a déclaré que la redevance n'augmentera que de un euro mais qu'en revanche la taxe payée par les opérateurs télécoms augmentera de 30% passant de 0,9% du chiffre d'affaires à 1,2%. En outre, elle a exclu l'idée de remettre de la publicité après 20h sur les chaînes de France Télévisions qui avait été supprimé en 2007 par Nicolas Sarkozy.

"Nous avons des objectifs ambitieux pour France Télévisions, Radio France et les autres entreprises de l'audiovisuel public", explique-t-elle au JDD. "Nous sommes aussi soucieux de bien gérer ces entreprises que financent les Français."

"Une solution aurait été d'augmenter la redevance de quatre euros : nous nous y refusons. Une telle décision aurait été incohérente, la politique du gouvernement visant, au contraire, à baisser les prélèvements", ajoute-t-elle. En effet, l'augmentation de la redevance audiovisuelle sera calée sur l'inflation.

D'après le gouvernement, cette augmentation pourrait rapporter entre 70 et 80 millions d'euros supplémentaires.

Les opérateurs vont-ils répercuter cette taxe ?

C'est un deuxième coup dur pour les opérateurs en une semaine. Cette annonce arrive quelques jours après la proposition d'Axelle Lemaire consistant à reconnaître l'accès à Internet comme un droit fondamental. Cette nouvelle mesure si elle entre en vigueur obligera les opérateurs à ne plus couper la connexion en cas de difficultés financières des abonnés.

En ce qui concerne la répercussion de cette taxe sur le prix des abonnements Internet fixes et mobiles, Fleur Pellerin reste confiante estimant que la forte concurrence dans ce domaine empêchera Free, Orange, Numericable-SFR et Bouygues Telecom d'augmenter leur tarif.

La révolte a sonné chez les opérateurs

Cette annonce survient aussi moins d'une semaine après les déclarations de Stéphane Richard sur le modèle choisi par le gouvernement. "Nous payons là le prix d’un système qui a du mal à se réformer. Entretenir notre système social coûte de plus en plus cher et pour rendre tout de même un peu de pouvoir d’achat aux Français dans un contexte de hausse des impôts et du prix de l’immobilier, la seule solution des politiques, de gauche comme de droite, est de faire pression sur les entreprises pour qu’elles baissent leurs prix", s'insurgeait le PDG d'Orange.

Les opérateurs : des vaches à lait ?

Aujourd'hui, un sentiment de surprise et de colère domine. "Nous avons été extrêmement surpris par cette déclaration. Ce n'était pas ce à quoi nous nous attendions. Il n'y a pas eu de concertation préalable", a déclaré à Reuters une porte-parole d'Orange, Béatrice Mandine. "Nous sommes déçus de voir que l'on considère les opérateurs télécoms comme des vaches à lait dès qu'il faut combler un trou budgétaire", a-t-elle ajouté. "C'est ce qui a amené (le PDG d'Orange) Stéphane Richard à considérer qu'il y avait une forme de mépris pour l'industrie des télécommunications."

Et la réforme de l'audiovisuel public

Une dernière piste évoquée par  Matthieu Gallet le président de Radio-France pour équilibrer le budget de l'audiovisuel public pourrait passer aussi par l'organisation du travail et une meilleure planification des congés, ainsi que des départs non remplacés. Mais de toute évidence, cette voie a complètement été écartée par la ministre de la Culture. "Ce qui m'importe, c'est que l'emploi ne soit pas la seule variable d'ajustement et j'ai été entendue", assure-t-elle.

A l'ère de de la vidéo à la demande par abonnement, de Netflix, du multi-écrans, l'audio-visuel public semble aussi difficile à réformer que l'Education Nationale.

Source : Reuters
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